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    Economie

    Casablanca toujours et encore mal éclairée

    Par L'Economiste | Edition N°:3171 Le 16/12/2009 | Partager

    . Pourtant, le taux d’éclairement atteint 93% en 2009. Une facture de 110 millions de DH en 2008. 5.000 luminaires et 2.500 candélabres à renouveler en 2010A Casablanca, nombreuses sont les rues qui sont dans un noir total! C’est un constat réel et amer à la fois. L’éclairage public, il faut le reconnaître, reste défaillant dans de nombreuses zones de la capitale économique du Royaume. Des quartiers sont sans lumières et d’autres sont très mal éclairés. Une situation qui provoque la grogne des Casablancais, surtout ces derniers temps où la nuit commence à tomber dès 17h30. «La ville est mal éclairée. Il y a des endroits où on ne voit pas où on met les pieds. On est obligé de sortir en groupe ou de se faire accompagner par des collègues hommes, de peur de se faire agresser», affirme une jeune femme qui dit ne plus sortir seule le soir, depuis qu’une de ses amies a été agressée à la sortie de travail. «Il fait sombre même au centre-ville, y compris dans les grandes artères», se plaint un autre Casablancais, disant que des rues commerçantes, notamment au centre-ville et au quartier Maârif, ne sont éclairées que grâce à la lumière des vitrines. Si tel est le cas pour le centre-ville, pour certaines rues des quartiers périphériques, comme Moulay Rachid ou Sbata, c’est le noir total. Résultat: l’insécurité y règne. «Si je ne suis pas motorisée, je ne pourrai m’aventurer à sortir le soir à Moulay Rachid», dit une nouvelle résidente de ce quartier où des agressions sont fréquemment enregistrées. Les automobilistes, de leur côté, soulèvent le problème de l’absence de lumière sur certaines routes urbaines et extra-urbaines de la métropole. Un noir qui est souvent la cause de nombreux accidents de la circulation. Ce problème devait pourtant être réglé, puisque beaucoup de moyens ont été alloués à cette fin. D’autres citoyens soutiennent que «l’inefficacité de l’éclairage public persiste depuis des années à Casablanca». Lydec, la filiale de Suez Environnement, qui assure la gestion déléguée de la distribution de l’eau, l’électricité, la collecte et le traitement des eaux usées à Casablanca, voit les choses d’un autre œil. Contacté par L’Economiste, le management du délégataire affirme que «le nombre de réclamations est en baisse», ajoutant que le taux d’éclairement a fortement augmenté depuis sa prise en charge de la gestion de l’éclairage public. Selon les chiffres fournis par Lydec, ce taux est passé de 68% en 2004 à 93% en 2009. Pour rappel, la société Lydec a géré l’éclairage public à titre provisoire à la demande des autorités entre 2004 et 2008. «Les efforts ont porté sur la mise à niveau du réseau tout en accordant la priorité aux zones périphériques et à l’éclairage des bidonvilles», souligne Gérard Faure, directeur de l’électricité et de l’éclairage public de Lydec. Et de renchérir, «avec la signature de l’avenant au contrat de gestion déléguée, le 11 mai 2009, l’éclairage public est devenu le quatrième métier de Lydec sur tout le périmètre de la gestion déléguée, à l’exception des zones alimentées par l’Office national de l’électricité (ONE)». Depuis, le délégataire a mis en place une politique de renouvellement et d’entretien intensive sur tous les ouvrages (candélabres, luminaires, câbles et armoires de commande), permettant, ainsi, de réactiver plus de 20.000 points lumineux. «Bien que le nombre des points lumineux opérationnels ait augmenté de 20%, parallèlement au taux d’éclairement qui a connu également une hausse (de 68% en 2004 à 93% en 2009), la consommation de la ville en éclairage public a enregistré en 2008 une baisse totalisant 93,8 millions de kwh contre 95,3 millions de kwh en 2005», précise Faure. Ainsi, en 2008, la ville a réglé une facture qui s’est élevée à quelque 110 millions de DH. Selon le directeur de l’électricité et de l’éclairage public de Lydec, «ce résultat n’est pas le fruit du hasard. Il est la consécration d’une démarche fondée sur la conciliation entre la maîtrise de la dépense d’énergie et la sécurité des biens et des personnes». Dans ce sens, plusieurs mesures ont été prises pour atteindre ce résultat. Des mesures qui ont porté sur l’optimisation de la puissance moyenne des luminaires grâce à l’utilisation d’appareils ayant de meilleurs rendements et l’équipement des anciens luminaires par des condensateurs. Aussi, il a été procédé à l’installation et la resynchronisation des horloges astronomiques au niveau des tableaux de commandes de l’éclairage public situés sur les postes de distribution publique, afin d’optimiser les heures d’allumage. En effet, «sur les 1.900 postes de distribution publique gérés par Lydec et dotés de tableaux d’éclairage public, 90% ont été équipés de commandes par des horloges astronomiques, et ce, depuis 2004», relève Faure. «La durée annuelle d’allumage est, ainsi, passée de 4.600 heures à 4.300 heures, soit une économie de 7%», poursuit-il. Le directeur ne peut s’empêcher de parler de voies sur-éclairées. Il affirme: «nous avons également réduit les puissances des luminaires ou leur nombre au niveau des voies sur-éclairées tout en respectant les niveaux d’éclairement exigés pour garantir la sécurité».En outre, Lydec a accordé la priorité au renouvellement des candélabres vétustes et à l’optimisation des foyers lumineux par le changement des luminaires et des accessoires. En effet, le diagnostic du réseau d’une longueur de 2.300 km a permis à l’entreprise de déceler les carences et d’arrêter les actions pour y remédier. Dans ce cadre, «Lydec a procédé au renouvellement de 20.000 candélabres entre 2004 et octobre 2009», précise Faure. Pour 2010, il est prévu de changer environ 5.000 luminaires et 2.500 candélabres. Dans le prolongement de cet effort, une opération est en cours, afin de tester la vétusté des candélabres en priorité autour d’endroits très fréquentés (mosquées, écoles, …). «C’est une première du genre au Maroc, elle permettra d’avoir de la visibilité sur les zones prioritaires à cibler dans le cadre du programme de renouvellement et de mise à niveau de l’éclairage public de la ville», souligne Faure. «La technique consiste à simuler la force du vent en exerçant une pression sur le candélabre via un vérin doté d’un capteur», explique-t-il. La résistance du candélabre à la pression se traduit, donc, par une courbe de flexion et de déflexion qui renseigne avec précision sur son état de vétusté. L’opération concernera dans une première période entre 1.400 et 2.000 points lumineux.En matière de gestion des anomalies et pannes, le management de Lydec dit «avoir repensé tout le processus». Ainsi, «tous les points lumineux de la ville ont été positionnés sur le Système d’information géographique (SIG) de Lydec», note Faure. En effet, chaque point lumineux est numéroté pour faciliter les réclamations et activer les interventions. «Une équipe d’agents rondiers dotés de PDA (outil informatique relié au système d’information) effectue des rondes nocturnes à travers les rues et artères de la ville et signale toute anomalie via notre système d’information», assure le responsable. Dans le même sillage, et pour une prise en charge plus rapide des pannes et anomalies, le délégataire teste depuis 2008, sur un tronçon du boulevard Fès, un système de télésurveillance et de télégestion à partir de son bureau central de conduite.Bouchra SABIB

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