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Economie

Casablanca pense son plan de mobilité

Par L'Economiste | Edition N°:1589 Le 28/08/2003 | Partager

. Un plan de déplacement urbain dans deux ans. Coût des études: 23,8 millions de DH. Transport urbain, partage de la voirie, modes de déplacement doux… les grands axes du PDUA Casablanca, les grands projets urbains se sont souvent révélés des ogres à budgets. De triste mémoire, l'aménagement de la corniche date d'une dizaine d'années et ses espaces verts se réduisent comme une peau de chagrin. Le déplacement urbain est peut-être le plus problématique des projets de la métropole. Les études et contre-études ont avalé des sommes importantes, sans qu'une voie ne soit tracée pour ce secteur. Les esquisses d'un plan, qui intègre la circulation des biens et des hommes, datent du début des années 70. Quant au projet du métro, cela fait plus de vingt ans qu'il est «bouclé«. Un plan de déplacement urbain (PDU) n'a pourtant jamais été une chimère. Il semble seulement que le retard accusé par la métropole et le cumul des années l'ait rendu «un peu plus nécessaire que par le passé«, selon une formule consacrée par un ex-haut fonctionnaire de la ville. A vrai dire, l'environnement juridique favorable à la réalisation des PDU fait cruellement défaut. En France, par exemple, un plan est obligatoire pour les agglomérations de plus de 100.000 habitants (loi sur l'air et l'utilisation rationnelle de l'énergie). Ainsi, l'adjudicataire de l'appel d'offres, lancé en mars 2003, de quatre études sur la mobilité dans la ville de Casablanca est désormais connu. Il s'agit d'un consortium franco-marocain (Bceom-Sareco-Cadtech-Scet-Maroc) qui l'a remporté devant deux autres concurrents. Le coût global de l'opération est de 23,8 millions de DH puisé dans le budget de la région. «Elle se déroulera sur 24 mois et aura pour principal objectif de donner une solution d'ensemble à la mobilité dans le Grand Casablanca«, déclare Driss Barakat, responsable des transports à la wilaya de la ville, qui assure le suivi technique des travaux pour le compte de la région. Le Plan de Déplacement Urbain, ainsi conçu, devra «donner des solutions réalisables dans les quinze ans« qui suivront la remise de la copie par le bureau d'études. Le cahier des charges met l'accent sur «des solutions optimales pour l'environnement et la sécurité routière«. Les spécialistes de la wilaya, quant à eux, espèrent aboutir à des propositions concrètes pour réduire le nombre de véhicules particuliers en circulation. Bien évidemment, la seule intervention «envisageable« serait une action en aval. Comment? En promouvant les modes de transport collectif. «La restructuration du réseau urbain« a donc naturellement été portée à l'étude. La tâche est compliquée. Entre le parc vétuste, les pratiques obscures et l'assise financière faible des opérateurs n'incitent guère à la révolution. Si à la wilaya, les spécialistes se sont prononcés «pour une optimisation de l'existant et pour des solutions évolutives«, ils admettent sans sourciller, par exemple, que «le changement du parc de grands taxis, vieux de vingt ans, est incontournable. Il faudra trouver le montage financier le plus adéquat pour le faire«. . LobbiesLa restructuration revisitera, par ailleurs, le côté civique du secteur. Le port d'un uniforme pour les chauffeurs rendu obligatoire à Marrakech est donné en exemple. «Nous voulons assainir le comportement des opérateurs, leurs rapports avec la clientèle et l'environnement dans lequel ils évoluent«, précise Barakat. Les handicaps sont connus depuis longtemps. Dans sa croisade contre «les lobbies«, Driss Benhima, l'ex-wali de Casablanca, n'avait de cesse de rappeler que 19 opérateurs privés de transport par bus, là où il n'en fallait que trois par exemple, étaient démesurés par rapport au besoin. Côté taxis, les décideurs doivent compter avec 7.000 petites voitures et 5.000 grands convoyeurs livrés à près de 21 syndicats. En clair, la restructuration, quelle que soit sa stratégie, fera des mécontents et nécessitera de l'argent, beaucoup d'argent, que les responsables espèrent puiser dans un compte spécial appelé «Compte transport de voyageurs«. Ainsi, une analyse des flux financiers générés par le secteur du transport urbain devra être réalisée par le consortium franco-marocain. «Nous voulons un descriptif aussi fidèle que possible à la réalité sur les recettes réalisées par le secteur«, insiste Barakat. Le triptyque ménages-opérateurs de transport-administrations sera passé au crible pour déterminer l'apport et les besoins de chacun. Là encore, la difficulté tient essentiellement à l'opacité comptable ambiante. Les autorités disent «avoir la garantie d'une adhésion des opérateurs« mais la loi du «cash« (le paiement des voyages se fait en espèces) se prête difficilement au contrôle. La quatrième étude à laquelle s'attellera le consortium concerne la proposition d'un «plan de circulation«. Son but: «résoudre les difficultés de circulation rencontrées par les usagers de la voirie et corrélativement les problèmes de stationnement«. A cette dernière étude préside un côté «antistress urbain« manifeste. A la diminution du trafic auto et au développement des transports collectifs, les spécialistes veulent imposer dans la voirie les modes doux de déplacement. Il s'agit de la marche et la bicyclette dont la place a été dévorée par l'urbanisation anarchique. Des idées circulent comme l'imposition de couloirs réservés ou de partage de voirie. L'étude devra, cependant, leur donner un sens pragmatique. Enfin, le plan de circulation entend aussi résoudre le problème du stationnement. «Un inventaire des terrains disponibles est en cours«, précise Barakat. Les analystes devront leur proposer une gestion rationnelle. A ce niveau, la contribution des collectivités locales est incontournable. Le Grand Casablanca en compte une trentaine, une balkanisation qui n'est pas sans poser des problèmes au niveau du contrôle. La solution tient en deux mots: des élus à la hauteur. Un problème qu'aucun budget, ni aucune étude ne peut résoudre mieux que des élections responsables ce 12 septembre 2003.Adil HMAITY

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