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    Casablanca manque de toilettes publiques

    Par L'Economiste | Edition N°:1985 Le 24/03/2005 | Partager

    . Les citoyens doivent se débrouiller . Les responsables reconnaissent l’importance du sujet . Mais aucun projet concret n’est à l’horizonVraisemblablement, les toilettes publiques figurent dans la rubrique “le dernier de nos soucis” des responsables locaux de la ville de Casablanca. En effet, la région du Grand Casablanca, la plus grande zone d’urbanisation au Maroc, compte 3,6 millions d’habitants (selon les résultats officiels du dernier recensement). En contrepartie, le nombre de toilettes publiques se compte, quant à lui, sur les bouts des doigts. Cela n’est devenu ni bizarre, ni surprenant ni choquant de croiser fréquemment des personnes qui urinent dans les espaces publics, aux pieds des arbres, ou sur les pneus des voitures. L’effet des inscriptions “Interdit de pisser… et de jeter des ordures” qui “ornent” de nombreux murs de la ville, relève du ridicule. Des scènes de personnes s’obstinant à vider leurs vessies précisément aux pieds de murs portant des inscriptions pareilles sont quotidiennes. Selon la chargée de la direction de l’aménagement urbain et de l’habitat au Conseil de la ville, l’absence des toilettes publiques à Casablanca est un problème réel sur lequel il faut sérieusement se pencher. “Cependant, aucun projet concret n’est à l’horizon”, reconnaît-elle. Les quelques toilettes publiques existantes dans la métropole sont concentrées au centre ville. Elles relèvent pratiquement toutes de l’arrondissement de Sidi Belyout. A force d’être négligées et reléguées au second plan, même un haut responsable, censé être au courant des infrastructures de son arrondissement, n’a pas pu les énumérer, ni donner correctement leurs emplacements. Par ailleurs, il reconnaît que leur nombre reste très insuffisant. Voire dérisoire.Sur le terrain, les plus fréquentées de ces toilettes sont celles qui existent en face du Marché central au boulevard Mohammed V. D’autres existent sur le boulevard Houphouet Boigny et à côté du cinéma Dawliz Habous, au boulevard des Forces armées royales (FAR). D’autres ont fermé leurs portes pour différentes raisons.Une visite à l’une de ces toilettes montre à quel point ces infrastructures sont négligées. Plafonds, murs et sols sont noirs, crasseux et délabrés. L’absence de chasses d’eau est généralisée. En contre-partie, plusieurs bouteilles d’eau sont posées sur les urinoirs, à la disposition des usagers. Se soulager coûte entre 1 DH et 1, 5O DH. C’est selon la nature des besoins. Le préposé à la propreté des toilettes “guette” le client pour s’assurer si ce dernier est bel et bien entré dans une cabine ou s’il a seulement utilisé les urinoirs externes. L’employé des toilettes du boulevard Houphouet Boigny a installé sa propre cuisine au sein des toilettes. Il y prépare régulièrement son thé. “C’est indigne d’une ville qui se veut moderne et civilisée. Aussi secondaire que cela puisse paraître, atteindre l’objectif des 10 millions de touristes en 2010 dépend aussi des choses banales de la vie de tous les jours comme c’est le cas pour les toilettes publiques. Imaginez un festival ou un concert dans une place où les toilettes publiques n’existent pas”, souligne un citoyen. “Malheureusement, c’est le genre de choses que nos responsables n’ont pas encore compris, ou ne veulent pas comprendre”, ajoute-t-il. Aux toilettes publiques du boulevard Mohammed V, l’employé explique que depuis l’arrivée de Lydec, il a été contraint de payer la facture d’eau et d’électricité. Avant, la commune s’en chargeait. “Cela est devenu très difficile. La facture d’eau est très salée. Je suis obligé de ramener de l’eau du Marché central pour économiser un peu. La propreté des lieux en souffre énormément”, avance-t-il. “D’autres toilettes publiques ont fermé leurs portes à cause de la cherté de la facture d’eau”, ajoute-t-il. D’autre part, la situation des autres arrondissements de la ville est pire. A Sidi Othmane, à Ben M’sik, à Sidi Bernoussi, ou à Aïn Sebaâ, les toilettes publiques sont tout simplement inexistantes. Pour Mohamed Akif, président du Conseil de l’arrondissement de Ben M’sik, l’idée d’installer des toilettes existe toujours. “Seulement, jamais cette idée n’a été concrétisée”, avance-t-il. Selon Mohamed Maait, premier vice-président du Conseil de l’arrondissement de Sidi Othmane, l’installation des toilettes publiques sur le territoire de l’arrondissement est impérative. “Mais franchement, nous n’avons jamais pensé à la chose. Il est temps d’y penser sérieusement”, reconnaît-il. De son côté, Mustapha Ben Chehla, président du Conseil de l’arrondissement d’Aïn Sebaâ, a sa propre vision des choses. Pour lui, la grande superficie de l’arrondissement d’Aïn sebaâ ne permet pas l’installation de toilettes publiques. “C’est pour cette raison que je pense présenter le projet d’une loi obligeant tous les établissements publics à ouvrir leurs toilettes au public”, avance-t-il.


    L’exemple… parisien

    A Paris, quelque 36 toilettes publiques dont 24 lavatories et 12 sanisettes sont ouverts gratuitement au public. Les sanisettes ouvrent leurs portes de 6 h à 22 h alors que les lavatories sont ouverts de 10 h à midi et de 13 h à 18 h15. D’autre part, la mairie de Paris met à la disposition de tous des bains-douches municipaux, dont l’entrée est gratuite. Pour cette mairie, “faire sa toilette régulièrement est primordial pour conserver le respect de soi, sa dignité et sa… santé”. Exemple à suivre. Mohamed AKISRA

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