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    Casablanca: Le contrat Lydec soumis à l’arbitrage de l’Intérieur

    Par L'Economiste | Edition N°:2662 Le 29/11/2007 | Partager

    . Pas de solutions après 18 mois de négociations . Les deux parties campent sur leurs positions LA révision du contrat avec Lydec bloque sur certains sujets. Faute de trouver un terrain d’entente, l’autorité délégante a sollicité, comme le stipule le contrat de délégation, l’arbitrage du ministère de l’Intérieur. Des sources proches du dossier rapportent que le patron des communes a formé une commission composée de 6 experts, dont deux Américains, trois Marocains et un Français. Et au cas où le désaccord persiste, les parties seront contraintes de faire appel à l’arbitrage international. «La réactualisation du contrat de gestion déléguée des secteurs d’eau, d’électricité et d’assainissement n’avance pas car Lydec met les bâtons dans les roues», accusent certains élus. Aussi, la mairie, manquant de moyens techniques et de compétences requises pour négocier à armes égales, s’est offert, via un appel d’offres, les services de deux cabinets d’audit, Auditas et Fudicia. «Les deux cabinets sont à pied d’œuvre depuis près de 6 mois. Mais sans résultats, compte tenu de la complexité du dossier», rapporte un élu. Contactée par L’Economiste, Lydec n’a pas souhaité faire de commentaire sur le processus en cours.«Normal, le délégataire enregistre un écart sur investissement de 1,8 milliard de DH», avance un membre de la commission de révision. Une commission coprésidée par le wali et le maire de Casablanca. Chose que reconnaît Lydec, en relativisant le montant qu’elle estime à 1,3 milliard de DH. «En ce qui concerne les investissements portant sur la période 1997-2006, il y a un écart de 1,3 milliard de DH. Je souligne également qu’un autre écart est aussi à prendre en compte par les parties prenantes. Il concerne les recettes. Lydec a encaissé pour la même période (1997-2006) des recettes inférieures à 2,7 milliards de DH par rapport aux prévisions du contrat de gestion déléguée», affirme Jean-Pierre Ermenault, directeur général de Lydec. Les premiers éléments d’investigation ont aussi montré que Lydec a empoché 860 millions de DH qu’elle a facturés à la ville pour assistance technique. Somme que les élus trouvent injustifiée. Par ailleurs, le conseil des élus a contesté la distribution des dividendes par Lydec. Le concessionnaire ne peut distribuer en première année que 28 millions de DH. Le montant des dividendes octroyés, jusqu’à présent, est de 850 millions de DH. Aussi, l’autorité de tutelle a du pain sur la planche. Les deux parties campant sur leurs positions. Rappelons que les divergences ne datent pas d’hier. En effet, depuis 2002, le Conseil de la ville n’a cessé de faire pression sur le bureau afin d’insérer le point de la révision de la gestion déléguée dans les débats du conseil. Les PV faisant foi. De fait, il ne s’est jamais passé une session sans que les conseillers n’évoquent la délégation de l’eau, d’électricité et les problèmes qu’elle pose. Que le sujet soit à l’ordre du jour ou pas, ces derniers n’ont cessé de décrier la cherté des prix pratiqués. D’ailleurs, l’ancien directeur de la Régie autonome de distribution (RAD), Mohamed Berradi, avait affirmé, lors d’une conférence organisée par l’Agence urbaine, que parmi les obstacles à l’investissement à Casablanca, il fallait noter la cherté de l’électricité et de l’eau. Et les élus ont mis à profit la colère des populations pour exercer encore plus de pression sur la présidence de la ville. En accord avec l’autorité délégante, Lydec a révisé ses tarifs en créant une 3e tranche sociale pour l’eau et l’assainissement. A souligner aussi que les 2 premières tranches sont vendues au client à un tarif inférieur au prix auquel Lydec achète l’eau potable au producteur (www.leconomiste.com). Pour autant, cette concession n’a pas contribué à améliorer les rapports entre Lydec et les élus.


    Les objectifs de la révision

    AU démarrage de la révision du contrat, les parties étaient très enthousiastes. Lydec voulant réactualiser ses engagements et la ville améliorer les prestations aux citoyens. Pour être à la hauteur de la tâche, la mairie s’est entourée d’élus, d’experts du ministère de l’Intérieur, de techniciens de l’Onep et de l’Agence urbaine de Casablanca. L’objectif étant aussi de revoir à la baisse les tarifs de l’eau, de l’électricité et de l’assainissement. «Et c’est possible. C’est ce qui s’est passé en France et en Angleterre», explique Saïd Saâdi.


    Résultats préliminaires

    LES conclusions de la commission font état d’un déficit d’investissement de 1,5 milliard de DH. Saïd Saâdi, en sa qualité de président du comité de révision, affirme que «seul un audit en bonne et due forme nous permettra de cerner la situation». Mais il n y a pas que des points négatifs. Au niveau de la distribution de l’eau, Lydec a investi un surplus de 121 millions de DH. Même constat pour l’électricité dont un investissement excédentaire de 254 millions de DH a été alloué et un objectif technique de 93,2% de couverture sur 94% a été atteint. Mais c’est surtout en matière d’assainissement que la commission de révision a relevé un écart d’investissement flagrant estimé à plus d’un milliard de DH. Sur un objectif de 2,4 milliards de DH, 60% sont demeurés sans réalisation. Par ailleurs, l’ex-communauté urbaine s’est engagée à garantir à Lydec un taux de rentabilité interne de 15%. Selon le rapport du comité de révision, la Lyonnaise des eaux a réalisé un taux de rentabilité de 22%. Et les élus de se demander sur l’affectation de cet écart de 7% qui doit profiter en fin de compte au consommateur. Enfin, autre reproche, les élus accusent Lydec de favoriser ses filiales pour de nombreux services annexes.Ali JAFRY

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