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    Casablanca en manque de centres sociaux

    Par L'Economiste | Edition N°:2294 Le 09/06/2006 | Partager

    . Seulement 12% de démunis pris en charge. Le personnel qualifié fait défautLE Grand Casablanca ne compte que 27 centres sociaux. Une infrastructure qui ne prend actuellement en charge que 5.804 personnes, soit seulement 12% de Casablancais vivant dans l’extrême précarité. Et ce n’est pas vraiment grâce aux efforts publics que cette infrastructure existe. C’est bien la société civile qui est à l’origine de la création de 64% des structures. Aujourd’hui, on assiste à la volonté des autorités de renforcer l’infrastructure sociale dans la région. Le programme régional de lutte contre la précarité dernièrement adopté par les décideurs et élus casablancais consacre une large partie à la mise à niveau des centres sociaux. Pour commencer, les services régionaux de l’INDH ont eu en charge l’établissement d’un diagnostic sur l’état des lieux avant le passage à l’action. Et les résultats sont affligeants : faible capacité d’accueil, problèmes de gestion et de financement.Premier aspect de dysfonctionnement, le non-respect des spécialités initialement afférées à chaque centre. Ainsi la même structure accueille enfants abandonnés, filles-mères, personnes handicapées sans ressources… Pourtant chaque catégorie présente des besoins spécifiques et nécessite parfois un aménagement particulier de son lieu de vie.Il reste que selon la répartition officielle, Casablanca compte 8 centres pour enfants abandonnés, 7 pour personnes handicapées, 3 pour enfants et femmes en situation difficile, 3 maisons de redressement pour mineurs et 1 seul centre pour personnes âgées et handicapées. La répartition de la précarité par catégorie révèle toutefois d’autres besoins. Casablanca compte plus de 14.000 femmes et près de 12.000 personnes âgées en situation précaire. La situation la plus alarmante reste celle de la population âgée qui ne dispose que d’un seul centre, qui tombe pratiquement en ruine de surcroît. Il se trouve dans la préfecture de Aïn Chock et n’offre en tout et pour tout que 80 places.Par ailleurs, l’enquête de la Wilaya a dévoilé une grande défaillance en termes de qualité de services. Le problème se situe selon les responsables dans l’inexistence de personnel qualifié, spécialement formé pour répondre aux besoins des pensionnaires des centres.Les nombreuses recommandations proposées suite à l’enquête insistent sur la nécessité de la mise à niveau, l’amélioration des conditions d’hygiène, l’introduction d’activités culturelles et de loisirs. Mais pour réaliser de telles actions, le financement semble cruellement manquer. Si les centres existants fonctionnent tant bien que mal, c’est grâce à de faibles ressources collectées auprès des associations, mécènes, bienfaiteurs ou encore des collectivités locales. Des ressources irrégulières qui empêchent les dirigeants des centres d’établir une planification à long terme.Ce que signale, par ailleurs, une assistante sociale de Casablanca, c’est «qu’il faut penser à l’intégration des centres dans un environnement social, soit les situer à proximité des écoles, des centres commerciaux. Autrement, le pensionnaire est coupé du monde extérieur, donc plus dépendant et plus fragile». Le constat prouve que la majorité des centres sociaux sont installés dans les zones faiblement peuplées.


    Déséquilibre

    LA répartition des centres sociaux dans la région affiche un réel déséquilibre. Les préfectures les mieux nanties sont celles de Aïn Sebaâ Hay Mohammadi et Anfa. Toutes les deux comptent plus de 40% de l’infrastructure sociale. Or ce ne sont pas les zones les plus pauvres de la ville. C’est Al Fida Mers Sultan qui bat le record avec près de 12.000 personnes touchées par la pauvreté. La préfecture ne compte pourtant qu’un centre polyvalent qui accueille 53 enfants et un foyer pour mineurs sous jugement qui en accueille 24 (sa capacité d’accueil est pourtant de 60 personnes). La préfecture de Sidi Bernoussi n’est pas mieux lotie avec ses deux centres pour enfants abandonnés qui ne reçoivent que 6% de la population en situation de précarité recensée dans la préfecture. Celle-ci en compte plus de 8.000.Ichrak MOUBSIT

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