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Casablanca: Bras de fer entre deux établissements touristiques

Par L'Economiste | Edition N°:2808 Le 27/06/2008 | Partager

. Un droit de passage oppose A ma Bretagne à Strike International . L’affaire portée en justiceLe bras de fer qui oppose le restaurant A ma Bretagne et Strike International, sur la corniche de Casablanca, se durcit. Samedi dernier, l’affaire a pris un nouveau tournant. En effet, les ouvriers opérant sur le chantier de Strike International devaient déplacer la palissade qui sépare les deux unités. «L’objectif était de réaliser les travaux d’exécution des voiles sous-sol sur le côté sud du projet de bowling, donc vers le restaurant», explique Eric Janssens, directeur de la société Strike International. Seulement, la seule rampe d’accès à A ma Bretagne se trouve à ce niveau. Un courrier, adressé le 9 juin à André Halbert par Janssens, lui demandait «d’interdire tout accès par cette rampe pour une durée de 3 à 4 semaines et ce, à partir du 18 juin». Une demande qui, naturellement, n’est pas du goût du restaurateur qui s’oppose, avec ses employés, à la démarche. «Cette rampe se trouve sur mon terrain», avance l’opérateur belge, documents du cadastre à l’appui. «Faux, j’ai droit à une servitude de 5 m», répond Halbert qui brandit des autorisations officielles. C’est dire à quel point l’affaire est complexe. Contactées, les autorités compétentes ne veulent pas se prononcer clairement et répondent «qu’elles vont dépêcher une commission pour examiner la situation». Une situation qui s’enlise et qui menace l’avenir d’un fleuron du tourisme casablancais. «On veut me contraindre à fermer. Mon père et moi avons travaillé dur pour faire de l’établissement la meilleure table du continent africain. Tous les guides gastronomiques l’attestent», déclare Halbert. «J’ai misé gros dans ce projet. J’aurai pu choisir un autre pays», lance Janssens. On parle d’un investissement de 50 millions de DH, dont «officiellement» 14 millions pour le terrain. A noter aussi que le promoteur belge a réalisé plusieurs investissements, depuis 1989, dans le sud du Royaume, notamment dans l’industrie du poisson et l’immobilier. André Halbert a également beaucoup à perdre dans cette histoire. Non seulement une sucess story qui a démarré en 1957 et de gros investissements. En effet, ce dernier, à qui l’administration des Eaux et Forêts avait refusé en 1993 le rachat du terrain mitoyen, a engagé plus de 5,5 millions de DH pour l’embellissement du site (cf. www.leconomiste.com du 10/2/2000). A noter que le restaurateur français a obtenu des autorités compétentes un droit de passage de 5 m à «prendre sur le terrain de Strike International». Pourquoi, alors que les deux parties ont tout intérêt à s’entendre, le conflit s’enlise. «J’ai accueilli à bras ouverts l’idée d’un projet touristique à côté de mon restaurant. J’ai d’ailleurs envoyé un courrier dans ce sens à M. Janssens. Mais ils se sont permis de détruire le mur de ma propriété alors que j’étais en vacances», affirme Halbert. «On ne comprend pas son attitude. Son revirement est inexplicable», rétorque le directeur de Strike. La hache de guerre est vraiment déterrée. Lundi, les deux parties se retrouveront pour une énième audience devant le tribunal. De cette audience dépendra l’issue d’un désaccord qui dure depuis 1997.


Imbroglio

Tout a commencé en 1993 quand André Halbert demande l’acquisition d’un terrain limitrophe à son restaurant, A ma Bretagne. Après deux ans d’attente, un courrier émanant du ministère de l’Agriculture lui signifie son refus. Le terrain en question serait à «vocation touristique». «Mon restaurant, c’est quoi alors?», demande Halbert. Ce dernier «oublie le projet », mais apprend que le terrain en question a été vendu par les Eaux et Forêts à Abdelhak Barakat «pour plantation d’arbres». La transaction est inscrite au Bulletin officiel sous le n°4491 en date du 19 juin 1997. Halbert est surpris, car il estime qu’il était prioritaire du fait du droit de préemption. Mais bon, le terrain appartient à l’Etat et il en fait ce qu’il veut. Barakat obtient l’autorisation d’y construire un projet touristique sous le nom de Dome Palace. Mais le projet est interrompu et le terrain commence à faire l’objet de spéculation. Après plusieurs reventes, de 41,5 DH/m2, le prix passe à 5.300 DH/m2! Le dernier acquéreur, Eric Janssens, promoteur belge, mise 14 millions de DH pour reprendre le projet au nom de sa société, Strike International. Rien de mal à cela, si ce n’est qu’aujourd’hui, les accès au restaurant «A ma Bretagne» sont quasiment fermés. Le promoteur du bowling, sur le terrain duquel se trouvent ces passages, s’estime dans son droit. «On me demande de déplacer les accès. Si je le fais, je n’ai d’autre choix que de faire passer les clients par la cuisine», lance désabusé Halbert. Par ailleurs, de récents rapports établis par LPEE font état d’affaissement de terrain provoqué par le chantier. Des rapports que conteste Janssens. Un vrai dialogue de sourds.Fatima EL OUAFI

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