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    Politique Internationale

    Casablanca aux couleurs du printemps

    Par L'Economiste | Edition N°:325 Le 09/04/1998 | Partager

    Depuis peu, Casablanca voit ses murs ornés de ce que certains appellent «graffiti» et d'autres «tags». Pour l'Ecole des Beaux-Arts, ce sont des fresques. Elles ont été réalisées à la demande de la Commune Urbaine du Mâarif dans le cadre de la manifestation «Printemps du Mâarif».


    Rue de Sebta, Quartier des Hôpitaux. La circulation est dense: il y a encombrement, les gens ralentissent, s'arrêtent. Quelques badauds sont attroupés. Tout donne lieu à croire qu'un accident s'est produit. Eh bien non! L'objet de leur curiosité est cette énorme fresque murale d'environ 1 kilomètre de long sur 3 mètres de large sur laquelle s'affairaient 72 étudiants et 4 enseignants. Sur cet immense espace, près de 12 fresques ont pu être réalisées. L'opération s'est déroulée du 23 au 27 mars.
    «Nous avons réalisé ce travail en partenariat avec la Commune Urbaine du Mâarif dans une manifestation culturelle appelée «Printemps du Mâarif», indique le directeur de l'Ecole des Beaux-Arts, M. Abderrahim Jabrani. Il ajoute: «Nous nous sommes réunis pendant deux journées, enseignants et étudiants dans un atelier de réflexion ayant pour thème l'environnement, afin de proposer une maquette pertinente. La notion d'objet et d'espace étant très importante, le fait de participer à cette manifestation a permis à nos élèves d'accomplir des travaux pratiques intégrant leur cursus scolaire».

    Pollution


    Les messages que cette école a voulu véhiculer nous atteignent tous en tant que citoyens. Ce sont ceux de l'environnement, de la pollution qui le dégrade, de l'abattage des arbres, du manque d'espaces verts, de la mort, des nuisances sonores et visuelles... mais aussi d'un autre problème plus crucial: celui des déchets médicaux. «C'est pour cela que nous avons choisi les murs de l'hôpital. D'abord, ils n'ap-partiennent à personne, mais à tout le monde. L'hôpital relève de la ville de Casablanca. Et puis, nous désirions sensibiliser la population aux problèmes de l'environnement grâce à une approche esthétique», souligne le directeur de l'école. En parlant d'esthétique, M. Jabrani émet quelques regrets quant à la prolifération d'immeubles et de façades qui ne respectent aucun schéma commun. «A ce rythme, l'architecture va perdre de ses lettres de noblesse», déplore-t-il.
    A la question de la réaction suscitée par leurs travaux, le directeur de l'Ecole des Beaux-Arts répond que, pendant toute la durée de la réalisation des fresques, des embouteillages ont survenu sans arrêt. Même les artères avoisinantes ont vu leur trafic diminuer de manière flagrante. «Tout le monde était intrigué», précise-t-il.

    L'ambiance dans laquelle s'est déroulée l'opération était chaleureuse. Du simple passant au personnel hospitalier, chacun y a contribué à sa manière.
    L'Ecole des Beaux-Arts n'en est pas à son premier coup d'essai. Elle a déjà collaboré avec la Commune Urbaine en février dernier dans le cadre de la manifestation «Ramadan du Mâarif». Les résultats de cette collaboration ont dépassé toutes leurs espérances. Il s'agissait de créer des ateliers de peinture pour les enfants, une fois par semaine, le dimanche. Cela se déroulait dans quatre endroits différents et à chaque endroit, un étudiant de l'école devait encadrer tout au plus une quarantaine d'enfants. Environ 180 à 200 enfants étaient attendus. Plus de 1.000 personnes y ont participé: enfants et parents compris.
    Le but de cette opération était de sensibiliser les parents et leur permettre de découvrir les aptitudes de leur progéniture.
    D'autres fresques ont été réalisées sur la Route d'El Jadida ainsi que sur les murs du Lycée Ben Habbous au Mâarif par d'autres artistes provenant du Centre Pédagogique Régional (CPR). Mais cette fois-ci, elles ne semblent pas vouloir exprimer quelque chose. Ce sont des oeuvres qui ne représentent pas de thème quelconque. Elles sont là pour égayer des murs tristes. Le regard est inévitablement attiré par cette farandole de couleurs vives. Des aquarelles naïves représentant des scènes de la vie courante (circulation) ou juste des motifs gais. Du rouge, du bleu, du jaune, toutes ces nuances interpellent l'enfant qui sommeille en nous et inciteraient à la peinture. Avec ou sans message à transmettre, il faut saluer l'initiative. Continuez!

    Radia LAHLOU

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