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Carrosserie industrielle: L'importation d'autobus d'occasion crée de nouveau un malaise

Par L'Economiste | Edition N°:62 Le 14/01/1993 | Partager

Le Groupement des Poids Lourds et de la Carrosserie (GPLC) compte réagir à l'importation des bus d'occasion par les régies. En 1990, c'était 300 autobus importés par la RATC. La RATR en a mis en circulation une centaine en 1992. Une inconnue: la position de l'administration vis-à-vis de l'industrie des poids lourds et de la carrosserie.

Durant l'année écoulée, la régie de Rabat a importé 100 bus d'occasion, celle de Meknès la même quantité et celle d'Agadir une vingtaine Pour l'année 1993, les professionnels évoquent le chiffre de 300 véhicules d'occasion qui seront importés.

Lors de la dernière réunion du GPLC, il a été décidé que le Président écrive une lettre aux ministres concernés, à savoir, celui du Commerce de l'Industrie et de la Privatisation celui du Commerce Extérieur, des Investissements Extérieurs et du Tourisme, celui de l'Intérieur, celui de Finances et enfin, celui des Transports. Une réunion interministérielle est également prévue pour le 20 Janvier. Enfin, une sensibilisation de l'opinion publique est prévue à travers la presse.

"Les conséquences de ces importations est une perte de marché nette pour les chaînes de montage et les carrossiers", déclare M. Laroussi, Directeur Général de la Smicc.

Une situation critique

Pour les chaînes de montage, on évoque le chômage technique pour différentes sociétés sans l'expliquer clairement. L'importation des bus d'occasion s'est conjuguée à d'autres facteurs tels que la sécheresse et le manque de moyens financiers. La réduction de marché pour les camions est à fin Novembre 1992, de 4,9% par rapport à la même période de I' année dernière. La réduction touche à peu près toutes les gammes. A titre d'exemple, celle des 38 tonnes connaît une baisse d'activité de 19,28%, celles des 19 à 26 tonnes et des 14 tonnes des réductions de 25%.

Pour les bus et les autocars, la perte de marché est de 6,93 % . La plus importante baisse est enregistrée dans la gamme des autobus. Les ventes d'autobus de moins de 40 places ont connu une diminution de 58% à fin Novembre 1992 et celles des autobus de plus de 40 places se sont réduites de 29,9%. Pour les carrosseries, le problème est plus grave. La Carrosserie Industrielle du Maroc a été vendue au groupe Benjelloun qui en la reprenant a liquidé sa propre carrosserie Saïda. Smicc a réalisé en 1992, 50% de son chiffre d ' affaires de 1991. Son personnel est passé de 97 personnes à 51 personnes. Ce sont les contractuels qui ont subit les contrecoups de la réduction de l'activité. D'autres carrosseries ont connu le même sort, voire pire...

Position de l'administration?

Les industriels sollicitent une position claire de la part de l ' Administration. Ils veulent savoir si l'administration protège effectivement l'indus trie des poids lourds ou si les bus d'occasion sont libres à l'importation. Il veulent exiger également une application de la loi. "Si l'importation est libre, il faudrait imposer aux bus d 'occasion importés les droits de douanes qui leur sont en principe dûs", explique M. Laroussi.

En effet, l'arrivée en exemption de droits et taxes de véhicules d'occasion constitue une remise en question de l'égalité de traitement, entre les transporteurs publics et privés, mais aussi entre le marché du matériel, local et importé, neuf ou d'occasion.

Le GPLC a par ailleurs exprimé sa volonté de contribuer à la résolution des problèmes des régies en leur vendant au coût de revient. Il demande en contrepartie que les régies définissent une stratégie d'équipement afin de ne pas avoir à commander à la dernière minute un grand nombre de véhicules. En 1990, la RATC avait déjà obtenu une licence d'importation de 300 bus d'occasion. "La demande de la RATC a été étudiée le 20 Décembre 1989 au niveau interministériel. Les diverses administrations concernées (Ministère de l'Intérieur, Ministère des Finances, Ministère du Commerce et de l 'Industrie) ont accordé l'autorisation sous réserve que les autobus importés soient employés sur les lignes scolaires et que la Régie acquiert sur le marché marocain 150 autobus d'occasion. N'obtenant pas de réponse à son appel à la concurrence, la RATC introduit une deuxième demande pour importer 150 autobus usagés", indique un rapport préparé par le GPLC en Septembre 1991. En effet, à cette époque, la raison évoquée était que ces véhicules devaient résoudre les problèmes du transport scolaire.

Coût d'exploitation et d'amortissement

Cependant, "la mise en circulation s'est faite dans des conditions anormales: les véhicules ont été admis sans acquitter les taxes prévues (douane, PFI et TVA). De plus, ils ne sont pas conformes aux normes marocaines et ils réduisent la sécurité des passagers". Le rapport met en exergue également les problèmes en gendres par la solution de l'importation de véhicules d ' occasion. La comparaison des coûts d'exploitation et d ' amortissement entre véhicules neufs et véhicules d'occasion n'est pas en faveur de l'assainissement financier de la régie. Enfin, le rapport explique que les objectifs sociaux ne sont qu'apparemment remplis, car les coûts d'exploitation et d'amortissement devront être pris en charge, soit par les usagers, soit par les contribuables locaux.

Laïla TRIKI

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