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Cancun: La Banque Mondiale se range aux côtés des pays pauvres

Par L'Economiste | Edition N°:1594 Le 04/09/2003 | Partager

. Dans un rapport, l'institution dénonce le poids des subventions agricoles. Malgré les discours, les marchés développés restent fermés aux pays du Sud. La croissance mondiale reprendrait en 2004Dans un rapport intitulé «Perspectives Economiques Mondiales 2004«, la Banque Mondiale vient de s'exprimer très clairement en faveur d'un accord commercial favorable aux pays pauvres. Alors que le sommet de l'OMC s'ouvre le 10 septembre à Cancun, trois questions enrayent les négociations: la réduction des subventions agricoles, l'abaissement des droits de douane sur les produits manufacturés, et surtout l'octroi d'un statut spécial aux pays en développement, notamment en ce qui concerne les brevets pharmaceutiques. Selon les analystes de l'Organisation basée à Washington, l'adoption de toutes ces mesures devrait permettre de relancer les échanges internationaux et la croissance mondiale. Les gains de revenus qui résulteraient d'un tel accord seraient compris entre 290 et 520 milliards de dollars et bénéficieraient aussi bien aux pays pauvres qu'aux plus riches, assurent les experts de la Banque Mondiale. La contraction des échanges depuis 2001, en lien direct avec le marasme économique mondial, résulte donc, selon la Banque Mondiale, d'un protectionnisme généralisé, dont sont essentiellement victimes les pays en développement. L'organisme cite en particulier le cas des subventions agricoles, attendu comme le dossier le plus brûlant à Cancun. Le gouvernement japonais accorde à ses producteurs de riz des aides 7 fois plus importantes que leurs coûts de production, alors que les Etats-Unis allouent chaque année plus de 3 milliards de dollars à leurs producteurs de coton, soit 3 fois plus que l'aide qu'ils accordent au continent africain. D'une manière générale, explique le rapport, ces subventions directes, dont l'Union européenne est également très friande, ont pour effet de déprimer les cours mondiaux, d'évincer les agriculteurs des pays pauvres, mais aussi d'augmenter les prix pour les consommateurs finaux. Le protectionnisme se réalise également par le biais des droits de douane qui, comble de l'absurdité, se révèlent plus élevés pour les pays en développement que pour les pays industrialisés. Comme l'affirme en effet Richard Newfarmer, principal auteur de ce rapport, «les pays industrialisés prélèvent des droits qui sont en moyenne de l'ordre de 1% sur les produits manufacturés en provenance d'autres pays industrialisés, mais ils perçoivent des droits de 5% sur les importations en provenance d'Asie de l'Est, de 6% sur les importations du Moyen-Orient et de 8% pour celles d'Asie du Sud«. . Les gains en cas de désarmement douanierNéanmoins, les experts de la Banque Mondiale encouragent, lors du sommet de Cancun, l'ensemble des pays à faire des concessions, chacun y trouvant finalement son compte. Une diminution des tarifs douaniers et des subventions permettrait ainsi dans les pays industrialisés d'augmenter le pouvoir d'achat en amenant une baisse des prix, et ouvrirait de nouveaux marchés à leurs entreprises de service. Les pays à revenus intermédiaires pourront ainsi disposer de meilleurs services, mais aussi avoir accès à de nouveaux marchés, notamment agricoles, dans les pays plus riches. Enfin, en abaissant leurs barrières douanières, les pays à faible revenu diminueraient le coût des intrants pour leurs petits producteurs et gagneraient en productivité du fait d'une concurrence amplifiée. Cela leur permettrait en outre de s'affranchir des «préférences commerciales« que leur accordent les pays riches et d'orienter enfin leur production selon leurs avantages comparatifs. La Banque Mondiale considère que ces «préférences commerciales« constituent davantage un frein qu'une aide, dans la mesure où seuls 40% des produits admis à en bénéficier sont effectivement importés dans les pays riches suivant ce régime. Cependant, tempère Richard Newfarmer, «ce n'est pas parce que l'on abaisse les barrières qui protègent un marché qu'un pays peut soudain se mettre à exporter«. Il est donc indispensable que les bailleurs de fonds internationaux et autres organismes multilatéraux participent à l'amélioration des infrastructures liées aux échanges commerciaux, ports, routes, écoles, mais aussi des administrations douanières et fiscales. Selon le rapport, des progrès significatifs en la matière pourraient ainsi accroître le volume du commerce mondial de 380 milliards de dollars en quelques années. Les analystes de la Banque Mondiale ont ainsi établi une simulation où, à Cancun, les pays industrialisés et en développement acceptent d'abaisser respectivement leurs droits de douane à 10 et 15% pour les denrées agricoles et à 5 et 10% pour les produits manufacturés, ainsi que de supprimer les subventions agricoles et d'autres quotas et mesures protectionnistes. Les pays en développement bénéficieraient alors d'un revenu supplémentaire de 350 milliards de dollars et ceux déjà industrailisés de 170 milliards à l'horizon 2015. Par ailleurs, un tel accord devrait permettre à 144 millions de personnes de s'extraire de la pauvreté, en franchissant le seuil de subsistance de 2 dollars (20 DH) par jour. La Banque Mondiale dévoile enfin dans son rapport ses projections concernant la croissance mondiale. Si celle-ci devrait ainsi demeurer bien en-deçà de son potentiel en 2003, elle devrait se redresser dès 2004 et gagner un point pour atteindre 3%. Une reprise qui, selon les économistes de Washington, devrait résulter notamment d'un accroissement des échanges mondiaux, c'est-à-dire… d'un accord favorable à Cancun!Igor MARTINACHE

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