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Campings: Quelle horreur! (1)

Par L'Economiste | Edition N°:2598 Le 29/08/2007 | Partager

. Déception chez les touristes. Les établissements hors normes nuisent à l’image. Les oubliés de la «Vision 2010»«SI certains campings, très rares, sont correctement aménagés, les autres (plus nombreux) ressemblent à un terrain vague dépourvu d’ombre, parfois entouré d’un mur richement décoré de tessons de bouteilles, manquant de propreté et d’entretien». Cette description extraite du guide touristique «Le Routard» rend un jugement sans appel des campings au Maroc. Même constat de Jacques Gandini et Emile Verhooste. Les auteurs d’un guide des campings au Maroc estiment, quant à eux, qu’un tiers des 200 établissements visités au Maroc ne sont pas dignes d’accueillir du public. Ce mode d’hébergement séduit pourtant de nombreux vacanciers marocains, mais aussi étrangers. Jeunes, familles nombreuses, camping-caristes étrangers optent souvent pour les hôtels de plein air en raison de leurs prix attractifs. Mais en termes d’hygiène, de confort et de sécurité, nombre de campings marocains ont encore du pain sur la planche. Sur le plan réglementaire, il existe pourtant des normes, mais elles ne semblent pas s’appliquer à tous. En effet, deux types de campings coexistent au Maroc: les classés (International, première ou deuxième catégorie) et les non classés. Les établissements classés par le ministère du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Economie sociale doivent par exemple disposer de l’eau courante, d’une superficie réglementaire (2 hectares), mais aussi satisfaire aux normes de sécurité du feu et à certaines conditions d’hygiène de base (installations sanitaires, conditionnement des ordures, etc.). Tout cela pour espérer conserver le précieux label. D’ailleurs, les délégations régionales du tourisme veillent au grain. Des inspections périodiques des établissements touristiques sont prescrites par la loi afin de «s’assurer du respect de la législation et de la réglementation en vigueur en matière d’hygiène, de salubrité publique et de sécurité» (décret de 2002 pris pour l’application de la loi n°61.00 portant statut des établissements touristiques). Mais en cas de non-respect de ces normes juridiques, «le déclassement constitue la seule sanction», explique le directeur régional du tourisme du Grand Casablanca, Mohamed Jebroun. Pour ceux qui n’obtiennent pas le classement, les plus nombreux au Maroc, cette réglementation ne s’applique pas. Dans la majorité des cas, les autorités locales ferment les yeux sur la qualité. Fermer un hôtel de plein air insalubre alors que c’est une source de revenu est souvent jugé délicat par les communes propriétaires de campings, dit-on à demi-mot. Les campings seraient-ils les laissés pour-compte du tourisme au Maroc? Pourtant, le projet ambitieux du Royaume est d’accueillir d’ici 2010 dix millions de touristes chaque année. Dans le cadre de cette «Vision 2010», les efforts ont été jusque-là essentiellement déployés en direction des structures hôtelières. «Dans le développement de la stratégie touristique du Royaume, les campings n’ont pas une place de premier choix», reconnaît Jebroun.


19.000 lits

L’ABSENCE de chiffres officiels valide cette thèse. Nombre de nuitées enregistrées dans les campings ou de touristes choisissant ce mode d’hébergement: aucune statistique ne recense ces données au ministère. Cette forme de tourisme bas de gamme ne répond probablement pas aux attentes des touristes étrangers privilégiés dans cette stratégie nationale. A Casablanca, l’unique terrain réservé au tourisme de plein air a été déplacé en juin dernier à Dar Bouazza. Le camping de l’Oasis (Beauséjour) avait pourtant reçu en 2006 6.256 campeurs (moins de 4% de Marocains). Son terrain a été cédé à des promoteurs immobiliers. Le ministère a cependant pris conscience récemment du manque à gagner avec les campings. Avec le plan Biladi qui privilégie la clientèle nationale, les choses devraient évoluer. Inscrit dans le cadre de la «Vision 2010», ce programme, lancé en juin dernier, prévoit d’augmenter la capacité d’hébergement pour le tourisme interne. Comme chacun sait, l’hôtel n’est pas un mode d’hébergement adapté pour la plupart des Marocains qui voyagent en famille. «L’objectif est de faire basculer une partie de la demande qui utilise des structures non payantes ou payantes informelles vers des structures payantes formelles», a précisé le ministère lors du lancement de ce plan. Ainsi, d’ici 2010, 19.000 lits créés sur les 30.000 devraient l’être en campings dans 8 nouvelles zones touristiques. Trois appels d’offres ont déjà été lancés pour ces stations. Parallèlement, selon Jebroun, «afin de renforcer les capacités d’hébergement du Royaume, une campagne a été initiée pour inciter les campings existants à répondre aux normes de classement». Reste à savoir si ces recommandations seront entendues par les gestionnaires de campings privés ou publics. Et si aucune liste exhaustive des campings n’existe, tous les établissement du Royaume ont-ils eu vent de ces exhortations gouvernementales? A voirSarah CAILLAUD

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