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    Economie

    Calme au Parlement, foule à l'extérieur

    Par L'Economiste | Edition N°:327 Le 23/04/1998 | Partager

    Les députés de la Chambre des Représentants avaient rendez-vous avec l'Histoire. Le Premier ministre venait ce vendredi 17 avril leur présenter la Déclaration de politique générale. A l'extérieur du Parlement, une foule a fait le déplacement pour voir de près les ministres de l'alternance.


    Le Parlement avait l'allure des grands jours. Les membres du gouvernement rayonnent déjà à l'idée que leur examen de passage sera réussi. Certains d'entre eux avaient pris le soin de passer par le magasin r'bati du célèbre couturier Francisco Smalto où les prix sont hors de portée des petites bourses. Le personnel du Parlement met les dernières touches aux préparatifs de ces moments forts. M. Abdelouahed Radi, président de la Chambre des Représentants, en maître de cérémonie, veille au grain. Il va recevoir son camarade et ami, M. Abderrahman Youssoufi, Premier ministre, pour la présentation de la Déclaration de politique générale. Sur les détails de son contenu, le suspense est gardé jusqu'au bout.

    Le chef du gouvernement ne se fera pas attendre. Il monte à la tribune vers 16 heures pour prendre la parole pendant une heure et 30 minutes. C'est le temps qu'il faut pour lire un document de 32 pages censé livrer l'armature du programme gouvernemental.
    Lorsque M. Youssoufi achève son discours, il s'en va rejoindre son banc, à côté de M. Driss Basri, loin des autres, seul au milieu de deux places restées furieusement vides. L'une était réservée au Premier ministre, l'autre revenait au ministre d'Etat des Affaires Etrangères et de la Coopération, «absent pour raison de santé», chuchote-t-on dans les couloirs de l'assemblée.
    Contrairement à quelques-uns de ses collègues qui baillaient de temps à autres, le ministre d'Etat à l'Intérieur a profité de ce temps imparti à la présentation de la Déclaration pour consulter discrètement quelques dossiers apportés par un chaouch. A quoi bon, la Déclaration était à l'évidence d'aucune surprise pour les ministres.
    Les députés avaient l'air absorbés par le discours du chef de l'exécutif. Des applaudissements, mais très peu.

    Slogans


    Le meilleur est resté pour la fin: après que M. Radi ait annoncé le calendrier de travail et la levée de la séance, des voix de protestation se sont élevées immédiatement sur son flanc droit, mais vite englouties dans le brouhaha de l'assistance qui quittait l'enceinte. En fait, les contestations provenaient des rangs du groupe de l'Union Constitutionnelle. Les députés contestaient la décision du président de consacrer vendredi 24 avril au vote d'investiture. A leurs yeux, M. Radi a décidé d'une manière unilatérale que vendredi sera un jour travaillé, alors que les membres de Bureau de la Chambre auraient convenu du contraire: journée libre en raison de l'heure de la prière et l'approche du week-end. A part cet incident, tout était parfait. «Ce jour, même le ciel avait opté pour l'alternance, c'est un signe prémonitoire», dira un chauffeur de taxi au fait de l'actualité politique. En effet, peu avant le discours du Premier ministre, il a plu. Pour plusieurs régions du pays, la récolte de cette campagne était déjà sacrifiée.

    Malgré cette pluie, les alentours des deux Chambres étaient gorgés de voitures et de badauds. La foule, visiblement joyeuse, est allée jusqu'à scander quelques slogans en faveur de M. Youssoufi. Cela renseigne sur les restes d'un militantisme et des rendez-vous des grands soirs dans les salles surchauffées par l'espoir et la détermination du changement. Là, il était davantage question de curiosité. Une grande partie de la foule amassée devant la porte principale (Boulevard Mohammed V) voulait voir de plus près les ministres, ceux-là mêmes qui fréquentaient il y quelques jours encore les cafés du quartier. C'est une aubaine aussi pour les féliciter. Mais surtout pour leur glisser une «enveloppe-papier ministre» contenant une demande d'emploi ou d'appui pour faire bouger un dossier ou encore un rappel des promesses électorales faites avant l'accession au pouvoir. Plus d'une heure et demie après la levée de la séance, le spectacle dans la rue d'en face est encore saisissant. Curieu-sement, la présentation de la Déclaration devant la Chambre des Conseillers n'a pas eu le même impact. Sa présentation a été écourtée. Le traitement réservé à ces élus est à part. Ce n'est pas parce qu'ils ne votent pas l'investiture!

    M.C.


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