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Café: Les torréfacteurs marocains pénalisés

Par L'Economiste | Edition N°:103 Le 11/11/1993 | Partager

Depuis la fin du mois de juillet, les torréfacteurs marocains assistent à la hausse, qualifiée "d'aberrante", des droits de Douane sur le café vert. Le taux qui était de 27,5% est passé à 30%. En revanche, la Direction des Douanes a revu à la baisse le taux de taxation du café torréfié ou conditionné importé qui est passé de 40 à 35%.

Le différentiel entre le café torréfié au Maroc et le café importé, qui était de 12,5%, est aujourd'hui de 5%. "Cet écart demeure très insuffisant pour protéger la valeur ajoutée que nous, torréfacteurs marocains, apportons au secteur. C'est un non-sens et une pénalisation injustifiée", s'exclame un industriel.

De plus, le consommateur, explique cet industriel, bénéficie d'une sécurité plus importante par l'importation du café vert que par celle du café torréfié ou conditionné. En effet, le café vert, à son arrivée, est obligatoirement contrôlé au port par le Service des Fraudes et le Laboratoire National de Contrôle de Café. Sur le plan légal, la café vert ne doit pas présenter un certain nombre de défauts calculés sur un échantillon moyen de 300g. Des prélèvements sont effectués sur différents sacs, puis analysés. Le café ne doit pas contenir plus de 240 défauts aux 300g et plus de 10% d'écart de triage. Cela signifie que toutes les fèves de café dites défectueuses sont recueillies, pesées et rapportées au poids total.

En revanche, le café importé, produit fini prêt à la consommation, ne fait l'objet d'aucune analyse. "Une fois arrivé au port, emballé et conditionné, le café ne subit aucun contrôle. Alors, dans quelles conditions a-t-il été torréfié, conditionné, quel est son taux d'humidité...?", s'interroge un producteur local.

A l'annonce de cette augmentation de la taxation du café vert, l'Association Marocaine des Importateurs et Torréfacteurs de Café (AMIT) a adressé une lettre au ministre du Commerce, de l'Industrie et de la Privatisation pour tenter de relever tous les "aspects anormaux de la décision". "Pour l'instant, le dialogue se poursuit", indique un professionnel.

A l'instar des pâtes alimentaires, la bataille du café, depuis l'ouverture des frontières, se porte sur le haut de gamme. L'apparition de nouvelles marques étrangères a permis de rehausser la qualité du produit, des emballages et du processus de fabrication. Les plus dynamiques, les Torréfacteurs ont même pris goût à la publicité, concurrence oblige.

Mais le plus grand problème du secteur réside au niveau de l'importance du vrac. Au Maroc, la qualité du café est victime de certains tabous. De plus, ajoutent les professionnels, "l'ignorance et certaines idées reçues faussent le jugement des consommateurs crédules".

Pour eux, le vrac est un non-sens comme il est un non-sens, pour tous les autres produits alimentaires. Ces derniers sont exposés à toutes sortes de pollutions; à l'air (donc s'oxydent au contact de l'oxygène), au soleil, à la poussière, aux gaz d'échappement et même aux mains qui les manipulent.

Pour le café, les acheteurs le portent à hauteur du nez, le rejettent ou l'achètent après s'être assurés par cet examen "dénué de toute valeur, de sa soi-disant qualité". Il faut savoir qu'un café torréfié perd très vite de son arôme s'il n'est pas conditionné dans un emballage adéquat qui permette de le protéger pendant une période déterminée.

C'est pour cela que la majorité des torréfacteurs marocains, pour lutter contre ce "fléau du vrac", investissent au niveau des emballages. Les nouveaux conditionnements utilisés, notamment le sous-vide, évitent tout risque d'oxydation du café et une conservation pendant une assez longue période.

La récolte mondiale de café se situe entre 90 et 100 millions de sacs de 60kg. La consommation mondiale est estimée à plus d'un milliard et demi de tasses de café par jour.

La consommation du Maroc est d'environ de 20.000 tonnes par an. Cette consommation, par tête d'habitant, est estimée à moins de 700g par an. Ceci reste très faible comparativement à d'autres pays tels que l'Algérie qui consomme 2 à 3kg, ou la France avec 7kg.

M.O.

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