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    Câbles électriques : Le duopole CGE-Câbleries du Maroc

    Par L'Economiste | Edition N°:38 Le 16/07/1992 | Partager

    Le secteur des câbles électriques et des faisceaux de câbles est en plein développement. Les objectifs de modernisation du pays, notamment les projets d'extension des réseaux électriques et téléphoniques lui offrent des opportunités de croissance pour les années à venir. Plusieurs entreprises sont présentes sur un marché dominé par la CGE et les Câbleries du Maroc.

    Nous avons beaucoup investi ces cinq dernières années pour doubler notre capacité en câbles d'énergie et nous avons un projet de création d'une nouvelle unité de câbles téléphoniques", annonce M. Tagmouti, Directeur des Câbleries du Maroc. Les ambitions sont réelles. Le secteur industriel de la fabrication des câbles électriques et des faisceaux de câbles a connu un développement important durant ces dernières années.
    D'après une étude du Ministère de l'Industrie, le deuxième programme national d'électrification rurale, PNER II, entamé courant 1990 et dont l'objectif est d'atteindre un taux d'électrification rurale de 50% à l'horizon 2000, nécessitera la mise en place de 4.900 KM de ligne moyenne tension et 3.300 Km de ligne basse tension.
    Toujours selon cette étude, 2 millions de Km paires par an devraient être utilisés pour le programme d'extension du réseau téléphonique. A cela, s'ajoutent la demande du secteur des BTP et le développement des exportations de produits électriques pour les entreprises européennes. Autant dire qu'une opportunité de croissance est offerte au secteur.

    Chute conjoncturelle des commandes

    La production de câbles d'énergie a connu une croissance régulière entre 1985 et 1989. Le taux de progression est estimé à 12% et les besoins augmenteraient au même rythme. L'étude du Ministère de l'Industrie indique que la production est passée de 13.076 tonnes en 1985 à 18.546 en 1989, soit une progression de 41,83% entre les deux périodes. Celle des câbles téléphoniques s'est accrue de 198%, de 1.112 tonnes elle est passée à 3.230 tonnes.
    Les faisceaux de câbles ont observé la même tendance. La production qui n'était que de 438 tonnes en 1985 est passée à 1.649 tonnes en 1989, soit une croissance de 276,48%. En 1989, le taux d'utilisation de la capacité installée était de 80%, 100% et 36% respectivement pour les câbles d'énergie, les cables téléphoniques et les faisceaux de câbles pour un effectif global de près de 2.000 personnes. Aujourd'hui, cet effectif dépasse la barre des 2.000 avec un fort pourcentage de personnel qualifié.

    La situation est jugée satisfaisante. Cependant, selon M. ElAoud, Administrateur Directeur Général de la CGE Maroc, le secteur souffre d'une chute des commandes enregistrées pendant les six premiers mois de l'année 1992. Cette situation est la résultante de la faible trésorerie des entreprises et du ralentissement de la croissance dans le bâtiment.
    De plus, le marché algérien est en perte de vitesse. Les exportations, bien qu'ayant connu une forte croissance entre 1985 et 1989 ne sont pas encore assez importantes.
    Elles sont passées de 318 tonnes à 1.429 tonnes pendant cette période. Cependant, pour l'année 1991, le chiffre d'affaires global du secteur dépasse le milliard de Dirhams. La CGE annonce un chiffre d'affaires consolidé de 760 millions de Dirhams tandis que celui des Câbleries du Maroc est estimé à 240 millions de Dirhams. Les ventes des autres entreprises du secteur amélioreraient sensiblement les performances.

    Concurrence bipolaire

    Une multiplicité d'entreprises, une multiplicité de produits, une multiplicité d'utilisateurs. Assez d'éléments pour que le marché paraisse peu homogène. Pourtant, les entreprises peuvent être scindées en deux groupes.
    D'une part les producteurs de câbles d'énergie, de l'autre les fabricants de faisceaux de câbles. Pour l'instant, la CGE Maroc est la seule à produire des câbles téléphoniques.
    Actuellement, le secteur est principalement dominé par la CGE Maroc et Câbleries du Maroc qui détiennent respectivement 50% et 40% du marché des câbles d'énergie. Outre ces deux "grosses cylindrées", 8 autres entreprises sont installées.
    Une unité vient de voir le jour et porte à 11 le nombre des entreprises du secteur.
    Il s'agit de la Compagnie Française de Câblage installée à Berrechid et spécialisée dans la fabrication de faisceaux de câbles.

    La CGE et les Câbleries du Maroc disposent de la plus grande capacité de production en câbles d'énergie: 15.000 tonnes par an pour le premier et 7.000 tonnes par an pour le second. En ce qui concerne les câbles téléphoniques, l'unité de production de la CGE a une capacité de 1,2 million de Km paires par an. L'arrivée des Câbleries du Maroc dans le téléphone entraînera une nouvelle donne pour un produit dont le seul utilisateur local est l'ONPT.
    Cette situation pourrait en outre confirmer la bipolarisation de la concurrence. En effet, nonobstant les petites unités de production et les importations en provenance de la Tunisie, le gros des affaires est réalisé par les deux grandes entreprises avec une clientèle principalement publique, en particulier l'ONE, les Régies et l'ONPT.
    Le reste du marché concerne les entreprises électriques, l'automobile et les BTP.

    Un câble a une identité

    "Dès que l'on parle de câbles électriques, il y a des problèmes de normes qui surgissent" explique M. Hassan Bennani des Câbleries du Maroc. En effet, les produits électriques sont dangereux. Ils peuvent conduire à des drames si la fabrication est défectueuse.
    Du coup, la production nécessite des investissements en équipement et en hommes très coûteux ainsi qu'une maîtrise parfaite du processus. Ces produits s'adressent principalement à des spécialistes. Ils doivent répondre à des normes. Des éléments qui font que la concurrence est axée en priorité sur la qualité.
    En ce qui concerne les câbles d'énergie, la commercialisation se fait en grande partie par soumission aux appels d'offres, environ 40% du marché.

    La pratique veut que le moins-disant remporte le marché. Mais l'enlèvement de la marchandise est conditionné à un contrôle rigoureux. Il nécessite plusieurs tests, notamment des essais de capacité et de tension. Les grossistes constituent le principal réseau en ce qui concerne l'autre partie de la production.
    Pour les câbles domestiques, les prix seraient à peu près alignés. Ils se situent entre 0,75 DH et 2 DH le mètre.
    La bataille se situe au niveau des marges des distributeurs. Le marché des câbles téléphoniques est en situation de monopole bilatéral. Il n'y a qu'un seul producteur pour un acheteur.
    En ce qui concerne les faisceaux de câbles, la plus grande partie de la production est exportée.

    La grande technicité inclue dans les produits est à l'origine d'une politique de communication très pudique.
    Pour M. ElAoud, Administrateur Directeur Général de la CGE, la campagne de publicité télévisée est centrée sur l'utilisateur afin, précise-t-il, de le sensibiliser sur la qualité et de préciser le nom de la CGE inscrit sur les câbles. "Un câble a une identité, l'utilisateur doit pouvoir identifier le fabricant en cas de déficience reconnue du produit ", poursuit-il. Les Câbleries du Maroc s'orientent plutôt vers la présence dans les foires (Hanovre, Salimme). Mieux, des actions sont menées dans le cadre des oeuvres sociales.

    CGE Maroc

    La CGE Maroc est une filiale de la CGE France devenue Alcatel Alsthom. Elle a été créée en 1947. Son capital actuel s'élève à 112 millions de DH. Alcatel Alsthom possède 50,1% des parts. Le solde est réparti entre des privés marocains.
    La production de la CGE est réalisée dans deux unités industrielles. L'usine de Mohammédia qui occupe une superficie de 7ha produit les câbles nus et isolés, les câbles téléphoniques, les transformateurs, les radiateurs et les accumulateurs au plomb. Celle de Casablanca Tit Mellil d'une surface de 5ha est spécialisée dans la production des équipements préfabriqués, des redresseurs, de l'électronique industrielle et des structures de stockage. La capacité de production des deux unités est de 15.000 tonnes par an pour les câbles d'énergie, 1,2 million de Km paire par an pour les câbles téléphoniques et 300.000 unités par an pour les batteries commercialisées sous les marques TUDOR et FULMEN. La CGE emploie un millier de personnes y compris le personnel intermittent et plus de 80 ingénieurs. En 1991 elle a réalisé un chiffre d'affaires de 760 millions de DH/HT. Elle est cotée à la bourse de Casablanca. Le montant des investissements réalisés durant les deux dernières années s'élève à 120 millions de Dirhams.

    Câbleries du Maroc

    Les Câbleries du Maroc ont été créées en 1962. Le capital de 41,5 millions de Dirhams est souscrit par des privés marocains. La société est spécialisée dans la fabrication de câbles électriques, notamment le câble basse tension et moyenne tension, le câble industriel, le câble domestique, le fil émaillé le câble souple pour automobile et le grillage avertisseur. L'unité de production d'une capacité de 7.000 tonnes par an ainsi que les bureaux sont installés dans le quartier des Roches Noires et occupent une superficie de 3,8ha dont 3,2ha couverts. Elle emploie un effectif de 236 personnes dont 11 ingénieurs. En 1991, elle a réalisé un chiffre d'affaires de 240 millions de Dirhams. Au cours des trois dernières années, des investissements de l'ordre de 40 millions de DH ont été réalisés.

    Les produits fabriqués

    Les câbles d'énergie sont constitués par l'ensemble des câbles servant à acheminer de l'énergie électrique depuis sa production par la centrale jusqu'à l'utilisation finale. Il s'agit entre autres des câbles haute tension, des câbles moyenne tension, des câbles basse tension, et des câbles domestiques basse tension. L'autre groupe de produits est composé des câbles téléphoniques, du fil émaillé utilisé pour le bobinage des moteurs et des transformateurs. Les faisceaux de câbles sont destinés au secteur de l'automobile et à l'électroménager.
    La production des câbles électriques est réalisée à partir de matières premières importées, notamment le cuivre, l'aluminium, l'acier, la polyéthylène et le vernis. Le cuivre constitue entre 40% et 60% du câble électrique. Toutes les entreprises s'approvisionnent sur le marché international. Les importations de cuivre sont estimées à 12.000 tonnes pour cet usage. Le prix fluctue en fonction de l'offre et de la demande internatinale. Elle a atteint 1.320 Livres Sterling la tonne sur le marché de Londres.

    Programme d'investissement

    Un programme d'investissement est prévu par les entreprises du secteur sur la période 1990-1994. Il a pour objectif le renouvellement du matériel et l'augmentation de la capacité de production qui sera de l'ordre de 10% pour les câbles électriques et de 20% pour les faisceaux de câbles. Selon l'étude du Ministère de l'Industrie, le coût est estimé à 175 millions de Dirhams dont 127 millions de Dirhams pour les câbles électriques et téléphoniques et 48 millions de Dirhams pour les faisceaux de câbles.

    Alié Dior NDOUR

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