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    Bush sur la corde raide avant les élections

    Par L'Economiste | Edition N°:2371 Le 28/09/2006 | Partager

    . Un rapport top secret sur la guerre en Irak et le terrorisme met le feu aux poudres. L’opposition démocrate s’en prend au président LES conséquences de la guerre en Irak pour la «guerre contre le terrorisme» ont déclenché une vive polémique entre le président américain et l’opposition démocrate, à six semaines d’élections parlementaires aux Etats-Unis. George W. Bush s’en est une nouvelle fois pris avec colère aux médias et à leurs informateurs, coupables de divulguer des informations confidentielles «pour des motifs politiques», dans le but de «créer la confusion dans l’esprit des Américains». «Pour couper court aux spéculations», il a contre-attaqué en publiant les «principales conclusions» d’un rapport confidentiel élaboré par 16 agences de Renseignement, dont certaines avaient déjà été décrites par le New York Times et le Washington Post. «Le conflit irakien est devenu une cause célèbre pour les djihadistes» et «le djihad en Irak façonne une nouvelle génération de dirigeants et d’agents terroristes», peut-on lire dans ce rapport, intitulé «Tendances du terrorisme mondial: implications pour les Etats-Unis». En pleine campagne électorale, cette assertion a de quoi réjouir l’opposition démocrate, qui ne cesse de dénoncer la conduite de la guerre en Irak et d’accuser l’administration d’»induire en erreur» l’opinion publique. Mais cette synthèse donne aussi des arguments à l’administration Bush, qui assure qu’un retrait prématuré d’Irak reviendrait à offrir la victoire aux terroristes. «S’il y avait une perception de victoire djihadiste (en Irak), cela inspirerait plus de combattants à poursuivre la lutte ailleurs», estiment les services de renseignements». A contrario, «si les djihadistes avaient l’impression et donnaient l’impression, en quittant l’Irak, d’avoir échoué, nous pensons que moins de combattants seront tentés de poursuivre la lutte». Ces conclusions ne représentent qu’un extrait d’un rapport confidentiel. Elles ont immédiatement été exploitées par la majorité républicaine. Elles confirment «que le succès américain en Irak est la clé pour faire en sorte que la menace terroriste ne grandisse pas. La confusion que les démocrates espèrent entretenir révèle tout ce qu’il faut savoir sur leur incapacité à formuler une vraie» politique de sécurité, a asséné le chef de la majorité à la Chambre des représentants, John Boehner. . Risque sa majoritéL’opposition, qui avait réclamé de «connaître toute l’histoire» sur ce rapport, avait dénoncé à l’avance une publication seulement partielle du document. «La dernière chose qu’il nous faut, c’est une publication sélective de certaines parties du rapport, dans une tentative désespérée de l’administration d’éviter de révéler la vérité», avait souligné le sénateur Edward Kennedy. La polémique a pris d’autant plus de relief que le scrutin du 7 novembre, qui risque de coûter sa majorité à Bush, se joue largement sur les perceptions de la guerre en Irak (impopulaire) et de la politique antiterroriste, un point fort de l’administration Bush et de sa majorité. Elle risque de se prolonger si, comme l’affirme une élue démocrate, Jane Harman, le rapport divulgué mardi en cache un autre. D’après Harman, numéro deux de la commission de Renseignements à la Chambre des représentants, l’administration bloque en effet délibérément une synthèse des services de renseignement spécifiquement consacrée à l’Irak. Selon elle, cette deuxième synthèse a été «laissée à l’état de brouillon», et donc non communiquée aux parlementaires. «Parce que certains de nos responsables ne veulent pas que nous la voyions avant les élections», a-t-elle précisé.


    Extraits

    ■ «Nous estimons que le mouvement djihadiste mondial qui inclut les réseaux affiliés à Al-Qaïda, des groupes terroristes indépendants ainsi que des réseaux et cellules émergentes-- se développe et s’adapte aux efforts antiterroristes». ■ «Bien que nous ne puissions pas mesurer avec précision l’ampleur du développement (...), de nombreuses sources rapportent que les activistes qui s’identifient comme des djihadistes (...) augmentent à la fois en nombre et en terme de dispersion géographique». ■ «Si cette tendance se poursuit les menaces contre des intérêts américains aux Etats-Unis et à l’étranger vont être plus nombreux, conduisant à une augmentation des attaques dans le monde». ■ «Le conflit irakien est devenu une «cause célèbre» (en français dans le texte, ndlr) pour les djihadistes, nourrissant un profond ressentiment envers l’engagement américain dans le monde musulman et suscitant des sympathisants pour le mouvement djihadiste au niveau mondial» ■ «Nous estimons que le mouvement djihadiste mondial est décentralisé, manque  d’une stratégie cohérente mondiale et est plus diffus». ■ «Les djihadistes considèrent l’Europe comme un lieu important pour attaquer des intérêts occidentaux. Les réseaux extrémistes dans la diaspora musulmane en Europe facilitent le recrutement et préparent le terrain à des attaques urbaines comme cela a été illustré lors des attaques à Madrid en 2004 et à Londres en 2005».■ «Le djihad en Irak façonne une nouvelle génération de dirigeants et d’agents terroristes. Al-Qaïda (...) exploite la situation en Irak pour attirer de nouvelles recrues et des donateurs et pour maintenir son rôle dirigeant». ■ «La plus grande faiblesse des djihadistes est que leur objectif politique ultime (une interprétation ultra-conservative de la loi islamique) est impopulaire pour la grande majorité des musulmans». ■ «D’autres organisations extrémistes sunnites comme la Jemaa Islamiyah ou Ansar al-Sunna et d’autres groupes nord-africains vont vraisemblablement s’étendre et devenir plus efficaces pour réaliser des attaques plus massives, en dehors de leurs régions traditionnelles d’opération». ■ «Contrecarrer l’extension du mouvement djihadiste exigera des efforts multilatéraux coordonnés et doit aller au-delà des opérations visant à capturer ou tuer des chefs terroristes».Synthèse L’Economiste

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