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    Economie

    Budgets 1997-98 et 1998-99: Lutter contre le déficit

    Par L'Economiste | Edition N°:325 Le 09/04/1998 | Partager

    "Il faut attendre la Déclaration gouvernementale", indique M. Oualalou, ministre et de l'Economie et des Finances, en recevant des journalistes. Le 6 avril, c'est la CGEM que recevait le ministre dans une rencontre que le patronat a qualifiée de "tour d'observation" à sa sortie.


    Certes, ni dans l'une, ni dans l'autre des rencontres, le nouveau ministre ne tenait pas à entrer dans le détail des chiffres, mais ils donnent lieu à spéculations d'une part sur la conduite du Budget en cours et d'autre part sur la préparation du prochain Budget.
    D'abord M. Oualalou tient à souligner le côté équipe du gouvernement et son désir de cohérence. Il souligne à maintes reprises que c'est le Premier ministre qui a signé la "lettre de cadrage" pour la prochaine Loi de Finances comme pour les efforts d'économie dans l'exécution du Budget en cours.
    "Je suis confiant", martèle M. Oualalou, le tissu économique est en croissance, même si les finances publiques sont préoccupantes. Il adopte un ton très social-démocrate pour développer des thèmes très semblables à ceux qu'a promus Tony Blair, le Premier ministre travailliste de Grande-Bretagne.
    Certes, il n'a pas donné à Bank Al-Maghreb l'indépendance que M. Blair a donné, à la Banque Centrale britannique (la question ne se pose pas au Maroc), mais il a multiplié les déclarations en faveur de l'investissement, de l'entreprise, de l'équilibre des comptes publics, du respect des engagements de l'Etat... C'est un hasard, mais il prend des allures d'augure: c'est à Londres que le ministre marocain des Finances et de l'Economie a fait ses premières déclarations publiques sur ces thèmes si sensibles chez les partenaires du Maroc.
    "Il faut tout faire pour réduire le gap budgétaire (...), le gouvernement ne veut pas laisser un déficit se développer, car le déficit se paye au prix fort, soit par nous tous maintenant, soit par nos enfants". Compte tenu de l'état du débat politique, une telle déclaration au Maroc équivaut à l'indépendance da la Banque Centrale en Angleterre.

    M. Oualalou n'a pas indiqué quelle méthode il utiliserait pour stopper le dérapage budgétaire(2) en cours. Techniquement, il n'y a qu'une méthode, les dotations réservées, lesquelles ont le mérite d'aller vite et le défaut de pénaliser encore les départements ministériels déjà pénalisés par leur inefficacité. Ces départements sont le plus souvent à caractère social. Cependant, les dépenses de fonctionnement son incompressibles et la totalité des dépenses d'investissements sont dans le pipe-line. Il faudra couper dans celles qui sont déjà en route. Pourtant, le ministre affirme qu'il veillera à ce que les arriérés ne gonflent pas: il y va de la dynamique des entreprises, explique-t-il. Pour la masse salariale, le plus gros morceau des dépenses de l'Etat, il est impossible de jouer sur le court terme. A moyen et long termes, le ministre prêche pour la mobilité des fonctionnaires d'un ministère à l'autre de manière à limiter les gonflements autoentretenus. Il ne répond pas sur la question de l'opacité des revenus de la fonction publique, ni sur les salaires versés à des fonctionnaires fantômes. Le ministre invoque une "culture des dépenses publiques qu'il faut rationaliser et moraliser".
    L'abondance de liquidités dans les banques du fait de l'atonie des investissements servira aussi de roue de secours. Le ministre des Finances a rencontré dans ce sens M. Othman Bengelloun, président du GPBM. Le patron des banques a semble-t-il convaincu le gouvernement que ce ne sont pas les taux d'intérêt qui font l'investissement. Dans ce contexte, les taux du Trésor vont prendre une importance capitale.

    Pas d'accroissement de l'endet-tement extérieur non plus. Ce point vaut davantage pour la prochaine Loi de Finances que pour l'actuelle, qui n'a plus que trois mois à vivre. En revanche, le Ministère est décidé à tirer sur les lignes qui sont restées inutilisées et à poursuivre la conversion de dettes chères en dettes moins coûteuses.
    D'un manière globale, il insiste sur "le respect des engagements intérieurs et extérieurs". A l'évidence donc, pas l'ombre du début d'une idée de moratoire. En revanche, les combats de tranchées ont commencé entre les fonction-naires du Trésor et les entreprises publiques pour drainer des ressources vers les caisses publiques.
    Dans certains cas (OCP, ONE, ONCF en particulier) la promesse du ministre de respecter les engagements de l'Etat se trouverait mise à mal.

    Nadia SALAH

    (2) Cf L'Economiste du 26 mars: Tours de vis sur le Budget 1997-98.

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