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Budget: Il faut sortir de la «météodépendance»
Mustapha Hanine, président de la Commission des finances et des affaires économiques au Parlement

Par L'Economiste | Edition N°:2141 Le 31/10/2005 | Partager

. La réforme fiscale attendra car il y a trop peu de marge de manoeuvre aujourd’hui. La politique de soutien des prix est inefficace, elle n’atteint pas la cible viséeMustapha Hanine mène avec doigté les discussions relatives au budget à la Commission des finances et des affaires économiques. Membre du comité central de l’Istiqlal, ce chef d’entreprise est aussi président de l’Union générale des entreprises et professions (UGEP), structure de défense de la PME et de la microentreprise. Il porte un regard critique sur les chiffres avancés par Fathallah Oualalou en reconnaissant aussi les contraintes conjoncturelles de la loi de Finances. - L’Economiste: L’Istiqlal, parti dont vous êtes membre, est contre la réforme de la TVA telle que présentée par le gouvernement. Pourquoi? - Mustapha Hanine: Le parti ne s’oppose pas à l’harmonisation de la fiscalité au Maroc. Nous sommes contre une augmentation des impôts qui n’est pas basée sur une étude d’impact. Car l’impôt ne doit pas être un instrument de pénalisation, mais un régulateur de la situation fiscale du pays. Il ne faut pas non plus qu’il touche au pouvoir d’achat du citoyen défavorisé. Nous avons milité pour que cette loi de Finances n’inclut pas d’augmentation de la TVA sur les produits de consommation. En tout cas, l’Etat doit prospecter d’autres niches pour élargir l’assiette fiscale. Quant à l’IGR, nous avons demandé à ce que le gouvernement baisse ce taux de 44 à 41% pour alléger la pression fiscale sur les revenus. - A propos d’impôt, aucune réforme fiscale de fond n’apparaît dans ce projet malgré l’urgence…- Lorsqu’un budget est élaboré, le gouvernement essaie de répondre aux aspirations de la population et gérer les demandes pressantes des opérateurs économiques. Mais il y a aussi les contraintes de la situation fiscale du pays. Avec les problèmes que nous connaissons aujourd’hui, il est impossible d’abandonner des recettes nécessaires. Il n’y aura donc pas de carotte fiscale pour 2006. Car un recul d’un point au niveau de l’IGR équivaut à 500 millions de DH. - Après la baisse considérable de la part des privatisations, irait-on vers une autonomie budgétaire même dans un contexte de sécheresse? - Nous ne pouvons parler d’autonomie budgétaire. L’économie marocaine reste fragile car nous dépendons d’éléments conjoncturels. Notre budget dépend structurellement de la pluviométrie. Certes, nous pouvons arriver à des taux de croissance de 3, voire 5%, mais sans pluie nous revenons à des taux de 1,8% et même à des taux de croissance négatifs. L’année dernière, il nous fallait 28 millimètres de pluie supplémentaires pour passer d’un taux de croissance de 1,8 à 3%. Cela montre la gravité de notre dépendance des aléas climatiques malgré l’effort pour consolider la croissance et la rendre moins dépendante, voire autonome des campagnes agricoles.C’est sur ce travail que doivent se focaliser les efforts de politique économique.- Le taux de croissance de 5,4% annoncé par le gouvernement vous paraît-il réaliste?- C’est un taux prévisionnel, et la nature d’un ministre des Finances est d’être ambitieux. Or, nous avons une tendance depuis des années à discuter la loi de Finances à travers des chiffres statiques. L’analyste économique doit poser la question de savoir pourquoi les prévisions ne sont pas réalisées et comment faire pour y arriver au lieu de s’attarder sur les chiffres. Dans son discours d’ouverture de la session d’automne, SM le Roi Mohammed VI avait dit que le taux de croissance ne doit pas être une revendication syndicale. Cela veut dire que ce taux, qui a des conséquences sur l’économie du pays et sur l’emploi, ne doit pas être isolé et cantonné à des chiffres figés. L’objectif aussi est de le sortir du cloisonnement d’aléas conjoncturels comme la pluie et les ressources du tourisme. - Parler de sécheresse nous ramène aussi au débat sur le pétrole en tant que contrainte. Que pensez-vous du retour à l’indexation? - Parmi les points faibles de ce budget, nous constatons que l’Etat injecte plus de 12 milliards de DH dans la Caisse de Compensation. Nous évoquons toujours cette question en termes de gravité. D’abord parce que ce système a montré qu’au Maroc, la compensation n’arrive pas directement dans les poches des personnes concernées. C’est toujours les intermédiaires qui en profitent. Nous devons donc ensemble réfléchir à un nouveau système de compensation qui va nous permettre de mieux gérer les denrées publiques de l’Etat et assurer une bonne gestion de l’argent public. Il est temps aujourd’hui de réfléchir sur une indexation élastique du pétrole pour que le budget de l’Etat ne supporte pas d’un seul coup des sommes faramineuses que nous pouvons utiliser dans les infrastructures et le développement du pays.


50 ans après, toujours pas de politique industrielle

Il faut aujourd’hui admettre que le Maroc n’a pas réussi à avoir une politique industrielle cohérente. «C’est malheureux que 50 ans après l’indépendance, nous nous posons toujours la question «quelle politique industrielle pour le pays?» indique Mustapha Hanine, évoquant la fameuse étude Emergence. Pour lui, la création de PME est essentielle pour répondre aux besoins en matière d’emploi et de pouvoir d’achat. Mais pour faire face au stock actuel de diplômés chômeurs, il faut créer 30.000 entreprises par an sur 5 ou 6 ans. Avec 6.000 entreprises créées actuellement sur 3 à 4 ans, cet objectif paraît difficile à atteindre sachant aussi que l’administration ne recrute plus. Les 12.000 emplois prévus par le budget restent infimes par rapport aux besoins.


Rendements faibles

- Le monde rural est qualifié de parent pauvre de la loi de Finances. - Nous avons mené une politique agricole dispersée en misant trop sur le bour. Ces terres appauvrissent le fellah marocain en donnant des rendements faibles dépendant d’aléas climatiques aléatoires. D’où l’exode rural et l’endettement des agriculteurs. Le Maroc doit aujourd’hui changer ses options en matière de politique agricole en allant vers une industrie agroalimentaire à forte valeur ajoutée. Le schéma classique des campagnes de blé déficitaires est aujourd’hui dépassé. Une nouvelle politique de transfert d’eau est nécessaire. Nous assistons aujourd’hui à la montée d’un discours qui prône l’arrêt de construction des grands barrages. Au contraire, nous devons continuer dans cette politique et la rationaliser pour la mettre au profit de nouvelles implantations. Notre salut serait d’arriver à exporter vers des marchés comme les Etats-Unis auxquels nous sommes liés par un accord de libre-échange. Cet objectif ne peut se réaliser qu’en centralisant l’agriculture dans des zones irriguées. Propos recueillis par Mostafa BENTAK

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