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    Economie

    BTP : L'Administration court des risques avec les moins-disants

    Par L'Economiste | Edition N°:223 Le 28/03/1996 | Partager

    L'Administration et le secteur privé s'intéressent de plus en plus à la méthode de calcul du prix des chantiers basée sur la maîtrise des prix de revient.


    Des fiches à actualiser, des coefficients à calculer, des tableaux statistiques à remplir etc Autant de formules que doivent apprivoiser les opérateurs en BTP pour évaluer les prix des projets à réaliser à leur juste valeur. L'Ecole Hassania des Travaux Publics a organisé dernièrement un séminaire sur l'évaluation des prix pour les projets de BTP au profit des promoteurs publics et privés.
    Une quinzaine de personnes représentant l'Administration et le secteur privé ont participé à cette rencontre.
    Cette session de formation continue qui a duré deux jours a été consacrée au calcul prévisionnel du coût d'un ouvrage. Ce calcul, précise un document, est basé sur l'appréciation chiffrée de nombreux éléments tels que les temps de mains-d'oeuvre, des fournitures simples ou élaborées, l'utilisation de différents matériaux consommables...
    "Toutes les entreprises ne savent pas calculer exactement le prix de revient de leur ouvrage, affirme M. Abdelali Guissi, enseignant et animateur de ce séminaire. Il existe une déperdition des prix parce que les promoteurs ne parviennent pas à les cerner".
    Pour lui, ce séminaire a pour ambition d'attirer l'attention de l'Administration sur les risques qu'elle encourt en attribuant des marchés à des prix très bas. Il considère que les entreprises font des estimations à l'aveuglette et s'engagent dans des marchés avec des montants qui risquent de les pousser à la faillite.

    Deux paramètres à maîtriser


    L'Administration comme les entreprises privées se basent sur des ratios classiques ou l'estimation du dernier marché, soutient M. Guissi. Pour lui, la solution se trouve dans l'adoption d'une méthode statistique qui permette de dégager les prix de revient en main-d'oeuvre, en matériel et en matériaux et la marge des frais généraux de l'entreprise. L'Administration devra maîtriser ces deux paramètres pour pouvoir porter un jugement concret sur les offres des entreprises. "Quand une offre est en dessous du prix de revient, je me demande comment l'Administration peut attribuer un marché dans de pareilles situations, s'interroge M. Guissi. La finalité du projet n'est pas certaine. Et au niveau de son exécution, l'opérateur sera amené à tricher en employant une mauvaise qualité des matériaux".
    Cette pratique courante est due au fait que l'Administration ne dispose pas de critères, à l'exception du Ministère des Travaux Publics qui exige les sous-détails des prix.
    Pour M. Guissi, cette méthode de calcul statistique vise à démontrer que chaque chantier présente "une particularité réelle". L'estimation devra donc être faite d'une manière rationnelle et précise pour mieux apprécier les coûts réels. Quand les offres en plus ou en moins s'écartent de cette base, l'Administration devra réfléchir avant de confier le marché, dit-il. Cette façon de faire classique engendre des arrêts de chantiers et des résiliations de contrats, situation préjudiciable tant pour l'Administration que pour le secteur de la construction.

    Qualifiée d'universelle et appliquée par des entreprises étrangères, cette méthode est basée sur le calcul statistique des sous-détails de prix. La méthode consiste à expliciter dans un sous-détail de prix les différentes dépenses à prendre en compte pour le coût. "Les entreprises étrangères établissent impérativement ce détail de prix avant de remettre l'offre, précise M. Guissi. Chaque opération doit être accompagnée par cette étude et ce sous-détail de prix pour mieux figer tous les paramètres et tous les aléas".
    De l'avis de cet expert, les entreprises utilisant cette méthode de calcul représentent à peine 10% des opérateurs du secteur du bâtiment et travaux publics. Pour lui, cette lacune représente un danger puisque les opérateurs calculent au mètre carré des ratios complètement erronés.
    Cette méthode est présentée comme un schéma synoptique des différents coûts du chantier. Elle relate en premier lieu les coûts directement liés à la production: les déboursés secs en main-d'oeuvre et en matériaux qui entrent dans la fabrication. C'est un montant qui est incompressible.
    Le deuxième facteur est appelé "les frais généraux du chantier". Cette rubrique comporte l'encadrement, l'investissement en matériel nécessaire à la réalisation du projet, les frais d'étude, de laboratoire, d'installation du chantier, de consommation des engins. La somme des deux paramètres donne un prix de revient du chantier. Les frais proportionnels constituent le troisième volet de cette méthode de calcul. Ce paramètre intègre les frais financiers, les frais du siège, les aléas et les bénéfices. Cette dernière rubrique représente à peine 10 à 15% du prix de revient.

    MOHAMED CHAOUI.

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