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Economie

BTP: La flambée des prix suscite l’ire des opérateurs

Par L'Economiste | Edition N°:2794 Le 09/06/2008 | Partager

. Matériaux de construction: Les plus chers de la région du Maghreb. L’acier aura augmenté de 70% en 5 mois. 30 à 40% de marge bénéficiaire dans le cimentMoments difficiles pour le secteur du BTP! A peine appliquée, la dernière hausse sur les prix des matériaux de construction suscite la colère chez les professionnels. Ils se plaignent de la flambée des prix, la récurrence des augmentations et leur généralisation à pratiquement tous les intrants. «C’est scandaleux. En l’espace de 5 mois, le prix de l’acier a augmenté de 70%», s’indigne Bouchaïb Benhamida, président de la Fédération nationale des BTP (FNBTP), affiliée à la CGEM.A son tour, «le prix du ciment est devenu exorbitant, à tel point que les cimentiers réalisent 30 à 35%, voire parfois 40% de marges bénéficiaires», renchérit-il. «Après ça, amusez-vous à importer du ciment!», ironise Benhamida.En clair, lorsque les opérateurs décident d’importer du ciment ou de l’acier, le marché est surprotégé, fustige-t-on. Certificat de conformité aux normes marocaines, analyses de laboratoires, 40% de droits de douane, 20% de TVA…, autant de barrières qui en dissuadent plus d’un. Or, le Maroc est signataire d’accords de libre-échange (ALE) avec la Turquie, l’Egypte…, des pays exportateurs de ciment à des prix très compétitifs. C’est là une affaire Logan bis, mais dans l’autre sens (cf.www.leconomiste.com). «C’est un protectionnisme qui ne dit pas son nom», s’insurge un opérateur pour qui le Conseil de la concurrence doit jouer pleinement son rôle. L’exemple de la Sonasid est édifiant. De nombreux opérateurs dénoncent aujourd’hui le monopole dans la filière de l’acier.La situation est devenue tellement inquiétante que la profession compte saisir, dès cette semaine, les pouvoirs publics afin d’intervenir pour éventuellement stabiliser les prix. «Les ministères de l’Habitat, de l’Equipement, du Commerce et de l’Industrie ainsi que des Affaires économiques et générales… seront tous saisis par la FNBTP», annonce Benhamida. «Nous ne voulons plus être les seuls à subir les augmentations. Le client, l’entrepreneur, le fabricant, l’Etat… doivent tous être mis à contribution pour supporter ces augmentations, en examinant notamment s’il y a une marge trop importante chez des fabricants», explique Mostafa Meftah, directeur délégué à la Fédération des BTP. Tout augmente: l’acier, le bitume, les produits de canalisation en fonte, le polyéthylène, les tuyaux en acier, le câblage électrique… «Actuellement, nous sommes en train de faire une analyse systématique pour reposer le problème des marchés avec des prix fermes», soulève Meftah. Aujourd’hui, la situation est telle que les adjudicataires des grands chantiers soufflent le chaud et le froid. Les marchés à prix fermes sont dans une situation délicate et présentent des risques: les prix ne sont plus contrôlables et il n’y a plus de raison à ce que certains marchés restent figés. «Autrement, il faudra s’attendre à beaucoup de contentieux», préviennent des opérateurs. Car, pour les marchés publics inférieurs à 4 mois, les prix des devis ne sont pas révisables. D’autant plus que, dans les offices, chacun joue sa partition dans la gestion des marchés en cours. Les dernières hausses suscitent déjà l’ire d’adjudicataires de gros chantiers. La dernière révision des prix fausse tous les calculs et rend caducs les devis signés il y a plus d’un an. «Sur un marché public de 100 millions de DH, notre société a perdu, durant les 6 derniers mois, quelque 6% de frais compte tenu des nouveaux coûts», confie Achile Ventolina, PDG de la société Béton Ingénierie qui intervient sur les ports de Casablanca et TangerMed. A l’origine de cette situation: une spirale spéculative, mais aussi et surtout une forte demande suscitée par les grands chantiers lancés ces dernières années: logements sociaux, routes et autoroutes, stations balnéaires, ports et aéroports, immobilier, villes nouvelles… «Aujourd’hui, les besoins sont tellement importants que tous les produits usinés sont écoulés quel qu’en soit le prix», précise le directeur commercial d’un groupe de BTP. Autrement, renchérit-il, la moindre rupture de stock se traduit par des retards dans les délais de réalisation et des pénalités lourdes. Surtout lorsque l’Etat est le donneur d’ordre direct. A fin mai 2008, le marché a connu une croissance de 17,5% par rapport à la même période de l’année dernière. Et déjà l’on annonce une hausse imminente sur le prix du ciment. Une de plus. Principale explication: les cours actuels du coke étant passés de 58 dollars la tonne en 2006 à 80 dollars en 2007 puis… 185 dollars en 2008, soit 3 fois le prix d’il y a deux ans! «Les situations d’entente, de quotas et de partage du marché du ciment y sont aussi pour quelque chose», fustigent des professionnels. Côté cimentiers, l’on se plaint des nombreuses taxes sur la matière qui représente 30% du prix (100 DH pour la taxe spéciale ciment destinée au fonds de l’habitat, TVA…) et de la conjoncture internationale.Chez Lafarge, l’augmentation des prix s’explique en partie par la hausse des intrants constatée en cours d’année. «L’énergie et les combustibles représentent les deux tiers de nos coûts variables», signale Abdessalam Bikdir, directeur commercial. Depuis janvier, il y a une flambée des prix du pétrole, du coke, de l’emballage chez les «sacheries» de l’ordre de 20%, et du fret… Il y a des matériaux qui ont subi 3 à 4 augmentations, précise-t-on auprès du cimentier.«Aujourd’hui, tous les derniers benchmarks réalisés révèlent que les coûts des matériaux de construction au Maroc sont parmi les plus chers du pourtour méditerranéen», se plaint un professionnel. Si l’on compare les prix actuels à ceux pratiqués, par exemple, en Egypte, Tunisie, Turquie…, «nous les dépassons de loin». Quid du logement à 140.000 DH? Aux prix actuels, l’Etat est obligé d’intervenir. Les augmentations auront nécessairement un impact sur le prix de revient.


Le ciment gonflé par les taxes

LES prix d’une tonne de ciment varient entre 1.018 et 1.090 DH TTC environ. Ces prix sont majorés de deux taxes représentant environ 30% du prix total. Il s’agit de la TVA (20%) et de la taxe spéciale ciment (100 DH). D’un montant fixe, celle-ci a été instaurée en 2002 à 50 DH. Elle est collectée par les cimentiers pour être reversée au Fonds spécial de l’habitat (FSH). En 2004, le Premier ministre a demandé aux cimentiers de la doubler et la faire passer à 100 DH. Il y a un an, les cimentiers ont reversé au FSH à peu près 1,3 milliard de DH. C’est ce qui permet de programmer l’acquisition du foncier, de l’équiper et de le viabiliser pour la réalisation de logements sociaux.


Chez les détaillants aussi

A la Compagnie marocaine de matériaux de construction (CMMC) qui fait de la vente au détail, les prix sont aussi à la hausse. «Le fer a augmenté trois fois cette année. Au mois de décembre 2007, il coûtait 7,80 DH le kg, maintenant, nous l’achetons à 12,50 DH pour le revendre à 13 DH. Le prix du camion de 3 m3 de gravats variait entre 550 et 600 DH. A présent, il s’élève à 700 DH. De même, au mois de décembre 2007, nous achetions un camion de 22 m3 de sable de Kénitra à 3.800 DH. Aujourd’hui, il vaut 5.500 DH, et il est rare sur le marché. Quant au prix de la brique rouge, ce dernier est passé, en un an, de 1,40 DH à 2 DH», explique un négociant. Amin RBOUB / Hassan EL ARIF

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