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    Bouteilles de gaz: Les combines des dépositaires

    Par L'Economiste | Edition N°:49 Le 15/10/1992 | Partager

    Une bouteille de gaz qui se vide dans un foyer et c'est la corvée pour en trouver une, de même marque que la consigne, chez l'épicier du coin. Derrière ces ruptures, ce sont des pratiques déloyales des dépositaires lors des opérations de ramassage. Pourtant, le marché du gaz est sensible, réglementé et fait objet d'investissements importants.


    AFRIQUIA est en train de construire une usine à El Jadida qui devrait prochainement produire des bouteilles de gaz. Depuis peu de temps, le complexe industriel de Nador fournit le marché en bouteilles. Pour sa part la SCP est en train d'aménager la création d'un site remplisseur à Taza.
    En aval de ces trois grands groupes d'intervenants, il y a trois autres types d'acteurs sur le marché: les dépositaires, les points de vente (épiceries, stations services, supermarchés) et les consommateurs (particuliers ou entreprises). Les dépositaires s'approvisionnent auprès de leurs distributeurs. Ils fournissent les points de vente en bouteilles de gaz pleines. Chaque dépositaire commercialise en principe une marque dont la couleur est bien définie. Lorsque le dépositaire arrive au point de vente, il est en présence de deux cas. Ou bien, l'épicier dispose de suffisamment de bouteilles pleines d'une couleur autre que la sienne. Ou bien alors: Les bouteilles consignées chez l'épicier sont vides: logiquement il doit attendre qu'un dépositaire concurrent vienne les récupérer. C'est à ce moment qu'est effectuée l'opération dite de "ramassage", interdite dans les textes, mais devenue une pratique courante. Le dépositaire "ramasse" les bouteilles de son concurrent, c'est-à-dire qu'il rachète les consignes pour "placer" (c'est le jargon de la profession) ses propres bouteilles. Pour réaliser son "placement", les bouteilles sont vendues à un prix autour de 130DH, inférieur au prix auquel elles ont été achetées et qui est entre 180 et 200DH. C'est le prix du marché actuellement. L'épicier, bien entendu, réalise sa marge lorsqu'il revend les bouteilles aux consommateurs finaux ou même à un autre dépositaire.

    Rupture sur le marché

    Cette pratique de ramassage gêne ou fait l'affaire des centaines de dépositaires qui opèrent sur le marché. Mais elle génère d'autres abus. Il arrive que des bouteilles qui circulent dans le Nord par exemple soient "enlevées" et transportées jusqu'à une ville du Sud. Pour le consommateur, cela se traduit par des ruptures sur le marché. Il ne trouve pas de bouteilles de la même couleur (c'est-à-dire de la même marque) que celle qu'il possède. Il doit attendre que d'autres bouteilles soient remises sur le marché: des nouvelles bouteilles, ou qui viennent d'être remplies. On trouve aussi des bouteilles dans les marchés aux puces, les plus usuelles, celles de 12kg. Plus original encore: une récente enquête policière a mis à jour une exportation illicite d'un lot de 3.000 bouteilles vers la Mauritanie.

    Sécurité

    Certains responsables défendent le secteur, sur ces pratiques, en arguant que les sociétés qui effectuent le ramassage doivent avoir une trésorerie suffisante. "Il n'est pas facile de retirer du marché, en 48 heures 500 à 600 bouteilles du marché" poursuivent-ils, le retrait du marché posant aussi un problème de sécurité. Les bouteilles subissent normalement des tests de ré-épreuve tous les quatre ou cinq ans. Une plaque en aluminium, sur le haut de la bouteille, indique la date de la dernière épreuve. Lorsque les bouteilles sont cachées pendant une longue période, il n'est pas possible de les tester aux dates indiquées. Le test est sous la responsabilité des centres remplisseurs. Ce n'est d'ailleurs pas l'unique élément pour lequel le centre est responsable devant la loi au cas où un accident surviendrait. Lorsque l'âge des bouteilles atteint 25 ans, elles sont retirées du marché puis détruites.

    Normes

    S'agissant des bouteilles à proprement dit, trois types de sociétés interviennent. Celles qui se chargent du remplissage des bouteilles.: la SCP, Butagaz, Somepi, Afriquia et Maghreb gaz. Outre les intervenants qui s'occupent du contenu, il y a ceux qui se chargent du contenant. Ce sont toutes les sociétés qui fabriquent les bouteilles: la SCIF, la SCP, Metaghreb... Le troisième type d'intervenant englobe les distributeurs. Il existe sur le marché une vingtaine de sociétés: Afriquia, Fleurgaz, Sodipi, Sodipit, Ziz, Butagaz (Shell)... Chacun de ces distributeurs dispose d'une marque et d'une couleur propres. Les bouteilles achetées aux fabricants leur appartiennent. Le nom de la marque y est inscrit en relief. Elles répondent également à des normes strictement identiques en matière de poids, d'alliage, de résistance à la pression au moment du remplissage... Si certaines publicités, ou plus généralement une idée répandue tend à faire croire que les bouteilles sont différentes, les responsables affirment que "non seulement les normes de construction sont rigoureusement les mêmes, mais le type et le volume de gaz contenus dans les bouteilles est le même".
    Le gaz à usage industriel ou domestique (qui constitue la plus grande partie du marché) est, au Maroc, mis dans des bouteilles, puis vendu aux consommateurs. Le gaz provient du raffinage du pétrole. Il existe au Maroc deux grands centres de raffinage: celui de la Samir à Sidi Kacem produit moins de 200.000 tonnes par an, en butane et propane, et celui de la SCP à Mohammédia aux alentours de 70.000 tonnes.

    Hounaïne HAMIANI

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