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Boursicoteurs, nombreux mais sans influence réelle

Par L'Economiste | Edition N°:2648 Le 09/11/2007 | Partager

Haddi Gharib, président fondateur de la Société marocaine des analystes financiers (SMAF) revient sur les changements du profil des boursicoteurs, leur comportement et leur poids sur le marché de l’action - L’Economiste: Quel est le profil du boursicoteur d’aujourd’hui?- Haddi Gharib: Tout d’abord, il faut rappeler que notre marché a connu, depuis la réforme de 1993, des mutations qualitatives et quantitatives très significatives. La place se souvient encore de la montée en force des différents indices boursiers (IGB, remplacé ultérieurement par le Masi & le Madex, USI, CFG25...) entre 1993 et 1998 et surtout de la crise «longue durée» de septembre 1998 à juillet 2002. Ces évolutions contradictoires ont eu le bienfait d’«éduquer» les différents intervenants de la place, les professionnels et les particuliers. Le profil de ces derniers a également changé ces 5 dernières années. Au début des années 90, les boursicoteurs particuliers se limitaient à une élite socioculturelle très réduite, les CSP «A» et «A+» notamment. Aujourd’hui, motivés par le bon comportement de la Bourse de Casablanca, grâce à la correction de ses fondamentaux après la crise de 1998-2002, la restructuration des différents secteurs représentés à la cote casablancaise et l’accélération du rythme des introductions ces dernières années, de nouveaux profils de boursicoteurs particuliers ont émergé. Ce sont notamment des jeunes entrepreneurs, des cadres moyens et supérieurs, des acteurs des professions libérales… - Quelle est leur part dans les volumes d’actions traités en bourse? Dans quelle mesure impactent-ils le marché action?- Les boursicoteurs sont devenus aujourd’hui de plus en plus nombreux. Mais ils restent sans grande influence sur l’évolution réelle du marché action, si ce n’est l’effet psychologique éphémère à l’occasion de chaque nouvelle introduction en Bourse. Ce qui crée d’ailleurs de la surenchère gratuite sur certaines valeurs. Mais en l’absence de statistiques fiables, définissant le nombre de boursicoteurs particuliers actifs sur la place financière de Casablanca, et sachant qu’un même boursicoteur peut opérer via une ou plusieurs banques d’affaires à la fois, nous ne pouvons estimer avec précision leur nombre et encore moins leur poids ou leur part par rapport aux volumes d’actions traités en Bourse. Ceci dit, nous pouvons avancer, mais avec beaucoup de prudence, que, dans les meilleurs des cas, la part des boursicoteurs particuliers actifs ne peut dépasser les 20% au moment des nouvelles introductions et atteindre moins de 10% après 3 ou 4 semaines de cotation des valeurs introduites. Capacité de créer de la valeur- Qu’en est-il de la participation aux dernières introductions en Bourse?- Les différents chiffres qui sortent après chaque nouvelle opération d’introduction en Bourse font état d’un nombre compris entre 100.000 et 150.000 personnes physiques ayant effectivement exprimé des demandes de souscription. Ce qui représente, en général, entre 40 et 60% de la demande globale. En retraitant ces chiffres, nous pouvons estimer le nombre effectif des boursicoteurs particuliers à quelque 20.000 à 30.000 personnes dans les meilleurs des cas. Il ne faut pas oublier la mise à contribution des proches via des procurations temporaires pour accroître artificiellement leur taux de satisfaction. Dans le cas de l’introduction d’Atlanta par exemple, ce sont quelque 112.000 personnes physiques qui ont participé à cette opération. Elles ont représenté quelque 55% de la demande globale. - Quid des plus-values engrangées? - En principe, les placements en Bourse sont destinés à des horizons longs termes, plus de 10 ans. Mais cela n’exclut pas, pour un portefeuille donné, la réservation d’une quote-part ne dépassant pas en général les 20% à la spéculation «productive». Celle-ci est destinée à doper la performance globale du portefeuille, en profitant des données du marché, notamment les nouvelles introductions en Bourse ou toute autre opération sur titre à même de présenter une opportunité d’investir dans des valeurs à grand potentiel de croissance. Pour parler chiffres, et selon le profil du boursicoteur particulier, les gains dans ce type de placement en Bourse ne peuvent pas être très différents de ceux enregistrés par les indices de la place. Il y a certes ceux qui font mieux, en particulier lorsqu’il s’agit d’opérations relatives à une nouvelle introduction. Mais cela reste exceptionnel et ne peut pas être pris en considération quand on veut porter un jugement de fond sur une place financière et sa capacité de créer de la valeur en faveur de ses différents acteurs, particuliers ou institutionnels, nationaux ou étrangers. Les plus-values, réalisées par les boursicoteurs à l’occasion des nouvelles introductions, se situent à un niveau compris entre 40 et 120% net, sur un horizon de placement compris entre 4 et 12 semaines pour la plupart. Mais ne perdons pas de vue que ces mêmes boursicoteurs ont de fortes chances d’accuser des pertes considérables s’ils baissent la garde. Propos recueillis par Khadija EL HASSANI

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