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Courrier des Lecteurs

Bourse: Les administrateurs-banquiers refoulés par le Ministère

Par L'Economiste | Edition N°:636 Le 11/11/1999 | Partager



· Le commissaire du gouvernement a annulé le conseil d'administration du 8 novembre
· Il a déclaré illégale la présence des administrateurs-banquiers


Coup de théâtre à la Bourse de Casablanca. Lundi 8 novembre, les administrateurs arrivent au siège pour tenir un conseil prévu depuis une dizaine de jours. La rencontre s'annonçait comme explosive.
Première surprise, le Crédit du Maroc envoie un écrit annonçant que M. Ahmed Rahhou, DGA de la banque, a été de remplacé par M. El Houssine Sahib, directeur général de la société de bourse filiale. Deuxième surprise, trois absents: MM. Abdelouhab El Youssoufi, Mustapha Bakkouri et Ali Iben Mansour, respectivement représentants d'ABN-Amro Bank, BMCI et BCM. S'agit-il d'un projet de désistement, à l'image de celui du Crédit du Maroc, ou d'une simple coïncidence?
Les administrateurs présents n'ont pas eu le temps de trop y réfléchir. Le commissaire du gouvernement, membre permanent, s'est tourné vers les nouveaux banquiers-administrateurs pour leur faire savoir que leur présence à ce conseil est illégale. Le porte-parole des autorités monétaires n'y est pas allé par quatre chemins. Il a clairement expliqué aux nouveaux venus que leur nomination à ces postes va à l'encontre de la loi et des statuts en vigueur. Référence a été faite notamment à l'article 10 du dahir portant loi n°1-93-211 du 4 rabia II 1414 (21 septembre 1993) qui stipule que "la nomination de tout administrateur de la Bourse doit être soumise à l'approbation du ministre chargé des Finances". Mesure que les présidents de banque n'ont pas respecté dans leurs dernières nominations. Le représentant du Ministère n'a pas manqué de rappeler les termes de l'article 57 de la loi réglementant la SBVC et l'article 16 des statuts de cette institution.
Finalement, le conseil d'administration a été annulé jusqu'à nouvel ordre. A la place s'est tenue une réunion de travail informelle durant laquelle ont été présentées les réalisations de la Bourse ces derniers mois avec notamment les mesures prises en prévention du bug de l'an 2000. La discussion a ensuite débouché sur l'harmonisation des statuts avec la loi sur la SA.
A en croire quelques rumeurs, la BMCI et la BCM devraient suivre le pas du Crédit du Maroc et renommer à leurs postes les directeurs de sociétés de bourse dans les jours qui viennent.
Force est de constater qu'au lieu de réfléchir au développement de la place, aux moyens d'attirer les investisseurs étrangers et de rallonger la liste des cotables, les "têtes pensantes" de la Bourse s'en tiennent à des querelles de basse-cour, d'autant que les textes sont clairs et que les représentants des autorités monétaires sont là pour y veiller.

Hanaa FOULANI

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