×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Economie

Bourse, alliances internationales et SNI... Mourad Chérif s’explique

Par L'Economiste | Edition N°:964 Le 23/02/2001 | Partager

• Résultats en progression pour l’exercice 2000• Pas de fusion avec la SNI: «Cela ne servirait à rien»• Vivendi, Usinor, Lafarge, Auchan, Axa, Danone... Des cartes sûres pour la globalisation- L'Economiste: Quelles sont les grandes tendances des résultats de votre groupe pour l'année 2000?- M. Mourad Chérif: Nous sommes un groupe et des entreprises cotées en bourse. Je ne veux donc pas contrevenir aux règles du CDVM. Ce que je peux quand même vous dire, c’est que nos résultats sont en progression par rapport à 1999. D’une manière générale, nos branches exportatrices ont bénéficié de la hausse du Dollar. Les mines ont connu une progression remarquable, tant en volume qu'en valeur. Le secteur des ciments a également connu une belle évolution. Enfin, la sidérurgie et le secteur des produits de la mer (Marona) ont enregistré une amélioration sensible de leur activité. En revanche, l'agroalimentaire a été moyen, avec une année 2000 affectée par la sécheresse. Mais, je pense que la consommation est en train de repartir, en ce moment. Ce qui arrive à point nommé puisque l’ONA a considérablement développé son secteur grande distribution. Nous avons ouvert plusieurs hypermarchés Marjane. Marrakech a ouvert le 1er décembre 1999, Aïn-Sebaâ en septembre 2000 et Hay Riad à Rabat le 31 octobre et l'hypermarché d'Agadir sera inauguré le 28 février pour l'ouverture à la clientèle le 1er mars.- Ces résultats sont-ils dans la fourchette de vos prévisions?- Sans hésitation, je peux dire que oui et cela malgré une année difficile pour le secteur des assurances. Nous continuons de créer de la valeur pour nos actionnaires et pour tous ceux qui travaillent avec nous.Le psychologique et le rationnel- Comment jugez-vous la valeur des titres des sociétés du groupe cotées en bourse?- L'ONA en tant que groupe a bien performé. Si vous prenez l'évolution des cours depuis le début de la baisse amorcée en 1999, l'ONA s'est très bien comporté par rapport à l'indice général de la bourse. Aujourd’hui, avec l'évolution du groupe et l'amélioration de ses résultats, notre PER est relativement bas. Je pense que l'action vaut plus et je suis convaincu que l'annonce de nos résultats le démontrera. Je suis comme la plupart des observateurs, je ne comprends pas pourquoi les cours en bourse se comportent comme ils l’ont fait l’année dernière et au début de cette année. Prenez par exemple Managem. En juillet dernier, lors de l’introduction, il y avait 10 fois plus de demandes que de titres disponibles. La logique aurait voulu que le titre monte et ce, d’autant plus que Managem confirme bien ses prévisions de résultats. Or, ce n’est pas ce qui se produit. A mon sens, ces mouvements baissiers relevaient plus du domaine du psychologique que d'une logique rationnelle.- N’êtes-vous pas responsable de l’atonie de la bourse puisque vous avez fait des opérations stratégiques avec les institutionnels du groupe, lesquels ne jouent donc plus leur rôle d’animateur neutre du marché?- Ce n'est pas vrai. Je sais qu’on les accuse, comme vous le faites, de ne pas être très actifs. Or, nous avons été parmi les plus actifs en bourse. AXA Assurances Maroc a en particulier été très présente. Il faut que les compagnies d'assurances fassent leur métier et qu'elles placent leurs fonds selon des règles qui sont les leurs. Ceci dit, je partage l’avis de ceux qui pensent que l’animation en bourse est un tout. La décision du Ministère des Finances de donner plus de visibilité pour les taux me paraît bonne, car elle permet aux institutionnels de mieux faire leurs arbitrages et donc d’être plus présents sur le marché. La bourse est un moyen de drainer de l'épargne. Ce n’est ni un gadget ni un luxe. Aujourd'hui, il y a une volonté forte et le ministre des Finances l'a clairement exprimé. Il faut faire en sorte que les investisseurs qui avaient découvert la bourse aient confiance de nouveau. A nous, émetteurs, de leur montrer que nos sociétés sont bien gérées et performantes.- Quel est l’avenir de la SNI qui est vidée de sa substance puisque le management se fait à partir de l’ONA? Quel est l'intérêt de garder cette structure juridique?- Pourquoi dites-vous cela? Il faut distinguer entre les entités juridiques qui continuent d'exister et fonctionnent, d'une part et l'organisation d'un groupe en matière de management, d'autre part. Aujourd'hui, dans le cadre d'un management du groupe unifié, la SNI est contrôlée majoritairement par l’ONA. Le président de l'ONA est aussi celui de la SNI. Ce n'est pas par vain désir de cumuler les postes. C'est une question de cohérence d'organisation pour éviter des distorsions qui ne rapportent rien à personne. Nous sommes un groupe de gestion, non pas un holding financier. Actuellement, nous développons les différentes affaires sans être obligés de fusionner. Peut-être qu’il faudra une fusion ultérieurement, nul ne peut le dire. En tout cas, elle n'est pas à l'ordre du jour. Fusionner est une opération lourde et complexe et je ne vois pas en quoi elle pourrait aujourd’hui créer de la valeur pour les porteurs de titres. Je le répète, nous ne vidons pas la SNI de son contenu. Au contraire, nous l’enrichissons. Nous renforçons et développons les affaires de la SNI. C'est le cas par exemple des Brasseries du Maroc ou encore de Lafarge. Ces sociétés ont pris de la valeur et pu lancer de très grosses opérations grâce à la synergie qu’a apporté l’ONA. C'est grâce à l'entrée de l'ONA dans le tour de table de la SNI que cette dernière a pu, dans le cadre du deal conclu avec AXA, acquérir 17% que détenait Al Amane dans la SBM. Suite à cet accord avec AXA, les 15% que détenait la SNI dans Al Amane ont été repris par l'ONA avec une très belle plus-value pour la SNI. Notre préoccupation permanente est de défendre les intérêts des actionnaires. Rien n'empêche (même si rien n'est décidé) les supermarchés pour lesquels une nouvelle holding a été créée avec Auchan, à côté de Cofarma, que la SNI soit le partenaire juridique. Rien n’empêche non plus que la SNI puisse servir de support à des développements dans les NTI. Cependant, le pilotage opérationnel de la gestion et du management restera aux mains du groupe ONA.- Mais pour l’instant, l'ONA ressemble à un conglomérat. Or, la plupart des groupes dans le monde se recentrent pour avoir plus d'efficacité.- C'est une image fausse que certains nous collent. Nous ne sommes pas un conglomérat à la coréenne. Nous avons cinq grands métiers et quand nous ne créons pas de valeur, nous cédons; notre stratégie est donc parfaitement lisible. Le cours en bourse est une preuve de cette lisibilité. Et puis, n’oubliez pas que le groupe en tant que starter a un rôle et une mission de développement économique du pays. Nous pouvons initier une affaire, nous l’avons fait, et puis au cours de son développement, voir que nous ne lui apportons plus rien et qu’elle ne nous apporte rien. Donc, nous la cédons à qui fera mieux. Quel mal y a-t-il à cela? Vous préféreriez que nous gardions tout ad vitam aeterman? Ce n’est pas sérieux. L’ONA sait faire mieux que cela pour créer de la valeur ajoutée pour nos collaborateurs, pour nos actionnaires et pour le pays.- En quelques semaines, de grands rapprochements industriels ou financiers ont eu lieu dans le monde. Vous êtes liés à beaucoup d’entre eux. Qu’est-ce que cela veut dire pour vous?- Si nous étions vaniteux à l’ONA, je vous dirais que cela prouve que nous jouons dans la cour des grands. Mais ce n’est pas là qu’est le vrai sens à donner. Le vrai sens, c’est que le Maroc est entré dans la globalisation. Lafarge avec Blue Circle est devenu le numéro un mondial du ciment, nous avons une association avec Usinor-Arbed-Aceralia à travers Sonasid, des partenariats très poussés avec Axa, Danone et plus récemment avec Vivendi et Auchan. Le comportement mondial de ces groupes montre que nous avons eu la main heureuse en les choisissant. Maintenant, c’est à nous qu’il appartient de faire fructifier ces alliances. En fin de compte, qu’est-ce qui importe vraiment? C’est que nos produits et services, au Maroc, soient de qualité internationale, pas seulement pour tenir la concurrence, mais aussi avoir des réseaux mondiaux à travers lesquels nous pourrons développer des opportunités pour créer ici des emplois nouveaux.Propos recueillis par Meriem OUDGHIRI et Abashi SHAMAMBA


Changer de nom? Non merci

Les grands groupes mondiaux procèdent l'un après l'autre au changement d'appellation, surtout quand ils ont des ambitions globales. La question fait sourire M. Chérif: «Je ne crois pas beaucoup aux effets de mode«. L’ONA restera l’ONA. «Beaucoup nous appelle encore par notre ancien nom, l’Omnium Nord Africain». Pourquoi donc apporter un troisième nom?

Tourisme: Oberoï signe la semaine prochaine en Inde

L'ONA finalise un accord avec le groupe indien Oberoï dans le complexe Amelkis à Marrakech, avec une participation minoritaire dans certaines opérations. A l’occasion de la visite du Souverain en Inde, la semaine prochaine, seront signés le pacte d’actionnaires, le contrat de management et le contrat de royalties.Avec le groupe indonésien Aman Resorts, l'ONA est déjà associé dans un hôtel de luxe.Le groupe réfléchit enfin à l'éventualité de transformer son ancien siège sis, 52 avenue Hassan II à Casablanca, en une unité hôtelière de haut standing. Le projet a été présenté à plusieurs promoteurs éventuels. C'est un emplacement prestigieux que le groupe voudrait valoriser.L'ONA se dit également intéressé par le métier de développeur de zones touristiques, notamment le développement de nouvelles stations balnéaires.

Le titre ONA revient à la Bourse de Paris

L'ONA a réintégré la cote à la Bourse de Paris. La procédure a été engagée depuis trois mois. «Le fait d'y être présent est un plus pour l'image du groupe, même si le flottant est faible«, explique M. Chérif. Le simple fait d'y être admis constitue en soi un rating. Dès le mois de mars et plus tard en avril, M. Chérif entamera un road-show avec la Société Générale dans les principales capitales occidentales, New York, Boston, Londres et Paris, dans le cadre de l'animation du titre du groupe. Il est important, dit-il, de répéter ce type d'opération le plus souvent possible. «Aller au contact direct des analystes financiers étrangers et de fonds d'investissement mondiaux, leur exposer l'activité du groupe, leur expliquer ce qu'est ONA, que ce n'est pas un conglomérat à la coréenne, ni un groupe qui bénéficie de protections occultes comme certains voudraient le faire croire ou encore un groupe archaïque qui a pris des rides et qui a besoin d'un lifting«. En somme, «que ces acteurs sachent ce que nous faisons«, observe M. Chérif.
  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc