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Courrier des Lecteurs

Bourse: 600 entreprises sont théoriquement éligibles, mais...

Par L'Economiste | Edition N°:519 Le 01/06/1999 | Partager

· Le MCIA rend publics les résultats de son enquête

· Les conditions d'accès à la cote sont trop contraignantes

· La loi doit être révisée pour introduire IAM en bourse

Il faut élargir la cote. Oui, mais comment? C'est la question-phare qui préoccupe tous les tenants du marché financier. Mais, force est de constater que le schéma de l'assouplissement des conditions d'accès diffère selon chaque tribune.
Miroir de cette différence de conceptions, la table ronde organisée samedi dernier par les étudiants de l'Unité de Formation et de Recherche (UFR) "science de gestion'' de la Faculté de Droit de Casablanca, a mis en évidence la difficulté de rallier les visions.
En effet, pour le Ministère de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat (MICA), 600 entreprises industrielles sont actuellement éligibles à la cote. Selon une enquête effectuée par ce département, 42% des entreprises enquêtées envisagent de s'introduire en bourse à court et moyen termes. Huit d'entre elles déclarent pouvoir le faire dans un délai de deux ans. Il faut 3 ou 4 ans pour que six autres entreprises soient prêtes pour la cote, et 5 ans ou plus pour une dizaine d'entreprises.
L'enquête du MICA, qui a porté sur une centaine d'entreprises, a identifié les obstacles à l'introduction en Bourse. Ainsi, 43% des entreprises n'envisagent pas de recourir au marché financier, car elles sont réticentes à l'ouverture de leur capital aux tiers.
En seconde position, 29% des entreprises n'ont pas de culture boursière. Elles ignorent complètement les conditions d'inscription à la cote. Et enfin, 18% de l'échantillon jugent la publication régulière des comptes contraignante.

Deux autres contraintes se sont dégagées de cette étude. Pour certaines entreprises désireuses de s'inscrire à la cote, l'organisation requise leur fait défaut. Pour d'autres encore, le coût de l'introduction en bourse n'est pas incitatif. Aussi, M. Abderrahim Aquesbi, chef de la Division Recherche et Innovation au MICA, recommande-t -il un plan d'actions dont la priorité est donnée à trois orientations.
D'abord, il serait nécessaire de recommencer une campagne d'information ciblée. L'objectif serait d'éliminer les préjugés qui entourent la bourse. Le plan d'action préconise également de trouver de nouveaux instruments de financement et d'accompagnement (que M. Aquesbi n'a pas eu le temps d'expliquer). Il est question aussi d'assouplir les conditions d'introduction en bourse en ramenant le seuil/capital à une fourchette de 5 ou 7 millions de DH.
Cette dernière proposition ne semble pas recevoir l'assentiment des tenants de la bourse. Ceux-ci s'orientent plutôt vers deux solutions. La première parle de la création de deux autres compartiments dont l'un serait destiné aux PME-PMI. Le deuxième compartiment, lui, serait consacré aux grands projets structurels. Sa cible serait les organismes de concession ou encore ceux privatisables. Ce faisant, une révision de la loi régissant la bourse s'impose. L'objectif est de permettre aux organismes qui n'ont pas cumulé trois exercices certifiés, de se financer via la bourse. D'ailleurs, la privatisation d'Itissalat Al-Maghrib doit impérativement passer par cet amendement. Pour cause, l'opérateur national des télécoms s'est converti en société anonyme en 1996. Il n'a donc pas atteint les trois exercices certifiés exigés par la loi pour faire appel à l'épargne publique.

En outre, selon M. Aziz El Kalii de la SBVC, l'assouplissement des conditions d'accès à la bourse peut se réaliser par la création de groupes de cotation. Ces derniers seraient constitués de types distincts de sociétés dont la candidature devrait être étudiée au cas par cas. Un comité composé de tous les intervenants à la bourse serait chargé de se prononcer sur la recevabilité ou non de l'introduction. Un projet relatif à cette organisation est actuellement à l'étude à la place financière casablancaise.
Par ailleurs, M. Abdellatif Mazouz, directeur de Développement du Centre Marocain de Conjoncture, lui, propose de garder ouverte et permanente la possibilité de mise à niveau comptable des entreprises qui aspirent à recourir à la bourse. Cependant, les candidates doivent présenter un plan de développement convaincant. Cette condition devait, selon lui, conditionner la plupart des introduction en bourse. Or, d'après son analyse, la cote est dominée par de simples transferts d'actions. La privatisation en représente 72% et prélève 70% des capitaux. "Les épargnants devraient se méfier de ces transferts non accompagnés de plan de développement'', estime-t-il. Ce qui veut dire que les introductions en bourse qui se font sans perspectives d'avenir n'apportent pas de garantie pour l'épargnant.
En somme, l'un comme l'autre, les intervenants sont unanimes quant à la nécessité d'élargir la cote. Il n'en demeure pas moins qu'un travail de concert fait défaut. En cogitant chacun de son côté, les acteurs de la bourse risquent d'accoucher d'une réforme qu'il faudrait encore une fois réformer dans quelques années. Pour preuve, la réforme de 93 n'a pas tout prévu, car, paraît-il, elle avait ses propres priorités.


La thématique


L'organisation d'une table ronde sur les conditions d'accès à la bourse n'est pas fruit du hasard. C'est une thématique mûrement réfléchie. Sa source se situe dans un bilan boursier tant positif que négatif. La place financière de Casablanca a en effet réussi depuis sa réforme une bonne performance avec 145 milliards de DH de capitalisation à fin 1998. Toutefois, l'apport quantitatif reste faible avec seulement 55 sociétés cotées en bourse. La place demeure ainsi modeste en comparaison avec des marchés émergents. Beaucoup de travail reste donc à faire. L'élargissement de la cote en est le chantier principal.

Khalid TRITKI

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