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Biodiversité
Une stratégie, mais un grand ratage

Par L'Economiste | Edition N°:3316 Le 09/07/2010 | Partager

. Les objectifs fixés en 2002 pas atteints. Le Maroc aussi a pris du retard LE rendez-vous est prévu, à Nagoya (Japon), en octobre prochain. Le Maroc y sera présent. La rencontre est cruciale et les 192 pays membres des Nations unies auront des comptes à rendre. En effet, les objectifs de biodiversité, fixés en 2002, n’ont pas été atteints. Comble de l’ironie, ce rendez-vous manqué avec l’histoire écologique universelle se produit au moment où la terre entière a déclaré 2010 Année internationale de la diversité biologique! Les preuves sont là. Les perspectives mondiales de la biodiversité-3, présentées en mai dernier à Montréal, ont pointé du doigt la nonchalance, l’inconscience, voire le cynisme des Etats. Leurs conclusions sont catégoriques: «Le monde a échoué (…) à réduire de manière significative le taux de perte de biodiversité en 2010». Pour arriver à ce constat, le rapport de l’ONU s’est appuyé sur des évaluations scientifiques des 110 rapports nationaux et sur une étude des scénarii futurs pour la biodiversité. Finalement, aucun gouvernement ne peut se targuer d’avoir atteint complètement les objectifs de biodiversité et près d’un-cinquième d’entre eux l’ont quasiment raté. Dix des 15 indicateurs principaux figurant dans la Convention sur la diversité biologique (CDB) démontrent des tendances défavorables. Convention que le Maroc a ratifiée en 1995. Ashim Steiner, directeur exécutif du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), met en exergue «les motifs économiques clés» qui expliquent ce ratage: «De nombreuses économies restent aveugles à la valeur immense de la diversité animale, végétale… Et à leur rôle dans la santé et le fonctionnement des écosystèmes». Il suffit de citer le crime écologique dont est victime l’Amazonie. Déforestation et incendies tuent le poumon de la Terre. «Les nouvelles ne sont pas bonnes. Nous continuons à perdre la biodiversité à un rythme jamais vu dans l’histoire: le taux d’extinction est 1.000 fois plus élevé durant ce 21e siècle…», déplore le secrétaire exécutif de la CDB, Ahmed Djoghlaf. C’est un record historique! Exemple: plus d’une soixantaine de races d’élevage se sont éteintes durant la décennie 2000!On peut encore se rattraper «si des mesures rapides, radicales et créatives sont prises», prévient-on auprès des Nations unies. Y parviendra-t-on avant le Sommet de la biodiversité de Nagoya? Car il faudra par exemple renforcer les zones protégées, consommer avec modération les ressources naturelles (eau, bois…), éviter les «subventions perverses» (industries polluantes)…. Avant le Sommet de Nagoya, les chefs d’Etat et de gouvernement doivent d’abord accorder leurs violons lors d’une session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations unies le 22 septembre à New York. Le Sommet sur la biodiversité devra aboutir à l’adoption d’objectifs pour la décennie qui s’annonce. En attendant Nagoya et malgré quelques initiatives (voir page 4), la situation n’est guère reluisante au Maroc. Pour preuve: le rapport national sur la diversité. Publié en février 2009 par le secrétariat d’Etat chargé de l’Environnement, il révèle que «la tendance générale est à la dégradation et que d’importantes menaces pèsent sur la biodiversité». Là aussi notre pays n’échappe pas au diagnostic dressé au niveau international: «Les écosystèmes sont de plus en plus touchés par les activités économiques et la croissance démographique». Agriculture intensive, urbanisation, pollution… Le Rif central est présenté comme un cas extrême où plantes et animaux se raréfient. Pourtant, le Maroc a été l’un des premiers pays à ratifier la Convention sur la diversité biologique qui a abouti, entre autres, à référencer 154 sites d’intérêt biologique et écologique.

Ecologie, un slogan juste pour faire joli?
Malgré une stratégie nationale de la biodiversité 2004-2010, il y a eu beaucoup d’improvisation et un grave manque de coordination. Cette stratégie est pourtant une re-transposition des recommandations du Sommet de Rio de Janeiro et de sa convention sur la biodiversité. Le Maroc devrait en principe faire le bilan pour prétendre à des fonds de soutien pour la protection de l’environnement. Le rapport sur la biodiversité en relate l’échec. Il parle de «question institutionnelle» pour dire tout simplement que le secrétariat d’Etat chargé de l’Environnement, la cellule de biodiversité et le Comité national de biodiversité «n’ont pas assez de moyens pour accompagner la CDB et pour constituer une vraie force motrice…». Plus grave encore, le Maroc a établi et validé en 2004 des stratégies et des plans d’action pour la biodiversité. Mais ils «n’ont pas pu être mis en application à cause de l’insuffisance de coordination». Facteur jugé le «plus important». Et là, ministères, offices et haut-commissariat aux eaux et forêts se partagent les responsabilités. Ce n’est donc pas seulement une «question de moyens», mais de volonté surtout. Finalement, beaucoup d’argent et de temps ont été gaspillés pour pas grand-chose.Faiçal FAQUIHI
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