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Economie

Biodiversité
Un laboratoire d’un million d’hectares

Par L'Economiste | Edition N°:3316 Le 09/07/2010 | Partager

. Le projet a duré neuf ans et a coûté 11 millions de dollars. Lutter contre le défrichement, le surpâturage et le déboisement. Gestion des ressources naturelles, l’enjeu de l’autorégulation Neuf ans d’expérimentation, un budget de plus de 11,2 millions de dollars et une superficie d’un million d’hectares environ. Voici quelques détails sur un projet capital visant la préservation de la biodiversité. C’est dans le versant sud du Haut-Atlas, région Ouarzazate et Zagora plus exactement, qu’un projet sur «la conservation de la biodiversité par la transhumance» a été lancé en 2001. Le 2e du genre après celui lancé en Mongolie. Un pays connu aussi par ses nomades qui vivent dans les immenses steppes. Montagnes (chaîne de Saghro), plaines, plateaux… des territoires géographiques où vivent quatre tribus réparties sur 13 communes rurales. Ce projet ne cible pas seulement une région connue pour abriter 41% des mammifères sauvages du Maroc! Ce sont plus de 200.000 habitants –si l’on y ajoute trois autres communes urbaines- qui se trouvent concernées par un projet qui s’insère dans la mise en œuvre de la Convention sur la diversité biologique. Elle-même ayant constituée un des trois prolongements juridiques du Sommet de la terre tenu en 1992 à Rio Janeiro: il y a une convention sur le réchauffement climatique et la désertification. C’est dire que ce projet -où le Fonds mondial pour l’environnement a misé plus de 4 millions de dollars- a aussi une dimension internationale avec… des obligations! (Voir p 6). Si l’on se fie à un bilan détaillé présenté le 21 juin à Ouarzazate, tout porte à croire que ce projet sur la conservation de la biodiversité par la transhumance a «tenu ses promesses». Il fallait donc lutter contre le défrichement et les implantations incontrôlées sur des terrains agricoles, déboisement, surpâturage… Avec aussi un volet anthropologique qui s’attache à ressusciter les coutumes qui règlent la gestion des ressources naturelles (répartition d’eau, de zones de pâturage…). Le ministère de l’Agriculture et de la pêche qui s’est chargé de son exécution a fixé ainsi des objectifs tels que «la mise en œuvre de plans intégrés de la conservation de la biodiversité». C’est dans cette perspective qu’ont été établis six plans de gestion de ressources naturelles couvrant 750.000 hectares. «Il y des plans dits intégrés qui sert d’abord à nos actions d’interventions et comme document ensuite pour postuler à des fonds de soutien. Les plans d’aménagement sont un acquis dans la mesure où ils servent à référencer la faune animale et végétale et les spécificités anthropologiques de la région», selon Ahmed Ramdane, haut cadre de l’Office régional de mise en valeur agricole d’Ouarzazate. Il fait partie de l’équipe ayant travaillé sur le projet biodiversité au sud du Haut Atlas. Parallèlement, des études sur la transhumance et le foncier pastoral en forêt ont été élaboré. Ils serviront à préparer un plaidoyer en faveur de la sécurisation du foncier pastoral: «ce plaidoyer sera envoyé aux décideurs (ministères, parlementaires…) pour adopter une réforme juridique», indique Ramdane. Les terres collectives sont en effet régies par une loi qui date de 1919. C’est dans cette logique que 69 organisations ont été créées. Il s’agit d’associations de conservation de ressources naturelles ou de comité de gestion de territoire notamment. Question de renouer avec un système d’autorégulation ayant fait ses preuves durant des siècles, via par exemple la Jamaâ. Institution communautaire qui se charge de gérer les affaires de la tribu, arbitrer les différends…Qui mieux que les autochtones sont aptes à déterminer leur besoins et la manière de les satisfaire? Les enseignements de l’anthropologie rappellent à ce titre qu’un projet où les populations locales ne sont ou ne se sentent pas impliquées est voué à l’échec. Quelques réalisations se démarquent comme la création à Ouarzazate d’un centre d’information sur la biodiversité et la transhumance, création de deux écoles pour la scolarisation d’une quarantaine d’enfants de nomades à Mgoun, formation à la gestion des points d’eau, de l’espace et à la conduite de troupeau… Pour inciter à la conservation de la biodiversité, 23 fonds renouvelables ont été créés pour un montant global de 815.000 DH. Au-delà des effets d’annonce, il ne suffit pas de lancer des chantiers seulement. La pérennité d’une idée, d’une politique ou d’un projet dépend de ses relais sur le terrain. Il s’agit ici de donner une vrair vie à tous les chantiers ayant été initiés (observatoire, fond, école…). Sur ce coup là, les pouvoirs publics autant que les populations cibles sont dans le même bateau. Sinon la contribution de 23.600.321 DH versée par le gouvernement n’aura pas finalement servi à grand-chose. D’autant plus que le Maroc a déjà un grand retard à rattraper.Faiçal FAQUIHI

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