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Biodiversité: Pas d'accord sur les principes de base

Par L'Economiste | Edition N°:452 Le 26/02/1999 | Partager

Le protocole d'accord sur l'étiquetage des organismes génétiquement modifiés n'a pas été adopté. S'il avait été adopté tel que proposé, les pays qui imposeraient cette procédure pourraient être accusés de dresser des barrières au commerce.

Il n'est plus question d'accord concernant la biodiversité. Après dix jours de discussions, les 138 gouvernements représentés lors de la dernière assemblée plénière (sur les 174 ayant ratifié la convention sur le sujet) en Colombie ont simplement décidé à la fin des travaux le 24 février de remettre à "plus tard" l'adoption du protocole, dans des conditions qui restent à définir.
Ce protocole de la convention des Nations Unies sur la biodiversité vise à maîtriser les risques de dissémination liés aux organismes génétiquement modifiés (OGM) dont le premier producteur mondial n'est autre que les Etats-Unis.

Bataille sur l'information


Quatre projets de compromis pour ce protocole sur la prévention des risques biotechnologiques ont été présentés lors des réunions. Mais les points en litige demeuraient patents en dépit de différentes tentatives pour débloquer la situation.
Cet échec fait suite à six réunions en trois ans du groupe de travail spécial mandaté par la Conférence de la convention sur la biodiversité à Djakarta en 1995, chargé de rédiger ce texte.
Les ultimes négociations, cette semaine, n'ont permis que de constater les désaccords persistants entre pays producteurs d'OGM et le reste du monde.
Les pays producteurs de ces organismes se sont opposés à certaines dispositions de l'accord, en particulier celles sur la procédure d'information préalable, l'identification obligatoire des organismes d'OGM et sur les compatibilités avec les autres accords internationaux.
Le projet du groupe de travail imposait en effet l'identification des cargaisons d'OGM, leur conditionnement et le respect des conditions de sécurité pour éviter toute atteinte à la biodiversité et à la santé. Le texte prévoyait également que les dispositions du protocole ne devaient pas affecter les obligations découlant d'un autre accord international, "sauf si cela affecte gravement la diversité biologique ou la mettrait en péril". Le groupe de Miami (Etats-Unis, Canada, Australie, Argentine, Chili Uruguay) a rejeté cette exception. Ces pays affirment qu'un tel système est inapplicable et "obligerait à placer une étiquette sur chaque sac de céréales exporté et surtout à séparer les produits modifiés des autres", ce qui n'est pas le cas actuellement.
A contre-courant, l'Union Européenne a fait de cette question de l'identification une
exigence minimale, tout comme les pays en développement (G77/Chine) et une majorité des pays d'Amérique latine.
Entre les uns et les autres, les ONG ont manifesté leur mécontentement et exigent une prise de position dans les plus bref délais.


La biodiversité prise en otage


Dans les turbulences politiques, les industriels des biotechnologies, regroupés dans une coalition mondiale de l'industrie, se sentent menacés et affirment que "la biodiversité est prise en otage". Pour eux, l'objectif initial du protocole qui est de s'assurer que les bénéfices croissants de la biotechnologie ne se font pas aux dépens de la biodiversité, est sérieusement menacé par "des positions agressives et sans fondement".
Aussi ces industriels ont-ils élaboré leur propre plate-forme sur le futur protocole dont l'objectif doit être, selon eux, "limiter aux OGM qui peuvent avoir un effet négatif sur la biodiversité". Le protocole ne doit donc pas couvrir "les produits non-viables des OGM, les médicaments et produits de santé, les OGM transitants à travers un pays et les matières premières non destinées à être relâchées dans l'environnement".

Abdelaziz MEFTAH

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