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Société

Béni Mellal plombée par l’exode rural

Par L'Economiste | Edition N°:2854 Le 05/09/2008 | Partager

. Les paysans fuient leurs communes . Le taux de pauvreté y est de 32,7% Naour, Boutferda, Beni Chegdale, Foum El Anceur... ces communes, situées aux confins de Béni Mellal, ne disent rien à personne. On n’en parle jamais, mais on les évoque souvent lorsqu’il s’agit de pauvreté. Une frange importante de la population vit sans ressources, en montagne, dans la plaine, parfois dans le dénuement total. On retrouve la trace de ces bourgades perdues sur les cartes établies par l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH) indiquant les zones défavorisées. Le nombre d’habitants dans ces contrées ne dépasse jamais les 10.000. Pour situer ces villages et la misère qui y règne, il faudra partager le quotidien des villageois où le manque ne fait jamais l’exception. Ces communes à forte composante rurale ont des taux de pauvreté qui atteignent des pics de 32,70%. C’est Naour qui caracole en tête et qui détient ce record. Elle est suivie de Boutferda dont les 6.300 âmes partagent un taux de pauvreté évalué à 22,93%. A Foum El Anceur, ce taux s’est établi à 16,53%. Sur les 38 communes que compte Béni Mellal, les zones rurales sont les plus touchées par la pauvreté. Les chiffres sont éloquents. Les communes les plus pauvres sont les moins peuplées et l’exode rural n’est pas étranger à ce phénomène. A titre d’exemple, Naour, reconnue comme étant la zone la plus pauvre de Béni Mellal, compte à peine quelque 6.400 âmes, même chose pour Boutferda, un peu plus à Beni Chegdal qui abrite 11.500 personnes contre 82.000 à Fquih Ben Salah où la plaine irriguée permet un meilleur niveau de vie aux populations. Le taux de pauvreté dans ce petit centre à composante urbaine a atteint 10,3% et le niveau de vulnérabilité a été estimé à 13,79%. Le nombre des habitants augmente au fur et à mesure que l’on descend vers la ville. Mais l’une des spécificités de Béni Mellal, c’est qu’en nombre, les populations rurale et urbaine sont à égalité. En effet, sur les quelque 946.000 personnes que compte la circonscription de Béni Mellal, le nombre des populations rurale et urbaine sont respectivement de 498.688 et 447.330 personnes. Mais ce n’est pas le seul point de rapprochement entre les deux populations. L’enquête du HCP démontre que le taux de pauvreté dans les deux groupes humains est presque identique. 8,73% chez les ruraux et 9,76% chez les urbains. Ce taux, certifie-t-on à l’INDH de Béni Mellal, englobe tous les paramètres de pauvreté, à savoir la pauvreté alimentaire, l’accès à la santé et à la scolarisation ainsi que les revenus des ménages. La précarité des ménages traduit aussi une vulnérabilité. Cette dernière correspond, selon la définition du HCP, à «la fraction de la population qui est au-dessus du seuil de la pauvreté relative, mais qui risque de se trouver en deçà de ce seuil si des aléas de différentes sortes affectent leur situation économique et sociale». Le contexte des campagnes marocaines admet, en effet, un taux de vulnérabilité important qui est nettement supérieur à celui des villes. Ce taux s’est établi à 13,18% en urbain contre 20,30% en rural. Il est donc nettement supérieur à celui de la pauvreté. Celle-là diminue au fur et à mesure qu’on descend vers la plaine. Des zones tampon sont situées au piemont, telle Dir El Ksiba: le taux de pauvreté dans cette zone baisse jusqu’à 4,6%, mais elle est confrontée, paradoxalement, à un taux de vulnérabilité de 15%. Des villages sont désertés, de nouvelles villes naissent. Les populations rurales sont vulnérables, elles sont touchées par les aléas climatiques. La misère et les conditions de vie difficiles ont engendré des déplacements de populations importants. Selon Mohammed Outoulout, chef de la division Action sociale à la wilaya de Béni Mellal, «il y a d’incessants mouvements de populations. On voit des villes qui émergent comme El Ksiba, Zaouiat Cheikh, Ouled Ayad». Les raisons de ces déplacements sont, bien évidemment, la subsistance et la survie. «On part par désespoir ou dans l’espoir d’améliorer ses conditions de vie. On immigre ainsi vers les zones d’activité commerciale. Seulement, les déplacements des populations se font vers les centres les plus proches». Dans les plaines irriguées, comme Semgat, Ouled Saïd, les populations sont moins pauvres que celles des autres bourgades perchées en montagne. Cette terre nourricière permet moins de précarité qu’ailleurs. Le taux de pauvreté a été estimé à 8,3%, mais la vulnérabilité les guette aussi.Amira KHALFALLAH

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