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    Politique

    Benatiq: Une ascension à la Bayrou?

    Par L'Economiste | Edition N°:2488 Le 20/03/2007 | Partager

    . Un meeting 100% femmes organisé dimanche. Plus de 6.000 mobilisées. Objectif des travaillistes, «réconcilier la femme avec la politique»A en juger par l’ambiance qui régnait dimanche après-midi lors d’un meeting de mobilisation à la salle Ben Yassine, la démarche du «Labour party marocain» fait mouche. Comme annoncé, le parti de Benatiq a tenu sa promesse et a pu rassembler plus de 6.000 femmes venues de différentes régions. De la sexagénaire aux 18-20 ans, des femmes sahraouies aux comédiennes, membres d’associations et cadres... jusqu’à la ménagère de l’arrière-pays. Un ensemble très hétéroclite et assez représentatif du tissu social. La salle était archi-comble des gradins au terrain. Il faut le faire, en dehors du sport, pour un dimanche après-midi!«Nous avons relevé le défi. Pour compter le nombre des invitées, nous avons tenu à distribuer des pin’s. Ce qui nous a permis d’avoir le nombre exact des femmes qui ont répondu présentes. Et nous avons distribué exactement 6.800 badges lors de ce rassemblement», souligne, catégorique, Mohamed El Ouchari, membre dirigeant et fondateur du parti aux côtés de Abdelkrim Benatiq. Côté logistique, le 34e parti a mis les petits plats dans les grands: casquettes, pin’s, écrans géants, TV plasma, projecteurs, tapis rouges déroulés, habillage des gradins aux couleurs du parti... Rien ne filtre cependant sur le financement de cette opération ni encore son budget. En apparence en tout cas, le PT n’a rien à envier aux grandes formations nanties: plusieurs dizaines de bus et autocars mobilisés pour la circonstance, de nombreuses femmes se sont déplacées par leurs propres moyens. Du début à la fin, le meeting était très verrouillé de façon à pallier tout risque de dérapage. Dès qu’il a fait son apparition, le chef des travaillistes a été fortement applaudi par un auditoire bigarré qui répétait en chœur: «Camarade Benatiq, nous sommes sur la même voie. Vous avez notre soutien».Selon le leader du parti, le rassemblement a connu un franc succès, les femmes sont venues nombreuses de toutes les régions du Maroc. «C’est simple, notre objectif à travers ce meeting est non seulement de mobiliser, mais aussi et surtout sensibiliser et réconcilier la femme, toutes couches sociales et régions confondues, avec la politique. Mais aussi traduire les valeurs du parti sur le terrain», confie Benatiq à L’Economiste au terme de l’événement. Selon le secrétaire général, «le parti vient encore une fois de confirmer sa force de mobilisation auprès des jeunes et des femmes qui ont un rôle majeur à jouer pour confirmer l’émergence d’une nouvelle classe politique». Rappelons que le parti de Benatiq a pu rassembler 8.000 jeunes en décembre 2006 à Rabat. Un exploit! Même les grandes formations n’arrivent plus à mobiliser autant de sympathisants. De nombreuses associations et formations politiques se demandent comment procède le parti pour mobiliser autant de monde dans un contexte où les sondages martèlent, à qui veut l’entendre, que les Marocains boudent la politique.Pour Benatiq: «Ces rencontres confirment une fois de plus que les Marocains ne sont pas si éloignés de la politique. Ils confirment tout simplement leur rejet catégorique de la langue de bois». La «virginité politique» du parti en est aussi pour quelque chose.Le meeting des travaillistes a été marqué par la présence de Nouzha Skalli, députée du PPS, venue en tant qu’amie du parti. La députée a eu droit à une standing ovation de l’ensemble des femmes présentes. Elles ont salué en elle un symbole, celui de l’une des premières députées à avoir siégé dans l’hémicycle. Skalli a même tenu un discours pour exhorter les femmes non seulement à voter, mais à se porter candidates dans les prochaines législatives et communales. «Vous devez savoir que les femmes ne représentent pas plus de 0,58% des élus municipaux. Sur 24.600 élus communaux, les femmes ne sont à peine que 127», a-t-elle tenu à rappeler. Et d’ajouter que le nombre de candidates a tout de même considérablement augmenté de 1997 à 2003, passant de 1.650 à 6.000. En revanche, le nombre de femmes élues est resté pratiquement le même. C’est dire, déduit Skalli, que les règles du jeu doivent changer. Mais pas seulement. Pour elle, «la femme doit sortir de l’ombre et s’imposer par sa forte participation». . «Elections propres»Autre figure de proue invitée au meeting, Noureddine Ayouch. Le président de l’Association Daba 2007 s’est pour sa part adressé aux femmes: «Il n’y a pas de démocratie réelle ni de développement social sans une forte implication de la femme». Tout au long du rassemblement, le chef du parti a préféré la darija au lieu de l’arabe classique barbant et inintelligible de plusieurs zaïms de partis traditionnels ou dits conservateurs. Il a tenu à présenter les membres dirigeants du parti, et à leur tête Driss Benboubker, un septuagénaire et ancien colonel de l’armée de Libération. Tout au long de ses interventions, le chef des travaillistes a insisté sur la lutte contre la corruption, particulièrement l’achat des voix lors des élections. Le PT fait le pari d’élections «propres». «Il n’y a pas de différence entre les acheteurs de voix et les enrôleurs du terrorisme. Les deux sont des ennemis de la démocratie et exploitent la pauvreté et l’ignorance», assène Benatiq.Le SG du parti n’a pas cessé d’interpeller les femmes: «On vous a fait venir sans contrepartie. Si vous devez être des nôtres, c’est seulement par conviction et pas autrement». Au terme de l’événement, le message des travaillistes était sans équivoque: «Votez pour qui vous voulez, mais votez surtout propre». Mission accomplie. ❏


    Vous avez dit pré-campagne?

    Aux critiques du parti qui lui reprochent de mener une pré-campagne électorale, les travaillistes rétorquent: «Absolument pas!»A tous ceux qui accusent le parti de Benatiq de mener tambour battant une campagne électorale avant terme à travers la mobilisation massive des jeunes, puis après des femmes, dimanche dernier, les dirigeants s’en défendent fermement. Pour El Ouchari, membre du Bureau politique: «Rien n’empêche les partis de mobiliser leurs sympathisants et amis. Pour nous, la mobilisation doit se faire en permanence et pas uniquement à la veille des élections ou pendant les congrès. Au parti, nous nous sommes engagés à organiser des rassemblements pendant et en dehors des élections». Quant à ce 1er rassemblement des femmes, «c’est un gage de la forte mobilisation, il faut le reconnaître, dans un contexte où tous les sondages pointent du doigt le manque d’intérêt des Marocains envers la politique». Selon Benatiq, «l’événement a été préparé depuis le mois de janvier et s’inscrit dans le plan d’action du parti, lequel considère les jeunes et les femmes comme étant des relais de la mobilisation pour une forte participation aux élections». Et d’ajouter, ces actions de mobilisation visent à renforcer la politique de proximité, la sensibilisation et la réconciliation des Marocains avec la politique. Amin RBOUB

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