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Affaires

Bataille autour d'une carrière près de Bouskoura

Par L'Economiste | Edition N°:1166 Le 17/12/2001 | Partager

. Guerre ouverte entre la société Grabal et la Commune d'Ouled Salah. L'exploitant se dit «victime d'un acharnement du président»A Ouled Salah (Province de Settat), on ne parle que du conflit opposant la commune à la société Grabal(1), qui exploite l'une des plus importantes carrières de gravette et de ballast de la commune. Sur instruction du gouverneur de Settat, le caïd d'Ouled Salah s'est abstenu de signer le document nécessaire à la livraison d'explosifs utilisés lors de l'exploitation de la carrière(2). Ce sont là les derniers rebondissements.Le différend entre ces deux protagonistes ne date pas d'hier. Le patron de Grabal, Haim Henri Cohen, accuse Mohamed Rafik, le président de la commune de vouloir «fermer la carrière» par tous les moyens. Ce dernier s'en défend vigoureusement et précise que «les problèmes de Grabal avec la commune existent avant même que je n'y vienne(3)».Selon la Commune d'Ouled Salah, «la société Grabal est un mauvais payeur. Elle doit à la commune un peu plus de 7 millions de DH de taxes locales et taxes affectées». «Ce chiffre est estimatif et jusqu'à présent, aucune expertise fiable n'a été réalisée», précise Patrick Cohen, directeur commercial de Grabal et fils du patron.Il reconnaît néammoins que sa société avait des retards de paiement. En 1996, à l'issue d'une réunion avec les responsables communaux, Grabal avait accepté de procéder à un remboursement partiel d'environ 1,2 million de DH. La commune demeurant libre de procéder à une révision fiscale.C'est d'ailleurs ce qu'elle compte faire dans les prochains jours. Un topographe sera désigné pour déterminer, avec exactitude, le tonnage extrait de la carrière et par conséquent les sommes dues par Grabal. A noter que les carrières paient à la commune 3 DH pour chaque m3 extrait.En plus du volet fiscal, la commune reproche à Grabal de ne pas respecter le cahier des charges. Parmi les mesures non appliquées par Grabal, figure l'aspect environnemental. En mars 1999, la direction provinciale de l'Equipement, autorité de tutelle pour les carrières, adresse un avertissement à Grabal l'incitant à payer ses dettes à la commune. L'Equipement par la même occasion rappelait que la commission chargée du contrôle des carrières avait noté de graves irrégularités dans la gestion de l'exploitation.Cohen reste catégorique: «Nous plantons des arbres, mais ils sont systématiquement arrachés sur ordre du président de la commune». A ce titre, une action pénale a même été entamée contre lui par Grabal. Cette dernière accuse le président d'arracher également les panneaux de signalisation.En mai 1999 déjà, une expertise a été ordonnée par le Tribunal de première instance de Hay Hassani à Casablanca. La conclusion de l'expert était accablante: «La poursuite de l'exploitation de cette carrière représente un danger réel pour son environnement proche ainsi que pour la santé des habitants». Les reproches ne s'arrêtent pas là.Toujours conformément au cahier des charges, la carrière doit être exploitée «en escalier». Une mesure qui n'est pas respectée par Grabal. «Elle est techniquement et financièrement irréalisable», estime Patrick Cohen. Ce n'est pas tout. Il y a aussi la question de la poussière qui se dégage de la carrière. A ce niveau, le responsable de Grabal explique qu'avec les problèmes de sécheresse, «l'arrosage des sites est devenu impossible».Autre pomme de discorde entre les deux parties: l'expropriation.Le terrain où se trouve la carrière -celui-ci appartient à Sexcam, une autre société du groupe Cohen- est mitoyen de l'autoroute Casablanca-Settat. Les Autoroutes du Maroc (ADM) ont prévu la construction d'un pont reliant l'autoroute à la région. La commune doit également participer à l'opération en construisant une route en amont du pont. Pour ce faire, la commune a procédé à l'expropriation du terrain nécessaire. Une procédure habituelle, sauf que le terrain en question appartient à Sexcam. «Les responsables de Grabal ont pendant longtemps bloqué les travaux de construction du pont en déversant des amas de sable et de gravier», affirme-t-on à la Commune d'Ouled Salah. Cette route servira à désenclaver la zone industrielle et la zone résidentielle d'Ouled Salah.C'est donc la guerre ouverte entre les responsables de la carrière et la commune. Le président de cette dernière assure vouloir assainir la situation de toutes les carrières. Grabal est l'une des plus importantes carrières que compte la commune, mais il y en a une douzaine au total.Quant au sort des travailleurs (100 selon Grabal), Mohamed Rafik, le président de la commune était clair: «Si la carrière est fermée, la commune est capable de trouver un emploi stable à tous ses travailleurs». Abdelmohsin EL HASSOUNI(1) Grabal appartient au groupe Cohen qui possède également, via la société Secam, le terrain sur lequel se trouve la carrière.(2) Les explosifs sont délivrés par la Société Chérifienne d'Approvisionnement Minier (SCAM).(3) Mohamed Rafik a été élu en septembre 1999.

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