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Economie

Bataille autour du jaune d’œuf en poudre

Par L'Economiste | Edition N°:2607 Le 11/09/2007 | Partager

. La Ficopam veut importer en franchise . Niet de la Fisa . La Primature saisie pour arbitragePlusieurs saisines, de nombreuses réunions et un avis de la Commission consultative des importations. Le tout dure depuis 2005. Et la dernière saisine a été adressée à la Primature pour arbitrage, en août 2007. De quoi s’agit-il? L’affaire oppose deux professions et pas des moindres: la Fédération des industries de la conserve des produits agricoles du Maroc (Ficopam) et la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (Fisa). La première, et pour les besoins de la cause, a introduit une requête auprès du ministère du Commerce, de l’Industrie et de la Mise à niveau pour l’exonération des droits d’importation de la poudre du jaune d’œuf. Requête à laquelle s’oppose la Fisa et le département de l’Agriculture qui, au demeurant, s’érige en tutelle pour les deux professions. D’où l’initiative de l’organisme des agro-industriels de porter l’affaire auprès d’autres instances et le recours à la Primature. Et pour cause! «Le ministère de l’Agriculture a toujours opposé un veto», signale-t-on auprès de la Ficopam. La raison de ce refus «serait une concurrence déloyale par le produit importé et la perte d’un débouché pour la production nationale d’œufs frais». Pour la Ficopam, «l’argument ne tient pas la route. Il sert comme justificatif pour se ménager une protection injustifiée». Car, est-il précisé, les prix à l’importation s’avèrent nettement plus élevés par rapport aux cours pratiqués sur le marché local. Ceci en ramenant les quantités en poudre à l’équivalent en frais. En outre, les quantités importées ne peuvent en aucun cas perturber le marché des œufs frais, puisqu’elles représentent moins de 1 pour mille d’œufs produits localement. Au niveau de la Fisa, les choses sont perçues autrement. Selon Chaouki Jerrari, directeur de la fédération, la démarche s’inscrit dans un cadre de politique générale. «La profession s’est engagée dans un processus de mise à niveau et de maîtrise de la qualité». A ce titre, le secteur «s’est même imposé une loi sur la protection sanitaire des élevages où la barre a été levée très haut», est-il rappelé. Aussi est-il légitime de prétendre à une vision globale et à long terme devant garantir le développement intégré du secteur. «A commencer par la promotion de la valeur ajoutée. Et l’objectif est fortement exprimé dans le contrat-programme que la profession comptait signer avec le gouvernement avant la fin de son mandat». Or, c’est le terrain de l’hygiène sanitaire qui est fortement mis en avant par les agro-industriels. «L’utilisation du jaune d’œuf en poudre s’explique par l’impérieuse nécessité d’avoir un produit stérilisé». Et pour mieux étayer l’argumentaire, on n’hésite pas à détailler les avantages de l’ingrédient. Ainsi, il est spécifié que «le produit permet une maîtrise du processus de fabrication, le maintien de la stabilité bactériologique et l’obtention d’un produit fini de qualité. En outre, la poudre permet un meilleur dosage et un stockage sans risque durant une longue période».Quoi qu’il en soit, les besoins de l’industrie ne dépassent guère 40 à 50 tonnes par an. Une telle quantité est loin d’encourager l’implantation d’une industrie de transformation locale, compte tenu de l’importance de l’investissement. Mais la grande question a trait toutefois au dysfonctionnement qui caractérise notre système des échanges: des produits finis où se trouvent fortement incorporé le jaune d’œuf en poudre entrent en exonération de droits de douane. C’est le cas des mayonnaises, confiseries, biscuits et soupes importés des pays arabes, de la Turquie et même d’Europe.


L’enjeu

Les importations marocaines de jaune d’œuf portent sur 50 tonnes. Le prix d’achat est de l’ordre de 5 euros/kg. Et les droits d’importation sont de 80,25%.Pour obtenir un kilo de jaune d’œuf en poudre, il faut 125 œufs.Autrement dit, les importations marocaines représentent l’équivalent en frais de 6,25 millions d’œufs sur une production locale estimée à 3, 8 milliards d’unités en 2006.A. G.

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