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Entreprises

Banque Populaire: De nouveaux débits surprenants

Par L'Economiste | Edition N°:325 Le 09/04/1998 | Partager

Les nouvelles investigations sur les relations entre la Banque Populaire et certains de ses employés de haut rang font apparaître les mêmes débits déraisonnables. Le système de contrôle est en cause.


Trois nouveaux cas sont venus s'ajouter aux 13 situations examinées par L'Economiste la semaine dernière, concernant les relations financières entre la Banque Populaire et certains de ses employés de haut rang et proches de l'ancien président, M. Abdellatif Laraki. Un seul cas présente une situation créditrice normale, à la réserve près qu'il y a deux comptes de salarié de la banque. Les autres restent dans la ligne générale des comptes à gros débit, représentant plusieurs années de salaire. La plupart des débits anormaux transitent par les "prêts sociaux", en principe réservés à une aide ponctuelle pour événements familiaux. Les débits dépassent tous 200.000DH . Ils atteignent dans un cas 957.000DH, alors que le prêt social est plafonné à 20.000DH.
En outre, un étrange cas s'est présenté: un client, titulaire d'un compte-personne physique avec une autorisation de débit de 4 millions de DH, affiche en réalité un solde débiteur de 18,951 millions de DH. Ce client, qui n'appartient pas au monde des affaires recensés par le Kompass, semble avoir participé, à un titre inconnu, à des opérations immobilières de la Banque Populaire. Le cumul des opérations, inférieur à 250.000DH, effectuées sur ce compte entre le 1er janvier et le 19 mars 1998, justifie mal le débit autorisé et encore moins bien le débit réel. Rappelons que les opérations à caractère commercial doivent être logées sous une nomenclature particulière, différente du compte-personnes physiques.

Auprès des pouvoirs publics, la réaction après les révélations de L'Economiste, a été de rappeler que Bank Al-Maghrib et le Ministère des Finances ont donné "des signaux forts pour redresser la Banque Populaire et la redynamiser". "Avec l'arrivée du nouveau PDG, des audits sont lancées, il faut attendre les résultats". Pour l'exercice 95, le dernier rendu public, la rentabilité des fonds propres de la Banque Populaire a été de 8%, un taux très bas pour le système bancaire marocain, alors que la banque truste le tiers des dépôts et couvre le tiers des engagements.
Des audits sont effectivement dans le pipe-line, mais ne seront lancées qu'en mai prochain, pour ce qui concerne les frais généraux de la banque. C'est d'ailleurs l'une des décisions prises lors de la réunion du Comité Réseau, le 9 mars dernier, convoqué à l'initiative du nouveau président. Ce Comité regroupe les directeurs, y compris régionaux. L'audit devra faire l'analyse de ce poste.
De plus, M. El Maâroufi avait insisté sur la transparence et "l'application d'un management rigoureux". De plus, pour éviter les dissimulations ou les abus pour cause de rétention, le président avait souligné l'importance de la communication. Il en a fait "une responsabilité primordiale des managers (...) Nos collaborateurs ont le droit d'être informés, et à temps, de tout ce qui intéresse leur métier, leur carrière et leur institution".
L'organisation de la Banque Populaire, très complexe, a sans doute favorisé la perte des valeurs de gestion.

Trois structures contrôlent, en pyramide, le crédit populaire marocain, mais avec une large part d'autocontrôle: le niveau supérieur contrôle le niveau inférieur, mais le niveau inférieur contrôle aussi le niveau supérieur via les sociétaires représentants les banques régionales. En outre, les sociétaires peuvent se trouver sous la dépendance financière de leur banque régionale. Dans un tel système, les dérapages risquent de devenir redoutables. M. EL Maâroufi a demandé une étude de la structure pour juin 1998.


Nombreuses réactions


LA révélation de relations financières douteuses entre la Banque Populaire et certains de ses responsables a évidemment provoqué des réactions fortes des lecteurs, y compris d'employés et de clients de la banque. La plupart réclame la publication des noms. L'Economiste, après consultation juridique, avait décidé de ne pas publier les noms. La position est maintenue. La raison en est que le niveau de détail des informations donne des indications relevant de la vie privée. Celle-ci doit rester protégée, outre le fait que le problème ne porte pour l'instant que sur l'existence de débits étrangement élevés.

Nadia SALAH&Alié Dior NDOUR

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