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Entreprises

Banque Populaire: Après les débits, les filiales et les sous-traitants

Par L'Economiste | Edition N°:327 Le 23/04/1998 | Partager

Le fossé se creuse entre la base et le sommet hiérarchique de la Banque Populaire, à cause des pratiques de l'état-major. M. Maâroufi en appelle à la discipline mais s'abstient encore de parler d'assainissement.


Dans une lettre adressée à l'ensemble du personnel du groupe de la Banque Populaire et datée du 13 avril 1998, le nouveau président, M. Abdallah Maâroufi, s'est élevé contre le fait que la presse dispose d'informations concernant "des comptes du personnel et des clients de la banque avec l'aide d'une complicité interne". M. Maâroufi ajoute qu'il "compte sur l'attachement individuel à l'institution et le sens de la responsabilité et engage chacun à être vigilant pour préserver le renom de la Banque Populaire".
En revanche, le nouveau président n'évoque pas l'urgence de lancer des investigations sur les liens financiers surprenants liant cette entreprise publique, ses filiales et certains des cadres de l'institution(1). Rappelons que ces liens financiers sont de natures diverses. Du plus simple au plus inquiétant, ils se classent de la manière suivante:
- débits très élevés sur des comptes du personnel en faveur de certains cadres;
- multiplicité de prêts (consommation, immobilier...), concomitants aux débits enregistrés et qui restent en souffrance pendant plusieurs années;
- prêts, sans date d'échéance, pour améliorer la retraite du bénéficiaire;
- opérations boursières financées par débits de comptes personnels, effectuées par de hauts responsables;
- paiements par la Banque Populaire de créances nées à l'im-portation (opérations commerciales) et passées sur des comptes du personnel;
- abandon d'agios pour des montants importants;
- prêts contractés auprès de Bank Al Amal, filiale de la Banque Populaire, non remboursés sur les-quels sont faits des appels de garantie que la Banque paye et se contente d'inscrire au débit de son cadre (débits qui s'ajoutent aux autres débits).

Les montants sont très élevés: 2,4 millions de DH pour une assistante de direction, 4,8 millions de DH pour un directeur central et une quinzaine d'autres cas de même envergure.
Ces pratiques concernent un petit nombre de personnes qui les cumulent.
A cela s'ajoutent des contrats de sous-traitance passés par la Banque Populaire avec des entreprises créées ou contrôlées par des cadres, lesquels disposent du pouvoir de passer les contrats. Il s'agit particulièrement de Madibat et Groupe 4. Madibat s'occupe d'entretien. Groupe 4 est une société de gardiennage. S'ajoute encore le cas d'Essoukna, société de promotion immobilière, filiale de la Banque Populaire, et qui réalise la plupart des bâtiments de sa maison mère et d'autres bâtiments tel l'Espace Porte d'Anfa à Casablanca. L'un de ses principaux prestataires de services se trouve être aussi le président d'une Banque Populaire Régionale. Essoukna a 40 millions de DH au capital (détenu à 50/50 par le Crédit Populaire et la Banque Populaire) mais bénéficie d'un compte courant d'associé de la Banque Populaire d'un peu plus de 71 millions de DH au 31 mars 1998. Rapporté au capital, le compte courant sort d'une gestion normale: placement improductif. Ce dernier s'ajoute aux autres placements improductifs de la Banque.

Ces faits sont connus de longue date par le personnel qui ne les trouvent pas à son goût. Il comptait beaucoup sur l'arrivée de M. Maâroufi pour mettre fin à ces pratiques. Plusieurs cadres et employés ont tenté, individuellement ou en petits groupes indépendants les uns des autres, de s'en ouvrir au nouveau président, estimant que son arrivée est l'occasion d'"asseoir le développement sur des bases nouvelles et saines". Certains s'inquiètent de la formation d'une "oligarchie au niveau central et au niveau régional", laquelle "s'ac-corde des privilèges exorbitants par abus de pouvoir". La plupart réclame un audit "neutre" ou "indépendant", redoutant que la procédure d'audit des frais de gestion lancée par le Comité de réseau du 9 mars dernier ne s'appuie précisément sur "l'oligarchie en place". Quelques-uns souhaitent que le nouveau président organise des séances d'évaluation avec "des représentants de toutes les catégories du personnel". Ils expriment ainsi le désir d'un contact passant outre tout ou partie de l'état-major en place, lequel n'a pas ou plus leur confiance.

Nadia SALAH & Alié Dior NDOUR

(1) Cf L'Economiste des 2, 9 et 16 avril 1998.

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