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Banane: Les professionnels veulent réguler le marché

Par L'Economiste | Edition N°:324 Le 02/04/1998 | Partager

Après des périodes tumultueuses, le secteur de la banane tente de s'organiser. Une réunion entre producteurs et importateurs est prévue pour le 3 avril afin de réguler l'offre.


Comme la tomate, l'histoire de la banane est également passionnelle. Depuis la libéralisation des importations en 1995, le secteur a connu des périodes très agitées(1). L'accroissement de la production et les importations massives se sont en effet accompagnés d'une saturation du marché. Conséquence: chute des prix de vente au départ de la production de 8 DH/kg à 5-6,5 DH/kg.

"Ras-le-bol" de la chimie


Au pas de charge, des réunions se sont succédé, des mémorandums ont été préparés et adressés au Ministère de tutelle. Un Comité National de Coordination et de Sauvegarde du secteur des fruits et légumes a été créé en 1995, à l'initiative de l'APEFEL. De son côté, l'Association des Producteurs de Banane (APROBA) a été investie par trois associations: APROBAS (pour le Sud), APROBAD (pour les Doukkala) et APBG (pour le Gharb). Ce qui a abouti en 1996 à une restructuration de l'Association avec la modification des statuts et donc à une réorganisation de la profession. Avec à la clé, trois vice-présidences et une présidence nationale.
Fin 1996, les professionnels vont plus loin et créent l'Association des Producteurs et des Importa-teurs de Banane (APIBA). "C'est une première, car producteurs et importateurs se réunissent pour la promotion du produit local et pour la régulation du marché par des importa-tions, en cas de pénurie du marché local (chergui par exemple)", précise M. Taquei-Dine Cherradi, président de l'APROBAS et vice-président de l'APROBA et de l'APIBA.

Le 3 avril, les membres de l'APIBA devront se réunir pour définir un quota annuel d'importa-tion.
Aujourd'hui, le secteur est entré dans une course à la valeur ajoutée. La compétitivité et la compétition se jouent désormais au niveau de la qualité. La filière banane veut ainsi mettre à niveau ses structures de production et de commercialisation.
Pour les professionnels, l'amélioration de la qualité du produit doit passer par la normalisation et le condition-nement dans un emballage adéquat. Aussi les opérateurs demandent-ils l'exonération de droits et taxes des emballages destinés à ce secteur. S'y ajoute "l'institution à temps" des déclarations préalables à l'importation" (DPI) pour éviter la saturation et les méventes qu'a connues le secteur en 1995 ou encore le renforcement des activités de recherche appliquée pour l'amélioration du matériel végétal et le développement des techniques culturales.
Par ailleurs, des possibilités d'exportation pour la banane peuvent, selon les professionnels, être envisagées. "L'un des créneaux à investir, souligne M. Cherradi, serait celui des produits bio qui connaissent aujourd'hui un bon développement en Europe". En effet, soucieux de s'alimenter avec des produits "sains", le consommateur européen s'intéresse de plus en plus à l'agriculture biologique sans produits chimiques de synthèse. Le "ras-le bol" de la chimie à outrance incite donc les agriculteurs européens à tenter l'aventure. Et les producteurs marocains peut être...

(1) Cf L'Economiste du 28 septembre 1995 et du 5 octobre 1995.


3.000 ha, 100.000 tonnes, 500 MDH... les chiffres du secteur


La culture sous-serres de la banane est récente et son apparition résulte de la politique d'austérité adoptée par le gouvernement à la fin des années 70, interdisant son importation.
C'est au début des années 80 qu'a lieu à Agadir et à Skhirat les premières tentatives de production sous-serres. La culture du bananier s'est ensuite étendue à El Jadida, Benslimane, Rabat-Salé et au Gharb.
En une décennie, le Maroc a pu réaliser son autosuffisance grâce notamment à l'exonération des droits de douane et taxes applicables à l'importation des matériaux destinés à l'installation des serres et à la micro-irrigation.
La production couvre actuellement une superficie d'environ 3.000 ha sous abris serres (1.950 ha pour le Sud, 525 ha pour le Centre et 800 ha pour le Gharb) ayant nécessité un investissement de 1,5 milliard de DH. Le chiffre d'affaires du secteur s'élève à 1,1 milliard de DH. Le secteur crée par ailleurs plus de 11.500 emplois directs à caractère stable et concerne indirectement plus de 80.000 personnes par les ressources qu'il leur procure.

Le cycle de la banane est en général variable de 14 à 16 mois et la superficie moyenne des exploitations bananières est de 3,5 hectares.
La production annuelle est de l'ordre de 100.000 tonnes, pouvant atteindre les 130.000 tonnes avec des rendements optima à l'hectare de 70 tonnes (la moyenne marocaine est de 40 tonnes/ha/an). Cette production, expliquent les opérateurs, permet "l'utilisation optimale de l'eau".
De plus, ajoutent-ils, près de 92% des producteurs ont équipé leur exploitation en micro-irrigation.
La production de banane, précisent les opérateurs, permet "au pays une économie substantielle de devises qui peut être estimée à près de 500 millions de DH par an".
Actuellement, et suivant la nature de l'investissement et les rendements obtenus, le prix de revient du kilo de la banane départ ferme se situe entre 4,5 et 5 DH contre un prix consommateur variant entre 11 et 11,50 DH/kg. "Si l'on estime que le producteur doit se contenter de 1,5 DH de marge, le prix départ exploita-tion doit se situer à 7,50 DH".


Meriem OUDGHIRI

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