Economie

BAM: «Pas de revirement dans la politique de change»

Par | Edition N°:1424 Le 26/12/2002 | Partager

. Il faut laisser une marge de manoeuvre pour répliquer aux dévaluations compétitives de nos concurrentsL'arrimage du panier de cotation du dirham à l'euro, monnaie d'une zone monétaire stable et à faible taux d'inflation, a favorisé le processus de désinflation engagé au Maroc. Aujourd'hui, le taux d'inflation est comparable à celui des pays de l'Euroland. «De même, cela nous a permis d'obtenir les niveaux actuels de taux d'intérêt offrant aux opérateurs des conditions de financement avantageuses«, indique Bennani Smirès. Le processus de désendettement s'en trouve d'autant plus facilité et les conditions de reprise économique optimisées. «De plus, notre crédibilité a été renforcée car cette forte pondération de l'euro dans le panier dirham nous associe quelque peu à la zone UE«, estime-t-il. Mais attention! tient à préciser Bennani Smirès, cette décision de réaménager le panier de devises dans le but d'apporter une plus grande stabilité ne doit pas être interprétée comme une modification de la politique globale de change. «C'est la même politique qui est poursuivie depuis les années 90 et qui vise la stabilité du taux de change du DH. Elle n'a à aucun moment été remise en cause«.Dans le contexte international actuel, le taux de change doit être considéré comme un instrument de politique économique privilégié. En clair, il faudra régulièrement adapter la politique de change à l'évolution de l'environnement international, avec une attention toute particulière aux fluctuations des monnaies des pays concurrents. Par ailleurs, l'accroissement du poids de l'euro dans le panier de cotation du DH au fur et à mesure que se développe le partenariat avec l'Europe est susceptible de faciliter l'intégration progressive du Maroc à la zone euro... L'actuelle levée de boucliers observée en Europe face à la demande de la Turquie d'intégrer la zone ne doit pas ôter tout espoir.Mais attention! préviennent des analystes, l'ancrage systématique du dirham à l'euro risque d'être préjudiciable pour l'économie nationale car il est de nature à limiter la marge de manoeuvre pour répliquer aux dévaluations compétitives de nos concurrents. Certes, la politique de change est un élément d'amélioration de la compétitivité mais il n'est pas le seul. Il faut parallèlement traiter avec plus d'efficacité les handicaps structurels tels que la volatilité de la croissance ou le déficit budgétaire et aller plus loin dans l'assouplissement des procédures administratives et la modernisation de l'environnement réglementaire.


La libre convertibilité du dirham fait son chemin

LA machine est en marche. La libre convertibilité concerne déjà toutes les transactions de change émanant des non-résidents. La dernière mesure de l'Office des Changes leur permettant l'acquisition de biens immobiliers est un pas supplémentaire dans le processus. En 2002, les banques n'ont pas été oubliées. Elles ont eu droit à deux mesures d'assouplissement: en mars, la durée maximale des contrats d'achat de devises à terme a été étendue à une année et depuis mai, il leur est possible d'effectuer des dépôts et placements en devises auprès de leurs contreparties étrangères. Auparavant, les emprunts extérieurs destinés au financement du commerce extérieur et l'investissement avaient été eux aussi libéralisés. De leur côté, les exportateurs peuvent ouvrir des comptes en devises. Parallèlement, les mesures d'assouplissement en faveur du marché des changes domestique ont permis de consolider le processus de libéralisation des transactions en capital du compte de la balance des paiements. «En ramenant sa composition à deux devises, le panier de cotation est devenu plus facilement déterminable, l'équivalent d'une équation à deux inconnues«, commente Adil Hajji de Wafabank, sans en dire plus sur la pondération de l'euro et du dollar. Autrement dit, il est aujourd'hui plus facile d'arbitrer sur le dirham. Même si en théorie, ce panier est gardé secret, tout porte à croire que l'on s'achemine vers la libre convertibilité du dirham.Bien entendu, la marge de manoeuvre pour les opérations d'arbitrage est pour l'heure limitée. Tout d'abord, la conjoncture internationale actuelle ne se prête pas à ce type d'arbitrage car les taux en Europe sont bas et les rendements peu intéressants. En outre, le marché domestique est encore trop étroit et la quantité de devises que les banques peuvent placer à l'étranger reste réglementée. Concrètement, l'arbitrage consiste par exemple à contracter des emprunts en dirham pour les placer sur les marchés étrangers. «La taille de l'opération est primordiale pour engranger des gains suffisants«, précise l'ingénieur financier de Wafabank. A noter que les banques commerciales sont tenues de communiquer périodiquement des reportings des placements effectués à l'étranger à la banque centrale. Laquelle rappelle que ces reportings sont en vigueur à l'échelle internationale. Ils permettent à la fois la mise à jour des statistiques de l'Office des Changes et la disponibilité de l'information par l'institut d'émission pour assurer la régulation du marché. M.K.

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