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    Baignades à problème (Deuxième partie)Par Me Fatiha BOUCETTA

    Par L'Economiste | Edition N°:2576 Le 24/07/2007 | Partager

    Fatiha Boucetta a été notaire à Casablanca pendant 14 ans après avoir exercé comme avocate au barreau de la capitale économique pendant 8 ans, avec pour spécialité les contentieux commerciaux. Elle a aussi publié un roman, Anissa captive, aux éditions Eddif en 1991. Peintre et photographe à ses heures perdues, elle n’en a pas moins organisé une dizaine d’expositions pour ses œuvres. Elle se propose, à travers des chroniques racontant des cas vécus, de partager, avec les lecteurs de L’Economiste, les expériences heureuses et malheureuses des gens avec la Conservation foncière, le fisc, la justice, les avocats, les notaires…AINSI que nous le disions, L’Economiste du 17 juillet, les aventures du promoteur «arabe oriental» ne sont pas terminées. Après avoir vendu une vingtaine de logements à une société holding, le voilà qui trouve de nouveaux acquéreurs, personnes physiques celles-là. La plupart de ces acquéreurs ont besoin de prêts bancaires, surtout l’un d’eux, dont il est question aujourd’hui. Nous avions dit que l’investisseur était l’époux d’une Marocaine, malade quoique gérante de la société de promotion. Encore une fois, notre notaire va se dévouer pour des raisons de charité humaine.L’acquéreur marocain doit donc signer l’acte de vente, non sans que le notaire ait exigé que l’épouse du magnat signât en premier, vendeur oblige. Comme elle est souffrante, le mari propose tout simplement de signer à sa place. Sans procuration? Impossible.. Patience du notaireNotre juriste fait part au porte-parole du chef, que si Madame (ainsi l’appellent-ils) ne peut se déplacer, il est disposé à aller recueillir sa signature à leur domicile, à Bouskoura. OK. On lui propose de profiter de la voiture du sous-chef. Il dénigre poliment, alléguant qu’il préfère utiliser son véhicule pour pouvoir repartir, car il est attendu à déjeuner. Il est 11 heures 30.Après un trajet assez long, on finit par arriver devant un portail en fer insignifiant, peint en gris, sans aucune fioriture. Le notaire attend derrière la voiture des collaborateurs du promoteur, en fait cinq minutes, mais assez longtemps pour commencer à donner de signes d’impatience. Il a une trop haute idée de sa profession pour la laisser traiter sans considération. Enfin la porte s’ouvre, mais pas complètement: un jeune employé s’avance pour parlementer avec les occupants du premier véhicule. La discussion dure encore quelques minutes, pendant lesquelles notre notaire se met à chauffer sérieusement.Enfin l’homme ouvre la porte entièrement pour laisser entrer les deux voitures à la queue leu leu. Les préposés du promoteur en descendent et invitent le notaire à en faire autant. Puis l’un d’eux lui dit: «attendez ici». Le bouchon de patience du notaire, déjà dangereusement dilaté, saute, plouf ! et il remonte instantanément dans sa voiture, faisant des manœuvres folles pour ressortir. Le collaborateur, stupéfait, se précipite: «mais Maître, Monsieur X arrive tout de suite…». Le notaire, perdant son calme, crie qu’il n’attendra pas une seconde de plus et qu’il s’en va. Sur la route du retour, notre notaire sourit: l’honneur des fonctionnaires publics nommés par Dahir est sauf. Il ne l’aura pas laissé galvauder. Pendant son voyage de retour, il reçoit pas moins d’une dizaine de coups de téléphone, lui assurant que Monsieur X, le promoteur, est enfin sorti et qu’il attend le notaire à la porte. Ah! Il était là, en plus! On l’appelle encore pour le supplier de rebrousser chemin. En vain. Au moment où il arrive chez ses amis, le promoteur l’appelle à nouveau pour lui proposer de revenir cet après-midi. Pas fou, non ? Le notaire lui répond posément qu’il ne viendra plus, mais qu’ils sont les bienvenus à son étude le lendemain.Le lendemain, le promoteur oriental arrive, flanqué de son collaborateur marocain. «Où est Madame X?» interroge froidement le notaire. «Dans la voiture», lui répond-on, elle est trop lasse pour monter. Le promoteur sollicite les clés de la voiture notariale, pour y charger deux caisses, une de grenades (les fruits, bien sûr. Par ces temps troublés, mieux vaut préciser…), l’autre d’olives noires. Devant le refus du notaire, le promoteur le questionne, de son délicieux accent oriental: «pensez-vous, Maître, que je veuille vous corrompre?» - «Oui, c’est exactement ce que je pense». Furieux, le promoteur se lève et ordonne à son subordonné de le suivre, qu’il ne veut plus rien. Bien. Le notaire se lève et leur dit qu’il va aller saluer «Madame» dans la voiture, car elle est innocente de ces comportements. Il n’en faut pas plus au promoteur pour fondre comme neige au soleil et demander pardon au notaire de son incorrection.Finalement, l’acte est signé, par «Madame» d’abord, par l’acquéreur ensuite. Le prix est payé; reste consignée la somme de vingt mille dirhams jusqu’à la fin des formalités, y compris les impôts de ce dossier et de tous les précédents.Une année plus tard, les attestations d’exonération d’impôts ne sont toujours pas produites, dont celles des appartements vendus aux sociétés marocaines: le vendeur veut ses 20.000 dirhams.L’acquéreur marocain l’appelle de loin en loin pour lui recommander de ne pas remettre l’argent, car le permis d’habiter n’étant toujours pas délivré (ce dont la société premier acquéreur avait déchargé le notaire), l’électricité ne peut être branchée. Ils font des branchements «sauvages» entre voisins, sans possibilités d’avoir leurs propres disjoncteurs.Moralité: que vous achetiez d’investisseurs marocains ou étrangers, prenez vos précautions ou recommandez à votre notaire de les prendre pour vous.

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