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Economie

Baddou: «Il faut éviter de tomber dans la psychose»

Par L'Economiste | Edition N°:3115 Le 25/09/2009 | Partager

. Nous aurons le vaccin s’il est prêt. S’il le faut, les pèlerins seront vaccinés L’automne démarre avec des appréhensions et des craintes de pandémie de la grippe A/H1N1. Le plan de riposte et de prévention est prêt. Des plans de continuité de différents départements ont été élaborés. La ministre de la Santé, Yasmina Baddou, en explique les grandes lignes.- L’Economiste: Le Maroc est-il prêt à affronter la grippe H1N1 en cas de pandémie?-Yasmina Baddou: Tout à fait. Tout le dispositif de contrôle sanitaire à la frontière, de prise en charge des malades et la surveillance épidémiologique de toutes les personnes en contact dans un avion, a été déployé. Nous avons détecté 140 cas alors que nous avons fait le suivi de 3.000 personnes. Nous avons testé 700 cas et 140 ont été avérés. Le dispositif est lourd et rigoureux et demande une grande mobilisation. Les experts français qui l’ont évalué n’ont relevé aucune différence avec celui mis en place au niveau européen. Le nôtre a été plus performant en raison du flux moins important aux frontières. Et surtout, il nous a été possible d’isoler les malades au sein des hôpitaux. Nous hospitalisons systématiquement, même les cas douteux. Cela nous a permis de retarder au maximum la pandémie dans notre pays. - Pour le retour de la Omra, qu’est-ce qui est prévu en plus du dispositif en place?-Si jamais il y a un malade dans l’avion, nous suivons tous les passagers qui seront visités chez eux par les médecins du ministère. Nous leur donnons aussi un numéro de téléphone pour alerter le département de la Santé si des symptômes de la grippe se révèlent. Nous voulons éviter tour ce qui peut contribuer à la propagation de la pandémie.- Des pays arabes ont interdit le Haj cette année. Pourquoi le Maroc hésite-t-il?-Valeur aujourd’hui, le virus H1N1 n’a pas tué plus que la grippe saisonnière. Nous allons attendre d’ici la période du Haj comment la situation épidémiologique va évoluer. D’après nos informations, l’Arabie saoudite exigera le nouveau vaccin s’il est disponible d’ici là. A ce moment-là, le problème sera réglé. Et ne pourront aller au pèlerinage que les personnes vaccinées.- Ce qui nous amène au vaccin. Qu’est-ce qui est prévu de ce côté-là?- La production mondiale de ce vaccin est extrêmement limitée, très inférieure à ce qui a été annoncé. Des industriels ont promis de vendre des quantités à un pays qu’ils ne peuvent honorer puisqu’ils ne pourront pas produire autant de vaccins qu’ils le souhaitent. Le problème est de recevoir le vaccin selon le bon échéancier. Le Maroc a été confronté au problème. Il s’agit de rechercher le vaccin en quantités suffisantes pour octobre et pour vacciner le personnel stratégique et les populations vulnérables. Cela a été extrêmement difficile parce que les entreprises industrielles ont donné la priorité à leurs nationalités, aux Européens et Américains. Nous n’étions pas prioritaires. Mais grâce au forcing, nous aurons le vaccin (s’il est prêt) dès le début du mois d’octobre et nous pensons démarrer la vaccination dès la mi-octobre.- Qui vacciner en premier?- Nous avons posé cette question à un comité d’experts constitué notamment d’enseignants-chercheurs, de médecins des secteurs privé et public. Ainsi, les premières personnes à vacciner sont le personnel de santé public et privé, y compris les pharmaciens. Le personnel stratégique de l’Etat est également concerné.A ceux-là s’ajoutent les femmes enceintes, les enfants en bonne santé de 6 mois à 6 ans, les enfants malades atteints de diabète ou de maladies respiratoires, les personnes adultes ou âgées malades. Nous avons donné la priorité aux personnes vulnérables. Dans un premier temps, le vaccin n’existera pas dans les pharmacies.- Les ministres seront-ils vaccinés?- La décision n’a pas été prise. C’est une question à poser au comité d’experts. A priori non, nous n’avons aucune priorité en ce qui concerne le personnel politique. Si on parle du gouvernement, pourquoi pas le Parlement, le Conseil constitutionnel, etc.- Quelles sont les quantités qui seront disponibles?- Nous aurons les quantités nécessaires pour tous les Marocains vulnérables. Surtout que nous allons vers une dose unique alors qu’au début il était question de deux doses de vaccin par personne à 20 jours d’intervalle. - Mais que faire dans les situations de promiscuité, dans les bus, les trains, les gares, les souks…?- S’il y a pandémie, il faudra éviter les attroupements. Pour le transport en commun, il est recommandé de porter le masque et de se laver les mains immédiatement après la descente du bus ou du train.- Où peut-on trouver ces masques?- Ils sont disponibles aussi bien dans les pharmacies que dans les centres de soins de santé. Il faut éviter de tomber dans la psychose. Si rien ne se passe, on aura ameuté la population pour rien. Nous avons un plan de riposte en place pour affronter les situations les plus difficiles. Nous avons imaginé le pire où il s’agira d’augmenter le nombre des lits d’hospitalisation, des salles de réanimation, des morgues… Nous sommes allés dans les détails, dans les cas extrêmes.


Les ONG impliquées aussi

Dans cette bataille contre la grippe et le risque de pandémie, Yasmina Baddou qui donne l’impression de se débrouiller toute seule implique en fait beaucoup de monde, y compris le secteur privé. «Au cours de l’élaboration du plan de riposte, nous avons associé l’Ordre national des médecins, celui des dentistes et celui des pharmaciens. Nous avons aussi rencontré les sociétés savantes dans toutes les disciplines qui nous ont été d’une aide précieuse», précise la ministre de la Santé. Pour elle, les ONG sont incontournables. «Elles ont un grand rôle à jouer dans la sensibilisation, la pierre angulaire du système de riposte et de prévention», note-t-elle.Propos recueillis par Mohamed CHAOUI

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