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    Economie

    Azmani: Les grandes entreprises ont oublié la PME

    Par L'Economiste | Edition N°:290 Le 24/07/1997 | Partager

    Les chambres professionnelles sont devenues, par la force de la loi, des institutions politiques et législatives. Elles ont acquis une dimension toute autre avec la dernière révision constitutionnelle. A la veille des élections. M. Azmani, membre du Bureau Politique de l'Union Constitutionnelle (UC), nous livre la position de son parti.


    «On reproche souvent aux chambres professionnelles d'être des coquilles vides gérées par des équipes incompétentes, hétérogènes et usant de pratiques condamna-bles». C'est le constat que dresse M. Azmani à propos des chambres professionnelles. Les raisons de ce tableau noir sont de plusieurs ordres.
    D'abord, les chambres professionnelles ont été souvent marginalisées par le gouvernement qui ne leur a pas accordé suffisamment de moyens et de soutien pour réussir leurs missions.
    Ensuite, on observe au sein de ces chambres un conflit latent entre deux tendances. D'une part, une majorité de représentants des petites entreprises et petits commerces et, d'autres part, une minorité de représentants des grandes entre-prises.
    Ce conflit entre deux entités totalement inégales du point de vue nombre et représentation électorale fait ressortir l'opposition et l'affrontement entre les intérêts contradictoires et divergents des deux clans.

    Les revendications des petites entreprises sont toujours les mêmes et ne dépassent pas le cadre très limité de leurs besoins journaliers en matière de gestion et de fiscalité.
    M. Azmani reproche aux grandes entreprises leur manque de solidarité envers les PME et leur désintéressement quant à la gestion des affaires courantes des chambres. «Il n'y a pas de volonté pour résoudre les problèmes de la PME. Les grands se retirent des chambres, s'il n'arrivent pas à obtenir la direction». L'aspect synergie manque et la cohabitation est complètement absente.

    Contre la dictature du nombre


    Que faire alors? A ce propos, l'UC préconise l'adaptation des mentalités aux changements économiques et sociaux en cours. Aussi l'UC souhaite-elle une approche plus générales et plus rationnelle des problèmes des chambres professionnelles.
    Pour M. Azmani, il faut arrêter cette dégradation de l'image des chambres qui découle d'un conflit d'intérêt patent entre les grands et les petits. Il faut oeuvrer pour la constitution d'une équipe complémentaire et plus soudée. Le poids économique est certes un critère d'élection qui reflète l'importance de l'entreprise; mais ceci n'est nullement démocra-tique. Toutefois, il faut rétablir l'équilibre au sein des chambres et lutter contre la dictature du nombre.
    Les PME, qui représentent plus de 90% du tissu économique, y sont très fortement représentées par rapport aux grandes entreprises. Celles-ci ne doivent pas être noyées par le nombre.
    Par ailleurs, M. Azmani déplore l'attitude hégémonique de la CGEM qui dispose d'une grande marge de manoeuvre et de moyens consi-dérables et qui fait de l'ombre au travail des chambres profession-nelles. Ceci est dommageable, d'autant plus que le rôle des chambres professionnelles est primordial pour l'encadrement des PME et pour leur prise en charge.

    L'UC revendique une grande expérience dans la gestion des chambres professionnelles. Le parti en a assuré la direction pendant une longue période. Il est donc à ce titre comptable des réalisations dans ce domaine. D'après M. Azmani, l'expérience directe de l'UC sur le terrain lui permet de déceler les forces et les faiblesses de ces institutions. Celles-ci, si elles sont convenablement gérées, peuvent constituer un véritable instrument de travail au service du développement économique et social du pays.
    Un vent de modernisation souffle ces derniers temps sur l'activité des chambres. Des mutations profondes sont en cours. Deux dispositions sont prévues a cet égard. Premièrement, il y a la réforme des statuts qui prévoit trois mesures très importantes:
    - De par la loi, le gouvernement doit consulter les chambres professionnelles sur toutes les affaires économiques, com-merciales et financières.
    - Les chambres professionnelles deviennent les représentants légaux des opérateurs économiques auprès des institutions gouvernementales.

    - La durée pour le renouvel-lement du bureau passe de un à trois ans.
    Ensuite, il est prévu un élargissement des attributions des chambres à travers la possibilité d'acquérir et gérer des équipements collectifs (ports, aéroports, entrepôts des douanes...).
    La prolongation de la durée du mandat du bureau de la chambre est susceptible de dégager un laps de temps très raisonnable afin de mener à bien le programme préétabli et dépasser les considérations électoralistes.
    La bonne marche des chambres passe bien sûr par la réforme des statuts, mais passe aussi par l'élection de représentants compétents et qualifiés.
    Pour M. Azmani, qui a assuré pendant une bonne période la présidence de la Chambre du Commerce de Casablanca, la sélection des candidats aux élections est une condition sine qua non pour la réussite et la performance du travail des chambres.

    Ecart ville-campagne


    Au niveau de l'agriculture, M. Azmani rappelle qu'il y a un écart flagrant entre un monde urbain prospère et un monde rural pratiquement délaissé. Les chambres de l'agriculture doivent ac-compagner la modernisation du secteur et assurer cette mutation du paysan en agriculteur industriel. La réalisation d'équipements collectifs, de services de proximité, d'études et montages financiers préliminaires des projets sont les moyens pour y parvenir.
    En ce qui concerne la pêche, les intérêts des professionnels de la pêche artisanale, côtière et hauturière sont très divergents. Le rôle de la chambre est d'identifier les axes de développement du secteur, de suivre et d'accompagner l'aménagement des infrastructures portuaires et de dégager une véritable vision d'avenir qui fédère les aspirations de tous les gens de la mer.
    Sur le plan de l'artisanat, la richesse et l'authenticité du secteur exigent une attention toute particulière. C'est un secteur très porteur en matière d'exportation, et sa restructuration passe, du point de vue de M. Azmani, par des actions précises et concrètes: formation continue des artisans, encadrement et intégration des artisans au sein de micro-entreprises, organisation de foires et d'expositions.
    Un intérêt qui se trouve amplifié aujourd'hui par l'enjeu déterminant des élections: un siège à l'une des chambres profession-nelles ouvrira la voie vers la nouvelle chambre des conseillers. C'est dire tout l'enjeu de ces élections. Les partis politiques en sont conscients et aiguisent déjà leurs «couteaux».

    Salim LAHJOMRI

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