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Avortement
Lettre ouverte au législateur
Pr Chafik Chraibi (*)

Par L'Economiste | Edition N°:2684 Le 02/01/2008 | Partager

Le Maroc se modernise et se libéralise, mais s’il est un domaine où il reste dramatiquement à la traîne, c’est celui de l’avortement. Chacun d’entre nous continue à détourner pudiquement les yeux d’une réalité qui nous interpelle tous: tous les jours, il se pratique à travers le pays des centaines d’avortements, certains dans des cliniciens en dépit de la loi, mais de nombreux autres par des personnes moins qualifiées: kablates, infirmières, voire faiseuses d’anges, au mépris des règles d’hygiène les plus élémentaires.Cet état de fait est la conséquence directe et logique de la criminalisation de l’avortement. Notre dispositif législatif archaïque et lourdement répressif lorsqu’il ne mène pas la femme au suicide, seule échappatoire pour certaines à la honte d’une grossesse illégitime la jette en pâture à des personnes sans scrupules qu’aveugle l’appât du gain.Complications gravissimes, séquelles physiques et morales irréversibles, suicides, expulsion du giron familial, enfants abandonnés à un coin de rue ou à l’assistance publique, médecins incarcérés, la facture est trop élevée pour qu’il ne soit pas du devoir du législateur d’intervenir à fin de mettre un terme à tant de drames sanitaires et sociaux. Il est urgent pour notre pays, non de généraliser complètement l’avortement, mais d’assouplir et d’actualiser la loi à l’instar de nombreux pays dont la Tunisie. La loi actuelle n’autorise l’avortement que si la femme souffre de pathologies pouvant mettre sa vie ou sa santé en danger. Il faut que le législateur prenne aussi en compte certaines situations telles que les pathologies et les malformations fœtales graves.La grossesse consécutive au viol ou à l’inceste ainsi que certaines situations sociales bien précises devrait pouvoir bénéficier de l’accord du législateur pour un avortement, tout en étant étroitement encadrées et entourées de garde-fous stricts. Aussi, sauf cas exceptionnels qui pourront en l’occurrence être soumis à un comité d’éthique, l’interruption de grossesse ne devra pas intervenir au-delà de deux mois de gestation. Il ne s’agit pas ici de banaliser le problème ni d’encourager à la licence des mœurs mais d’admettre une réalité: les relations sexuelles hors mariages existent, aboutissent parfois à des grossesses qui finissent dramatiquement. Autoriser l’avortement (sous conditions) permettra à ces femmes souvent démunies et victimes de leur ignorance d’avorter en milieu hospitalier, à un coût raisonnable et sans complications. -------------------------------------------------(*) Professeur de médecine, chef de service de gynécologie obstétrique - maternité des Orangers, CHU Rabat.Président fondateur de la Société marocaine des maladies du sein.1er vice-président de la Société royale marocaine de gynécologie obstétrique.

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