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Société

Avortement: Silence, on charcute!

Par L'Economiste | Edition N°:2873 Le 03/10/2008 | Partager

. Les interruptions de grossesses clandestines en hausse. Les risques de dècès 2 fois plus élevés qu’ en Tunisie et en Egypte. Une étude pour lever les tabous Effarant! «600 avortements par jour au Maroc». De quoi donner des frissons… D’autant plus que les risques sont connus (hémorragie, infertilité, décès, traumatisme…). On se croirait au Moyen-Age mais cela se passe au XXIe siècle. Selon une étude réalisée par l’Association marocaine de la planification familiale (AMPF), la population cible au Maroc, exposée à des avortements à risque, est constituée de femmes en âge de procréer (15-49 ans). L’effectif global serait de 8,239 millions de femmes. Plus d’une femme mariée sur deux recourt à l’avortement. Evidemment, les femmes «casées» seraient les plus nombreuses (52%) à interrompre leur grossesse. Toutefois, les femmes célibataires les talonnent de près et affichent un taux de 42%. Le reste (6%) est composé de veuves ou de divorcées. Des données recueillies par l’AMPF à Agadir et Fès, sur un effectif de 473 femmes de 15 à 50 ans, indiquent que 165 femmes (soit 35%) ont eu recours au moins une fois à l’avortement. Selon la même enquête, 54% des femmes célibataires ont des antécédents d’avortement. Même constat chez les femmes divorcées (52%), les veuves (47%) ou encore celles ayant un niveau d’instruction élevé (46%). Au total, 35% des femmes sondées, toutes catégories confondues, ont recouru au moins une fois dans leur vie à l’avortement. A titre d’exemple, à l’international, les deux tiers des avortements à risque concernent les femmes âgées entre 15 et 30 ans. Pis encore, près de 20 millions des avortements concernent des femmes de moins de 20 ans dans les pays en développement.L’objectif de l’étude réalisée par l’AMPF est de lever le tabou (à l’instar de celui du sida) sur un phénomène de société qui se déroule souvent dans des conditions de clandestinité. «Il est urgent de mener un débat national serein autour de la question», souligne le directeur de l’AMPF. Un débat de société qui ne doit pas être focalisé sur la légalisation ou encore l’aspect licite ou illicite de l’avortement. Mais plutôt sous l’angle sanitaire pour que des milliers de femmes soient sauvées et ne fassent pas courir des risques inutiles à leurs bébés. Loin des crispations, le débat devra, selon l’étude, déboucher sur l’adoption d’une stratégie de prise en charge des avortements à risque. Il va sans dire aujourd’hui que les avortements entraînent souvent des complications qui peuvent mener au décès de la personne. C’est surtout le contexte de clandestinité dans lequel se pratiquent la majorité des interruptions de grossesse qui accentue les risques. Les non-dits, d’ordre sociétal, y sont pour beaucoup. L’avortement au Maroc reste très mal perçu (traditions, religion, loi…). En même temps, la réalité sociale est tout autre. La pratique illégale est courante mais tout le monde se tait. Ce qui explique en partie que le taux de mortalité maternelle n’a pas beaucoup baissé et ce, en dépit de la mise en œuvre d’un programme national de maternité sans risque. Selon l’OMS, 13% de la mortalité maternelle au Maroc est amputée à l’avortement. Elle représente 227 cas de décès maternel pour 100.000 naissances vivantes. Ce qui en fait l’un des aspects les plus inquiétants de la situation sanitaire des femmes. Une situation aggravée par les disparitées entre les villes et les campagnes. Pour 100.000 naissances vivantes, l’on compte 267 décès dans les campagnes contre 187 dans les villes. Un gap expliqué par la faible couverture médicale, le manque d’infrastructures sanitaires, l’éloignement des structures de santé, l’enclavement, la pauvreté…Du coup, le risque de décès à la suite d’un accouchement est 2 fois plus élevé au Maroc qu’en Tunisie et en Egypte. Ce même risque est 6 fois plus élevé qu’en Jordanie.


Ce que dit la loi

La loi sur l’avortement a été relativement libéralisée pour la première fois en 1967 au Maroc. L’article 453 du code pénal a été modifié par un décret royal (en juillet 1967) pour prévoir que «… l’avortement n’est pas puni lorsqu’il constitue une mesure pour sauvegarder la santé de la mère». Et d’ajouter: «… il est ouvertement pratiqué par un médecin ou un chirurgien avec l’autorisation du conjoint». Autrement, en l’absence du mari, en cas de son refus ou du moins par défaut de consentement, l’avortement est illégal, selon le code pénal. Sauf si le médecin chef de la préfecture ou de la province est saisi par le médecin ou chirurgien censé intervenir. Lequel doit impérativement attester que « la santé de la mère ne peut être sauvegardée qu’au moyen d’une telle intervention».


Bébé à la poubelle!

Autre fléau et dont on a pas encore vraiment mesuré toute l’ampleur, c’est le nombre de bébés, accouchés à terme, que l’on retrouve dans les poubelles des grandes villes. Selon un responsable d’une société de collecte des ordures à Casablanca, le nombre de nourrissons retrouvés au milieu des déchets ménagers est important. C’est déplorable!«On n’en serait pas là, si l’avortement était toléré. Il faut crever l’abcès une bonne fois pour toutes», déclare-t-il. Amin RBOUB

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