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    Aviculture : Impact des problèmes de commercialisation

    Par L'Economiste | Edition N°:157 Le 08/12/1994 | Partager

    Les conséquences des défaillances des circuits commerciaux sont multiples :

    1- Sur les secteurs en amont

    A- Au niveau des éleveurs

    - Prix de vente aléatoires: les prix fluctuent quotidiennement et ces fluctuations peuvent dépasser 5 DH/kg en 3 ou 4 jours.

    - Durée d'élevage variable: liaison étroite entre la durée d'élevage et le prix du poulet: l'âge à la vente peut être avancé ou retardé selon que le prix du poulet est en hausse ou en baisse. Il s'ensuit une programmation adaptative de la production, ce qui complique davantage la gestion de ces unités (mise en place, vide sanitaire).

    - Difficultés d'application du système de la bande unique, avec pour conséquence:

    a/ production de bandes de petite taille et à âge multiple;

    b/ risques sanitaires et contacts fréquents entre l'élevage et le milieu extérieur;

    - Instabilité des producteurs, surtout à double activité et à faible capacité (véritable turnover des éleveurs), ce qui empêche toute accumulation de la technicité.

    B- Au niveau des usines d'aliments et des couvoirs:

    Les problèmes cités ci-dessus induisent des difficultés au niveau de la prévision et de la programmation de la production de poussins et des aliments composés. Il en résulte:

    - une aggravation des problèmes d'approvisionnement et de gestion des stocks pour les usines d'aliments pour volailles;

    - une complication des plannings de mise en place des reproducteurs (et parfois des méventes de poussins) pour les couvoirs;

    - des fluctuations continues de la demande en poussins et aliments.

    Faire face aux exigences du marché (satisfaction des besoins qualitatifs et quantitatifs des éleveurs, amortissement des investissements) devient alors une tâche ardue pour ces unités industrielles.

    2 - Sur la distribution

    La complexité des circuits de commercialisation et la multiplicité d'agents intermédiaires entraînent, en plus du gonflement des prix du poulet, toute une série de problèmes au niveau de l'activité des détaillants, ce qui déprécie l'image du poulet.

    A- Cas du poulet vivant:

    . Incommodité des conditions du transport: matériel roulant et cages en bois non désinfectés, transport fractionné d'une même bande, jet de cadavres. Le mode actuel du transport du poulet est un véritable générateur de contamination des élevages.

    .Nécessité de continuer à alimenter le poulet jusqu'au moment précis de l'abattage. Le consommateur paye jusqu'à 200G d'aliment et eau ingérés sur le prix du poulet (le rendement à l'abattage est ainsi réduit).

    B- Cas du poulet abattu:

    L'abattage se déroule dans des conditions précaires d'hygiène, ce qui pose le problème de salubrité des produits avicoles:

    . manque d'hygiène des locaux, vestimentaire et corporelle du personnel;

    . absence de désinfection du matériel d'abattage (plumeuses et bacs d'échaudage), utilisation d'une eau parfois souillée;

    . parfois, le local d'abattage est utilisé en même temps pour la vente du poulet vivant;

    . chez les détaillants du poulet abattu non éviscéré, apparition rapide de putréfaction en raison de la suralimentation du poulet avant l'abattage.

    Les conséquences sur l'innocuité du produit livré au consommateur et sur les possibilités de recontamination des élevages ne sont plus à démontrer.

    La multiplicité des points de vente rend illusoire toute volonté ou effort d'inspection.

    3- Sur la consommation

    . Les fluctuations permanentes des cours du poulet empêchent le consommateur de positionner la viande de volailles par rapport aux produits à prix plus stables, ce qui limite sensiblement les achats des ménages.

    . Le consommateur ne dispose pas d'un grand choix. Le poulet vivant ou le poulet saigné et plumé sont les deux seules présentations qui existent sur le marché. Or, le poulet vivant s'adapte de moins en moins à l'évolution des modes de vie, et la qualité hygiénique du poulet abattu est souvent contestée. Ces deux types de présentation ne vont donc pas contribuer à accroître le volume d'achats en poulet des consommateurs.

    .Les structures de distribution souffrent d'une autre grande irrationalité: le manque total d'information du consommateur (qualité nutritive, organoléptique et hygiénique...). Le résultat en est l'attitude souvent ambiguë du consommateur vis-à-vis de la viande du poulet. Une enquête préliminaire réalisée en 1984 a montré par exemple que :

    - les préférences pour le poulet vivant sont fréquemment justifiées par un prix bas par rapport au poulet abattu (rendement à l'abattage ignoré);

    - quoique d'un prix concurrentiel, le poulet continue à être considéré par certaines catégories sociales comme viande de "luxe" ou "d'occasion", la viande de base étant la viande rouge;

    - le problème de la qualité hygiénique du poulet n'a été cité que par un faible pourcentage des enquêtés.

    En définitive, les structures actuelles de commercialisation du poulet constituent un véritable frein au développement du secteur avicole:

    - frein à la rationalisation et à l'amélioration de la productivité de tous les maillons du secteur;

    - frein à une meilleure sensibilisation et information du consommateur, capable de rehausser l'image de marque du poulet;

    - frein à un redressement des achats des ménages et donc à un accroissement de la production.

    A.A.B.

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