×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Entreprises

    Avec EMAPHOS monté en association avec Prayon : L'OCP se diversifie dans le marché des produits hors engrais

    Par L'Economiste | Edition N°:215 Le 01/02/1996 | Partager

    Pour la première fois, le groupe OCP investit avec un partenaire étranger. Avec le groupe belge Prayon, il crée une société de production d'acide phosphorique purifié. Ce projet marque la volonté de l'OCP de se diversifier en aval, sur les marchés, en particulier sur les produits phosphatés hors engrais.


    "Deux stratégies qui se rejoignent, celle de l'OCP et de Prayon, dans le cadre d'une opération conjointe d'optimisation des avantages", c'est en ces termes qu'est qualifiée la création d'Euro-Phosphore-Maroc, EMAPHOS en abrégé. Ainsi, l'OCP et Prayon ont signé, jeudi 25 janvier, des accords d'association pour la création en joint-venture d'une société, de production d'acide phosphorique purifié. Le capital social est de 150 millions de DH, soit 50% OCP et 50% Prayon. Le quart a été libéré.
    Le conseil d'administration sera présidé par M. Mourad Chérif, directeur général de l'OCP, et le comité de direction par M. Jean-Paul Lemaire, directeur général adjoint de Prayon. La direction générale est confiée à M. Mohamed Fikrat, directeur des Industries Chimiques du groupe OCP.
    Le site de l'usine est Jorf Lasfar, car disposant de l'infrastructure adéquate. La capacité de production de cette unité est de 130.000 tonnes annuelles de P2O5; 60.000 à 70.000 tonnes sont prévues à partir de juillet 97.
    Signalons que Prayon dispose de deux centres d'exploitation en Belgique, produisant chacun 100.000 tonnes d'acide phosphorique purifié. Avec les 130.000 tonnes d'EMAPHOS, le risque de compétition entre les deux pôles est posé. Les cosignataires rejettent cette hypothèse, arguant une croissance permanente de la demande et un partage du marché entre les unités en fonction de la proximité géographique.
    Côté coût, l'investissement correspondant représente 50 millions de dollars. L'équivalent de 300 millions de DH fera l'objet de crédit, en mettant en compétition les sources de financement locales et extérieures. Côté réalisation, les appels d'offres sont prévus pour la mi-1996. Ils seront lancés par lot pour faire "travailler le maximum d'entreprises". Le financement étant hors protocole financier, les entreprises marocaines auront des opportunités.

    Un nouveau marché


    L'OCP, de 1921 à 1960, se limitait au stade minier, celui de l'exploitation et l'exportation de la matière première brute. Avec les complexes de Safi puis de Jorf Lasfar, l'Office passe à un stade industriel avec la production d'acide phosphorique et d'engrais, qui constituent 85% du marché mondial des produits phosphatés. Mais en entrant dans la production de l'acide phosphorique purifié, le groupe OCP dépasse les stades minier et industriel pour s'impliquer en aval sur les marchés.
    Cet investissement s'inscrit dans la nouvelle stratégie de l'OCP, fixée lors de son conseil d'administration du 5 janvier. Le faire en association est également un fait nouveau de la politique du groupe. En effet, "c'est une première pour l'OCP que de s'associer avec un partenaire extérieur", souligne M. Mourad Chérif. L'OCP, qui avait pour habitude d'investir seul, fait ainsi d'une pierre deux coups: cette opération permet un apport en capitaux étrangers, en technologie pointue et le bénéfice de l'expérience commerciale du groupe belge. "Prayon dispose aussi d'un grand savoir-faire en matière d'ingénierie des procédés et maîtrise son marché".
    Par cette association, l'OCP s'investit dans un nouveau créneau, celui de la production de dérivés phosphatés hors engrais qui entrent dans des utilisations techniques et alimentaires. Le groupe marque ainsi sa volonté d'investir un nouveau marché qui constitue 15% de la consommation mondiale de produits phosphatés. Cette production d'acide phosphorique purifié est également intéressante dans la mesure où le marché de l'industrie alimentaire est en croissance régulière. Il ne subit pas la variation des cours comme les produits miniers et leurs dérivés. La majeure partie de la quantité d'acide phosphorique purifié est allouée aux sels phosphatés utilisés dans les détergents, les levures chimiques, les produits de conservation des viandes, des fromages L'acide phosphorique est également utilisé dans la lutte anti-corrosion (phosphatation des tôles) et dans l'acidification des boissons.

    Une société et deux leaders


    Euro-Phosphore-Maroc associe donc deux leaders: l'OCP, leader mondial dans la production de phosphate, et Prayon, leader mondial dans la chimie fine des phosphates. "Cette association vient à point nommé pour sceller davantage les relations OCP-Prayon". Des relations que M. Jean Leroy, administrateur-directeur général de Prayon, a qualifiées de cinquantenaires. Ainsi, environ 600.000 tonnes de phosphate, sous forme naturelle ou d'acide phosphorique sont livrées annuellement par l'OCP à Prayon. Le groupe marocain détient également 35% du capital de Prayon, société belge au capital de 1,6 milliard de Francs belges. Les produits fabriqués par Prayon sont diversifiés: acide phosphorique à voie humide, acide phosphorique à usage alimentaire et technique, produits techniques à base de phosphate, notamment engrais et autres produits. Prayon exporte dans environ 100 pays du monde.
    Le risque que le projet de production d'acide phosphorique purifié puisse faire l'objet de pressions écologiques est écarté par M. Leroy. "Ces pressions, actives il y a dix ans, se sont atténuées, car s'avérant non fondées" . Les sels phosphatés contenus dans les détergents étaient en cause dans la pollution due aux rejets ménagers.
    Côté pollution industrielle, Euro-Phosphore-Maroc ne présente pas de risque. Les techniciens parlent d'une technologie extrêmement propre, pratiquement sans rejet.

    Malika EL JOUHARI

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc