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    Avant de devenir Alcatel Alsthom Maroc : Comment la CGE-Maroc a réorganisé la gestion de sa production

    Par L'Economiste | Edition N°:160 Le 29/12/1994 | Partager

    CGE-Maroc deviendra à partir de janvier prochain Alcatel Alsthom Maroc. Une rationalisation de la production a commencé dès 1994. Elle sera achevée mi-1995. La nouvelle organisation tient compte de celle du groupe afin de faciliter les échanges techniques et la compression des coûts de revient.

    CGE-Maroc change de dénomination sociale pour épouser celle de sa maison mère Alcatel Alsthom. L'entreprise, créée en l950, rationalise ses coûts de production et restructure ses usines afin d'obtenir une organisation similaire à celle du groupe. "L'ancienne structure a fait ses preuves, actuellement c'est une nouvelle approche qui prévaut", explique M.
    Mohamed Benchaaboun, directeur Industriel Câble et responsable de l'unité batterie.

    Un des objectifs recherchés de la nouvelle structure est de promouvoir les échanges techniques entre le groupe et sa filiale.

    Aujourd'hui, l'unité Câble de la CGE a pour correspondant le groupe Alcatel Câble, l'unité transformateurs équipements électriques a pour interlocuteur le groupe GEC Alsthom et l'activité batterie la Compagnie Européenne des Accumulateurs dans laquelle le groupe Alcatel Alsthom est aujourd'hui minoritaire.

    Cette nouvelle organisation favorise donc les échanges techniques, puisque les chefs des unités à CGE Maroc ont un interlocuteur unique dans le groupe, ce qui n'était pas le cas auparavant.

    Réduction des déchets

    Un des autres objectifs de la rationalisation de la production est la compression des coûts de production qui a été, dès 1993, le mot d'ordre de l'entreprise. En 1994, la devise était de "tendre vers l'excellence", et en 1995, l'orientation sera de confirmer cette image en plaçant notamment "le client au centre des préoccupations de l'entreprise".

    La compression des coûts de revient a été réalisée par la réduction des frais indirects externes et internes au processus de production.

    Par exemple, pour les frais indirects internes, les déchets de fabrication ont été minimisés pour ne plus accepter que les déchets structurels générés par le processus de fabrication.

    Une autre action a porté sur l'optimisation des coûts de revient. Les produits sont conçus pour être conformes aux normes, notamment françaises en n'y incorporant que le volume de matières nécessaires ni plus ni moins. Cela suppose un investissement en matériel de contrôle en ligne pour surveiller en permanence les débits des matières qui passent sur les machines, le diamètre et les sections du fil.

    Pour maîtriser les coûts de revient, CGE Maroc a également investi, en 1994, 10 millions de DH dans une unité de PVC destinés aux câbles domestiques. Cette unité a notamment permis la fabrication d'un PVC selon une formule développée par le département recherche du groupe Alcatel Alsthom.

    Dans le sens de l'augmentation de la productivité des machines et de la main-d'oeuvre, deux types d'entretiens ont été installés, l'un préventif et l'autre systématique, le but étant que le taux d'indisponibilité d'une machine soit le plus bas possible.

    Approvisionnement à travers le groupe

    Dans le même ordre d'idées, le service des achats s'est employé, depuis 1993, à la réduction des coûts de matières premières. Cette démarche a été entamée par la programmation des achats à travers le groupe afin d'obtenir des effets de volume.

    Pour le "just in time" ou la production en flux tendus, "nous aurions souhaité le mettre en place, précise M. Benchaaboun, mais malheureusement ce n'est pas facile au Maroc, car la plupart de nos matières sont importées". Il ajoute: "beaucoup d'aléas ont trait aux transports et aux modalités d'approches". Toutefois, un suivi des stocks, mis en place depuis 1993, a permis la réduction de leur volume de 60%.

    La maîtrise du coût de revient a nécessité, par ailleurs, un investissement dans les hommes par le renforcement du capital humain et la généralisation de la formation. "Les interventions d'un homme bien formé ne sont pas approximatives mais justes". Pour illustrer cela, M. Benchaaboun avance que 1% de surconsommation de matières implique un gaspillage de 7 à 8 millions de DH. "Ceci justifie largement les investissements en formation", conclut-il.

    L'encadrement sera par ailleurs plus étoffé. Actuellement, CGE Maroc compte 80 ingénieurs et cadres. En 1995, 5 ingénieurs et 15 futurs cadres seront recrutés.

    La formation à CGE Maroc est organisée par l'encadrement qui relève les besoins, arrête les thèmes en concertation avec la direction technique et assure les stages. Le personnel encadrant est tout d'abord sensibilisé. Par ailleurs, celui-ci effectue des stages dans les usines du groupe.

    La rationalisation de la production suppose également que l'on donne aux agents de maîtrise la possibilité de gérer des unités homogènes. "Il faut que physiquement l'unité puisse être appréhendée dans sa globalité", renchérit le directeur technique.

    Géographiquement, la métallurgie, auparavant dispersée, a été regroupée dans les ateliers 1 et 2. L'activité câble a été scindée en deux: les câbles domestiques et les câbles industriels basse et moyenne tension. Ce sont deux métiers différents qui seront prochaînement dans deux unités différentes. L'unité batterie a déménagé de l'usine de Mohammédia pour celle de Casablanca et l'unité câble domestique viendra s'y substituer.

    La rationalisation de la production a également concerné l'optimisation des flux matières afin qu'ils ne fassent pas d'allers-retours ou des rebroussements de flux.

    Le coût de la rationalisation s'est élevé en 1994 à 10 millions de DH. Elle coûtera encore en 1995 3 à 4 millions de DH.

    Un plan d'aménagement a été élaboré. Un consultant du groupe a agrégé les demandes des uns et des autres. Une fois le plan approuvé par l'ensemble de l'encadrement, le planning des aménagements a été arrêté. Ce dernier tient compte du carnet de commandes afin que la production ne soit pas affectée. Ainsi, en fonction de la charge de chaque machine, des encours de semi-produits sont constitués afin de pouvoir déménager machine par machine de l'amont à l'aval du processus de production.

    Pour le moment, 70% de la rationalisation de la production a été effectuée dont près de 50% durant le mois de congé d'août. Même, en ce temps, la fabrication n'a pas été totalement arrêtée pour les batteries, car l'usine a fonctionné à 40% de son volume moyen d'activité.

    Laïla TRIKI

    Certification qualité

    L'organisation industrielle a été réadaptée à la nouvelle organisation par la création d'une direction industrielle câbles et une autre transformateurs et énergie électrique. L'activité batterie est devenue un centre de profit isolé. Son organisation comprend à la fois les aspects industriels et les aspects commerciaux. L'approche de cette activité est différente du reste, car c'est un produit destiné au grand public. "La visibilité de l'opérateur doit aller du prix de revient au prix de vente afin qu'il puisse posséder une réactivité par rapport au marché", précise M. Mohamed Benchaaboun, directeur Industriel Câble.

    Les produits professionnels disposent d'une seule direction commerciale composée de technico-commerciaux. Elle organise également le service après-vente à la clientèle pour les transformateurs industriels et les équipements électriques. Dès 1987, un système de contrat-maintenance a été mis en place. En 1994, CGE-Maroc a eu le marché de maintenance de 100 MVA de l'ONE. Le chiffre d'affaires de ce service a été durant la même année entre 15 et 20 millions de DH. "Ce n'est pas important, mais l'essentiel c'est le service à la clientèle", explique M. Benchaaboun. Pour les transformateurs, une garantie de 2 ans est accordée; pour les équipements électriques, elle est d'une année.

    Par ailleurs, le site de Mohammédia et plus précisément l'unité des équipements électriques sera proposé à la certification ISO.9002 en mars avril 1995. L'usine batterie le sera pour fin 1995.

    Outre les 52 contrôleurs de la qualité dans les unités CGE-Maroc ou Alsthom Maroc, un responsable de l'Assurance qualité est chargé de consigner les procédures. Le deal, selon M. Benchaaboun, est de modifier les mentalités pour permettre le passage d'un environnement verbal à un environnement de procédures écrites. Le personnel de CGE-Maroc, qui exerce depuis 44 ans, n'est pas à 100% instruit. Les procédures, lorsque cela est possible, sont exprimées sous forme de dessins.

    Elles favorisent également l'auto-contrôle de l'opérateur et donc la responsabilisation au plus bas de la hiérarchie.

    L.T.

    Carte de visite

    Alcatel Alsthom Maroc (ex-CGE-Maroc) est créée en 1987. L'entreprise réalise un chiffre d'affaires de 1 milliard de DH et emploie près de 1.000 personnes.

    Alcatel Alsthom Maroc investit chaque année une moyenne de 50 à 60 millions de DH, soit près de 6% de son chiffre d'affaires.

    Le capital de l'entreprise est de 168 millions de DH, détenu à hauteur de 50,7% par le groupe Alcatel Alsthom. Le reste est détenu par des institutionnels (Al Amane, CIMR et particuliers marocains).

    Sur le site industriel de Mohammédia, Alcatel Alsthom Maroc produit des câbles à usages divers (nus, isolés basse et moyenne tension, téléphoniques) et des transformateurs d'une puissance maximale de 50 MVA et d'une tension d'isolement atteignant 75Kv.

    L'usine de Casablanca produit également la chaudronnerie des transformateurs de distribution.

    Le site industriel de Casablanca est consacré à la fabrication des équipements électriques (tableaux, redresseurs/chargeurs, ateliers d'énergie) et des batteries (démarrage, semi-fixes, stationnaires, traction).

    L'usine des équipements électriques produit aujourd'hui la dernière génération des cellules moyenne tension équipant les interrupteurs isolés dans le SF6.

    Les filiales d'Alcatel Alsthom Maroc sont Sirmel (Société d'Importation et de Représentation de Matériel Electrique), qui représente entre autres GEC Alsthom, CGEF (Compagnie Générale de Fil Emaillé) et TEM (Tourets et Emballages du Maroc).

    Le groupe Alcatel Alsthom est le premier industriel mondial des systèmes de communication. II est, en outre, solidement présent sur l'ensemble des activités liées à l'énergie et au transport. Le chiffre d'affaires du groupe en 1993 a été de 156 milliards de Francs. Près de 10% de ce chiffre d'affaires sont destinés, chaque année, à la recherche et au développement.

    Les relations entre le groupe et ses filiales se situent au niveau du transfert de technologie via des contrats d'assistance.

    L.T.

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