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Au-delà des crises, le monde sera-t-il plus équilibré?
Par Nezha LAHRICHI

Par L'Economiste | Edition N°:2796 Le 11/06/2008 | Partager

Nezha Lahrichi, ancienne conseillère du Premier ministre, actuellement présidente de la SMAEX, est l’auteur d’une thèse sur l’énergie: «Energie et Tiers-Monde non pétrolier, de la problématique générale à l’étude du cas marocain» Lahrichi Nezha, Edition Maghrébines, Casablanca 1985 La crise financière actuelle nourrit le débat sur le découplage des économies, signifiant que les pays émergents seraient épargnés. Il est vrai que les moteurs de la croissance des économies émergentes (indien, chinois, brésilien, russe, etc.) permettent d’éviter une crise économique radicale, mais il est vrai aussi que les différents chocs ont impacté l’ensemble des membres d’une économie-monde dont les courroies de transmission trouvent leur meilleure expression dans la dépendance commerciale des uns vis-à-vis des autres. Le schéma classique d’une crise qui part d’une région du globe qui contamine ou ne contamine pas telle ou telle autre partie du monde est confronté à une nouvelle donne, celle de la simultanéité de crises différenciées et indépendantes: aux Etats-Unis, il s’agit d’une crise d’un pays surendetté, l’Europe redoute un ralentissement de son activité à cause du resserrement des crédits de grandes banques et à cause de la chute du dollar qui renchérit ses exportations, et surtout elle est confrontée à l’absence d’une gouvernance politique qui empêche une stratégie économique concentrée. Quant aux pays émergents, ils sont frappés par un retour de l’inflation, 8% en Chine, près de 10% en Russie. Ces pays vont probablement avoir une crise de surchauffe et de croissance. Soulignons que le jeu coopératif mondial ayant prévalu jusqu’à présent commence à être remis en cause. Les Etats du Sud qui étaient en position de dominés sont intégrés dans l’économie mondiale: les pays émergents d’Asie et du Moyen-Orient qui financent, grâce à leurs réserves, les déficits des Etats-Unis ont maintenant des fonds souverains qui ont sauvé les banques américaines et européennes et qui s’intéressent à des investissements productifs de long terme.. L’Occident n’est plus le centreRésultat: la Chine rechigne à réévaluer sa monnaie comme le lui demande les Occidentaux pour qu’ils regagnent en compétitivité. C’est le yuan faible qui lui a permis, entre autres, d’avoir un développement spectaculaire de ses exportations et de ses réserves en devises. L’envolée de l’euro face au dollar pose un défi à la Banque centrale européenne qui a la responsabilité de la politique de change, alors que la situation des Etats européens n’est pas la même: l’Espagne dispose d’une marge de manoeuvre grâce à son excédent budgétaire autorisant un plan de relance et l’Allemagne est en équilibre budgétaire; en revanche, la France en déficit public a plutôt un programme d’économie budgétaire.Bref, le plus important est d’observer que les pays occidentaux ne sont plus le centre du monde et que les pays émergents ont leur dynamisme propre; c’est le cas du Maroc, sauf pour les secteurs très liés à l’exportation et qui vont subir le ralentissement de certains pays partenaires: la croissance de l’Espagne est révisée à la baisse entre 1,8% et 2,4% après 10 années de forte croissance et celle de la France se situerait entre 1,4% et 2% et où, selon la Coface, les incidents de paiements des entreprises sur les quatre premiers mois de 2008 ont connu une augmentation de 45%. En définitive, les sources de la croissance mondiale ont été plus équilibrées: après l’Asie, l’Amérique latine et l’Afrique y ont largement contribué ces cinq dernières années. Mais l’ajustement le plus important à opérer reste celui de l’adaptation d’une offre de matières premières minérales et agricoles, objectivement limitées, à une demande tendanciellement croissante, du fait précisément du rééquilibrage de la distribution des richesses aux profits des masses qui ont réussi à sortir de la pauvreté.Il reste à mener les bonnes politiques économiques pour faire bénéficier également ceux qui consacrent la quasi-totalité de leurs maigres revenues pour se nourrir. Nous sommes au seuil d’une économie globale plus équilibrée et d’un monde multipolaire. C’est une première bonne nouvelle! Mais dans ces conditions, le Fonds monétaire international, né en 1945 dans un contexte d’après-guerre ayant pour mission de prêter de l’argent aux pays qui rencontrent des problèmes de balance de paiement, est appelé à changer de rôle et de modèle de gouvernance. Peut-il jouer le rôle d’une institution financière internationale de supervision? Une réponse positive implique une répartition des pouvoirs plus équitable au sein de cette institution. Lors de l’Assemblée du printemps de cette année du FMI, quelques avancées ont été réalisées avec le début de la réforme des quotas, et au niveau de sa gestion interne: assainissement du budget, vente d’une partie de son stock d’or, gratuité de l’expertise uniquement pour les pays pauvres, etc.Une nouvelle ère semble s’ouvrir, mais les perspectives de construction d’une nouvelle architecture institutionnelle internationale où les pays en voie de développement se doteraient d’instruments alternatifs existe déjà en Amérique latine qui, en remboursant ses dettes, s’est autonomisée par rapport au FMI!


La crise et la faim

Les crises financières rythment l’histoire du capitalisme, mais nous assistons à la première crise de la mondialisation financière qui a éclaté dans la principale économie mondiale et touche les institutions financières des pays les plus industrialisés. Mais il faut souligner l’interdépendance des marchés: la crise financière a eu des réactions en chaîne et est devenue une crise multiple; monétaire avec la chute du dollar, économique impliquant une révision à la baisse des taux de croissance et énergétique avec un prix du pétrole qui a franchi la barre des 130 dollars le baril; mais surtout la crise est alimentaire: certes, depuis 2005, les prix des matières premières agricoles et minérales étaient à la hausse à cause de l’augmentation de la demande mondiale, notamment de la Chine et de l’Inde, mais les capitaux spéculatifs, qui ont fui les marchés immobiliers et financiers devenus incertains, sont venus chercher refuge dans ces marchés et ont fait exploser les prix: le prix du blé, du maïs, du riz… ont doublé en quelques mois. C’est pour dire qu’il y a un lien entre la crise financière et les émeutes de la faim!

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