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Affaires

Attentats du 11 mars
Le monde aux côtés de Madrid pour se rappeler

Par L'Economiste | Edition N°:1976 Le 11/03/2005 | Partager

. L’Espagne, choquée, n’a pas sombré dans la psychose sécuritaire. La définition du terrorisme, un casse-tête juridique et démocratique. Une stratégie antiterroriste mondialeTouchée dans sa chair, l’Espagne a changé de visage après les attentats de Madrid, qui ont fait 192 morts et 1.900 blessés, le 11 mars 2004. Elle est devenue socialiste, résolument européenne et vit une «lune de miel» avec le Maroc: coopération antiterroriste, sécuritaire, économique, contre l’émigration clandestine, régularisations de Marocains installés en Espagne... D’ailleurs, SM le Roi participera aux cérémonies du souvenir. Une présence importante puisque plusieurs des terroristes sont d’origine marocaine, même s’ils avaient quitté le Maroc depuis longtemps. Rappelons aussi que les terroristes de Casablanca avaient un symbole espagnol, Casa de Espana, parmi leurs cibles.Rabat et Madrid ont non seulement raccordés leurs violons, mais ont compris que leurs destins étaient à jamais liés. Jamais le Maroc n’avait reçu, du moins sous le mandat d’Aznar, autant d’officiels en si peu de temps. La visite du chef de gouvernement José Luis Rodriguez Zapatero, la tournée du couple royal Juan Carlos et la reine Sofia, les allers-retours du ministre des Affaires étrangères Miguel Angel Moratinos, écarté par le gouvernement Aznar, la délégation conduite par Leire Pajin, la jeune secrétaire d’Etat chargée de la Coopération internationale…La volonté politique de travailler ensemble, qui manquait dans l’Espagne d’Aznar, est donc rétablie tout comme la confiance. Plus question de se tourner le dos. Madrid aurait très bien pu faire un rejet communautaire, sombrer dans la psychose sécuritaire. Mais le peuple espagnol, malgré quelques incidents marginaux, a compris que l’intégration des musulmans était le meilleur moyen de taire les rancunes et de lutter contre ces extrémismes, d’un genre nouveau, pour un pays habitué aux attentats de l’organisation séparatiste ETA. . Le danger des franchisésNotre chroniqueur Francis Ghilès l’a bien dit: «Pour contrer les “franchisés”, il faut les isoler de leur base sociale, ce qui veut dire intégrer les musulmans à la cité européenne» (www.leconomiste.com du 17 mars 2004 et 17 janvier 2005). En France, le souci est le même et les polémiques actuelles sur le culte musulman en sont la preuve.Et l’on craignait justement beaucoup pour la communauté marocaine. Les enquêtes sur les attentats du 11 mars avaient révélé une «filière islamiste marocaine». Le Maroc était choqué: comment un pays jouissant d’une réputation d’ouverture, de tolérance et de paix avait-il pu produire des terroristes? Mais, comme l’a rappelé le Souverain, ces extrémistes marocains ont été formés en Europe où «s’épanouissent» les organisations terroristes. D’ailleurs, dans un entretien accordé au quotidien ibérique El Pais dans l’édition du 16 janvier dernier, il avait déclaré: “Je comprends que l’image du Maroc suscite méfiance au sein de l’opinion publique après ce qui s’est passé le 11 mars. Je loue la sagesse avec laquelle a réagi la société espagnole. Elle a été très mesurée à un moment aussi brutal que douloureux. Le fait que le nombre de touristes espagnols continue d’être aussi élevé est la preuve de son bon sens».. Quelles libertés individuelles?Si les Espagnols ont réagi «avec beaucoup de sagesse», reste que lutter contre le terrorisme en respectant la légalité et le droit international est loin d’être acquis. Zapatero l’a rappelé mercredi dernier alors qu’il se tenait aux côtés du secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, à l’occasion du Congrès antiterroriste international (1). Il y a eu de grandes polémiques sur la question. La plus grande difficulté sera d’apporter une réponse démocratique au terrorisme: un thème central chez tous les cadres du ministère de l’Intérieur, au Maroc aussi.«Parfois, il faut faire usage de la force mais uniquement dans le cadre d’une approche globale de la lutte antiterroriste», a déclaré le secrétaire général de l’ONU. Le Club de Madrid, organisateur de la conférence, suggère une définition du terrorisme qui condamne «le fait de porter atteinte directement à des civils et à des non-combattants comme moyen d’une lutte politique, quelle qu’en soit la justification».192 cyprès ont été plantés au parc Retiro dans la capitale. C’est «la forêt des absents» qui rappellera les victimes de ces massacres. Ce vendredi est un jour de deuil national où cinq minutes de silence seront respectées dans toute l’Espagne. Mais c’est aussi un jour de deuil mondial. «Nous vivons tous dans le même monde et le terrorisme nous affecte tous (...) quand des gens sont frappés à Madrid, ou New York ou Bagdad; cela a un impact sur nous tous», a déclaré Kofi Annan. Il devrait, à ce propos présenter, à l’issue de ce congrès, une stratégie internationale de lutte contre le terrorisme, qui lui n’a ni patrie, ni foi.


Les bombes et les téléphones

A 7h37, pendant que des milliers de passagers transitent par la gare madrilène Atocha, le premier train explose. La foule paniquée se rue vers les issues de secours. En un quart d’heure, 7 autres bombes explosent dans trois autres trains. Deux trains se trouvaient dans les deux gares des banlieues madrilènes Sauta Eugenia et El Pozzo, et un train à un kilomètre d’Atocha. La nouvelle se répand. Les téléphones portables sonnent dans les poches des morts qui gisent encore près des trains. «Le son de ces appels désespérés sera l’un des plus durs à supporter pour les sauveteurs qui travailleront des heures durant dans les carcasses». En fin de journée, les enquêteurs découvrent un enregistrement revendiquant des attentats au nom d’Al Qaida, et des versets du Coran dans une camionnette volée.


Sans patrie et sans foi

A ce propos, mardi dernier, encore un Marocain a été interpellé dans la banlieue madrilène dans le cadre de l’enquête sur les attentats de Madrid. Selon le ministère de l’Intérieur espagnol, il serait un proche collaborateur d’un des 7 terroristes impliqués dans les attentats. Ces sept obscurantistes s’étaient suicidés collectivement en avril dernier dans un appartement, alors que la police cernait les lieux. Jusqu’à aujourd’hui, 75 personnes ont été arrêtées dans le cadre de l’enquête sur les attentats du 11 mars et 33 d’entre elles ont été relâchées faute de preuves. Au lendemain des attentats, l’enquête s’est orientée vers des membres de la mouvance islamiste marocaine à laquelle ont été imputées les attaques meurtrières de Casablanca du 16 mai 2003. Six poseurs de bombes marocains avaient d’emblée été identifiés par la police espagnole comme les responsables de ces attentats. Parmi eux, le tristement célèbre Jamal Zougam, qui avait été vu quelques heures avant l’explosion. Mais des filières marocaines, indiennes ou autres ne servent qu’à pister des obscurantistes qui fonctionnent de la même manière, infiltrés dans le même genre de réseaux… La patrie et la foi ne pèsent plus vraiment tant l’extrémisme s’internationalise. M. Kd. (avec AFP)-----------------------------------------------------------------------------------(1) Sous le thème: «Démocratie et terrorisme», tenu du 8 au 11 mars à Madrid.

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