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Economie

Attali: «La microfinance, une grande réussite au Maroc»

Par L'Economiste | Edition N°:3016 Le 04/05/2009 | Partager

. Deux institutions marocaines parmi les 10 meilleures au monde. Rester vigilant car le système peut s’essoufflerProfesseur, politologue et ancien conseiller auprès de François Mitterand, Jacques Attali est également fondateur de l’ONG Planet Finance. A ce titre, il nous a livré ses impressions sur la crise, les principes de la microfinance, et comment améliorer celle-ci au Maroc.- L’Economiste: Combien de temps va durer la crise économique?- Jacques Attali: Il n’est pas encore possible de répondre à cette question. Toutefois, nous ne sommes pas démunis de moyens pour lutter contre cette crise. Mais pour comprendre ce qui va se passer, il faut cerner les facteurs sur lesquels il faut agir au plus vite. La cause principale de la crise, c’est l’absence de régulation du système bancaire. Phénomène qui a entraîné une explosion de l’endettement des ménages ainsi que l’insolvabilité des établissements financiers. Tant que les banques, surtout américaines, ne seront pas solvables, la crise ne peut que s’aggraver. Aujourd’hui, le système n’est plus viable pour deux raisons. D’une part, il a fait beaucoup trop de crédits, et d’autre part, les fonds propres qui sont à la base du crédit ont été investis dans des produits toxiques et, par conséquent, ne valent plus rien. Nous sommes loin du bout du tunnel puisque les banques vont continuer pendant très longtemps à ne pas prêter, pour reconstituer leurs fonds propres. Celles-ci manquent de 1.700 milliards d’euros, selon le FMI.- Vous semblez très pessimiste alors que de nombreux spécialistes annoncent une reprise?- Je suis plutôt pragmatique. C’est vrai que certains parlent de reprise. J’aimerais que cela soit vrai. Je reconnais qu’il y a des indicateurs positifs, notamment des banques qui font des profits, des entreprises qui se redressent… mais je pourrai également faire la longue liste des signaux négatifs: des banques, des entreprises et des pays qui vont très mal. En réalité, ce n’est pas les signes qui comptent, mais la résolution des problèmes de fond. - Vous avez déclaré récemment que les principes de la microfinance, correctement appliqués, auraient pu nous éviter la crise. Comment?- La crise a démarré aux Etats-Unis par les subprimes, c’est-à-dire des prêts accordés aux plus pauvres des Américains. Si on avait appliqué les principes de la microfinance, on n’aurait pas prêté à des gens surendettés. On les aurait accompagnés, pour vérifier s’ils étaient capables de rembourser, et on n’aurait octroyé des crédits que pour des activités génératrices de revenus, et non pas des dépenses. Donc, aujourd’hui, il est très important que la finance retourne à ces principes de proximité et de service. Et non pas de profit rapide au détriment du client.- Cela veut dire que le Maroc a raison de développer le créneau de la microfinance…- Tout à fait! La microfinance est une grande réussite dans votre pays. D’autant plus qu’il y a cinq ou six ans, le secteur était très balbutiant. Aujourd’hui, deux institutions marocaines sont considérées parmi les 10 meilleures du monde. Cependant, le système peut s’essouffler. Car cette activité est très concentrée sur les zones urbaines, contrairement aux zones rurales où il y a un énorme besoin, en particulier pour les femmes. Il y a aussi des retards de paiement. Il faut donc réagir très vite. Normalement, ils devraient être de 2 à 3%, alors qu’au Maroc, on est à 5%, ce qui n’est pas bon signe. - Comment peut-on redresser la situation?- Il est très important de vite y remédier, et pour ça, il y a des méthodes. Remédier, ça veut dire mettre en place une centrale des risques, être extrêmement rigoureux dans la gouvernance. Et ne pas considérer que l’important c’est le volume, et donner des crédits que les gens ne pourront pas rembourser. Et enfin, comprendre que l’important c’est d’aller là où il n’y a personne, dans les bidonvilles, dans les banlieues difficiles, dans les campagnes, là où il y a un potentiel de développement considérable. Alors que trop souvent, il y a une concurrence sur les mêmes zones par des institutions qui pensent toutes faire du volume au même endroit.- Le microcrédit reste relativement bien développé au Maroc. Le pays est-il prêt à accueillir d’autres instruments de la microfinance?- Bien sûr. Les institutions de microfinance doivent pouvoir aller progressivement vers des produits d’épargne. Il y a également un secteur très important qu’il faudra développer, c’est la micro-assurance, puisqu’il y a un énorme besoin d’assurer les crédits, la santé ou encore les récoltes. À côté du microcrédit, il y a aussi le microcapital, c’est-à-dire l’apport de financements en fonds propres dans les petites entreprises.


Et l’UPM?

A propos des réunions sur l’Union pour la Méditerranée (UPM) qui se multiplient, mais dont les résultats se font attendre, Jacques Attali considère qu’il faut d’urgence réunir tous les pays autour de projets concrets. «Je pense que les grands projets sont le déséquilibre nord-sud, des deux côtés de la Méditerranée. De ce point de vue, la microfinance ou les problèmes de santé, liés notamment à l’épidémie qui menace, peuvent également être des enjeux très importants». Attali insiste sur la prise de conscience de la Méditerranée comme un lieu de culture identique pour tous les pays qui la bordent. Propos recueillis par Adam BERRADA

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