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    Economie

    Assurances: Le marché qui va menacer les courtiers

    Par L'Economiste | Edition N°:2415 Le 05/12/2006 | Partager

    . La CNSS impose plus de transparence dans ses appels d’offres. Les courtiers acculés à communiquer leur marge brute. Une affaire «commission zéro» bisLa CNSS a dégoupillé une véritable bombe: celle des commissions de courtage en assurance. La Caisse a lancé un appel d’offre pour sa propre couverture d’assurance. Un gros contrat en somme, puisqu’il s’agit d’assurer l’ensemble du patrimoine de la Caisse : le personnel, le parc automobile, les polycliniques… Dans un premier temps, l’objectif est de choisir le courtier avant de procéder de la même manière à travers un appel d’offres ciblant les compagnies d’assurances. La démarche est en elle même novatrice: par le passé, ces contrats étaient placés auprès de plusieurs assureurs avec parfois des surcoûts comme pour les primes AT. Mais la centralisation de la gestion n’est pas l’aspect le plus important dans cette affaire. Là, ami lecteur, il faut tendre l’oreille. Le client prend soin d’exiger qu’on lui communique… les taux de commissionnement des courtiers. Pour être plus précis, la Caisse introduit le critère des commissions forfaitaires. Banale requête? Pas vraiment. La demande est un précédent pour les courtiers et peut-être même pour le secteur en totalité, car les règles du jeu sont amenées à un peu plus de transparence. Le code des assurances a bel et bien introduit la libéralisation des taux de courtages. Mais, en pratique, bien peu de clients s’en sont rendu compte. Sur cette question, il y a beaucoup de non-dits. Officiellement, la rémunération des intermédiaires d’assurance se fait sous forme de commissions proportionnelles. Celles-ci représentent en général un pourcentage de la prime, mais le montant peut aussi être fixe. Les commissions peuvent aussi augmenter avec le volume d’affaires, et il arrive que des courtiers perçoivent des surcommissions à l’insu de leurs clients. Mais ça, l’assuré ne le sait pas toujours. Manque de chance pour les courtiers; il se trouve cette fois-ci que le client en question a pour patron un ex-assureur, Saïd Ahmidouch, qui connaît toutes les subtilités du secteur. Les plus gros cabinets -Agma, AFMA, Aceca…- décident néanmoins de soumissionner en communiquant des taux de commissions proportionnels, qui s’avèrent être les mêmes. Entente sur les prix?Auprès de l’un des soumissionnaires, l’on s’en défend, tout en reconnaissant l’existence d’un accord pour communiquer des taux proportionnels dans le cadre d’un groupement réunissant les gros cabinets de courtage. «Nous avons uniquement communiqué les taux pratiqués par l’ensemble du marché», souligne-t-on auprès d’un des soumissionnaires sans plus de détails. Maintenant, il y a un autre développement qui a enfoncé davantage la brèche. Un des soumissionnaires, qui n’est autre que Gras Savoye, communique à la fois un taux forfaitaire et un taux proportionnel. Il s’avère être le moins-disant par sa proposition forfaitaire. Il remporte donc le marché. Mal lui en prit: les autres courtiers l’accusent de rompre le pacte qui le lie dans le cadre du groupement, dont Gras Savoye, par le biais de son patron Naïma Bennani Smires, se trouve être la présidente. Dans le microcosme de l’assurance lorsqu’on est accusé de ne pas respecter sa parole, cela a valeur de damnation.Gras Savoye avance quelques prétextes et essaye de se rattraper en retirant son offre. La CNSS refuse et menace même d’assigner le cabinet en justice, considérant que le marché a été adjugé. Pour l’appel d’offres, la messe est dite. Pour les courtiers, c’est une autre paire de manche. Si la méthode CNSS fait jurisprudence, le risque est d’avoir un impact catastrophique sur le réseau d’intermédiaires. Chez les courtiers, c’est donc la pagaille. Une grande partie d’entre eux serait amenés à faire connaître avec précision à leurs clients le montant des commissions versées par les compagnies d’assurances. Cette quête de transparence se heurte à la pratique du métier, mais elle risque aussi de créer des distorsions au niveau de la concurrence. En quelque sorte, les courtiers doivent afficher leur marge brute. L’affaire est donc complexe. Ce que la profession ne réalise pas, ou peut-être pas encore, c’est qu’il s’agit vraisemblablement d’un changement d’époque et de la transition d’un mode de fonctionnement à un autre. Nous ne sommes pas loin de l’affaire des commissions «zéro» entre voyagistes et compagnies aériennes. Les distributeurs travaillent avec une commission zéro; libre à eux de changer la marge si la concurrence le permet. Auprès de certaines compagnies d’assurances, ce souci de transparence est plutôt bien pris. «La détermination des tarifs d’assurance ne dépendra plus exclusivement de paramétres techniques et actuariaux. Les consommateurs, de plus en plus informés, vont de plus en plus comparer les prix dans le détail pour aller vers le mieux-disant», confie un patron d’assurance de la place. Les courtiers ne manquent pas d’arguments pour autant. Ils essayent de faire comprendre que tout service d’intermédiation à valeur ajoutée a un prix et que l’affaire CNSS, si elle fait tâche d’huile, risque de les transformer en «simple caisses enregistreuses».Mohamed BENABID

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