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    Economie

    Assurance maladie obligatoire: Alioua reprend le dossier

    Par L'Economiste | Edition N°:465 Le 17/03/1999 | Partager

    · Un texte de loi sur l'assurance maladie obligatoire pourrait voir le jour en 1999

    · Consensus politique mais pas économique

    · La Fédération des Assurances constitue un groupe de travail restreint


    LA commission sociale qui s'est réunie lundi dernier à Rabat au siège du Ministère de l'Emploi et des Affaires Sociales a permis de mesurer encore une fois toute la difficulté à mettre en place un régime de couverture médicale généralisé. Sur le fond, la rencontre organisée à huis clos devait permettre de définir les grandes orientations du projet. Selon nos informations, un consensus politique semble maintenant se dégager autour de la trame juridique du futur système. Le même constat vaut pour le montage institutionnel, une question qui a constitué jusque-là une des pierres d'achoppement. Le scénario d'un régime bipolaire, c'est-à-dire géré par la CNSS pour les salariés du secteur privé et la CNOPS pour ceux du public, semble avoir les faveurs du gouvernement. Selon des sources sûres, une série de textes doivent voir le jour au cours des prochains mois. Des dispositions juridiques traiteront notamment des mécanismes de régulation du futur régime, mais aussi des ajustements pouvant améliorer la santé financière des organismes gestionnaires. A commencer par la CNOPS dont la trésorerie est sérieusement affectée.

    Le fait que le département de M. Khalid Alioua conduise aujourd'hui les discussions sur l'AMO est assez symbolique. Il semble que le Ministère de l'Emploi et des Affaires Sociales se repositionne, un peu à la Martine Aubry, sur un dossier dont le Ministère de la Santé Publique (MSP) revendique également la tutelle. "Ce qui est en somme logique, l'assurance maladie obligatoire est d'abord une affaire sociale et économique avant d'être une affaire de santé", souligne un observateur qui suit de près les discussions. Reste que le MSP ne jouera pas les figurants. Surtout que l'AMO et la réforme du secteur de la santé sont indissociables. Les équipes du Dr Abdelouahed El Fassi ont déjà initié le processus en révisant les schémas régionaux d'organisation sanitaire, mais aussi en programmant des études d'évaluation de l'état de santé de la population. D'autres mesures doivent porter sur l'offre de soins, l'efficacité et la rentabilité du système et la prédominance de telle ou telle autre maladie dans chaque région.

    Scepticisme


    A travers ces mesures, les pouvoirs publics confirment leur intention de concrétiser le projet (et il y a urgence si l'on en juge d'après la pression sociale qui entoure ce dossier). Pour autant, la situation reste confuse sur certains points. Des experts, y compris parmi les mem-bres de la commission sociale chargée de suivre ce dossier, ne cachent pas leur scepticisme. "Jusqu'à présent, nous n'avons toujours pas une idée sur l'architecture globale du projet. S'il y a évolution, c'est uniquement dans le profil des questions posées".
    Par ailleurs, les assureurs privés, tenus jusque-là à l'écart des discussions avec le gouvernement, pourraient également avoir leur mot à dire au cours des prochaines semaines. Du moins s'ils souhaitent réellement être associés au projet. Hasard du calendrier, le lundi 15 mars, la Fédération Nationale des Assurances (FNA), regroupant intermédiaires et courtiers, tenait une réunion à Casablanca. Celle-ci portait également sur le thème de l'AMO. Le groupement, qui croit "toujours en un mariage possible entre assurances sociales et privées", a décidé, à l'issue du cette rencontre de constituer un groupe de travail restreint chargé de formuler des propositions auprès du gouvernement. En fait, la position des assureurs privés sur ce dossier est pour le moins ambiguë. Au cours du dernier Conseil National du Patronat, la Fédération Nationale des Assurances avait davantage rappelé les bénéfices d'une pluralité d'organismes gestionnaires que demandé à être associée à la gestion du régime au premier degré. En revanche, sous la casquette de la CGEM, les assureurs avaient carrément pris position, leur préférence allant vers un régime concurrentiel.

    Mohamed BENABID

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