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Assemblée ordinaire de la CGEM : La contrebande au coeur des débats

Par L'Economiste | Edition N°:87 Le 08/07/1993 | Partager

l'industrie marocaine est en crise. Ce n'est pas une découverte, mais sont mises en cause, plus que la baisse des droits de douane, la contrebande, la concurrence déloyale sur les marchés extérieurs et la toute relative adaptation du "manager " marocain

LA CGEM a tenu son assemblée ordinaire le 30 juin. Au-delà de la discussion sur l'activité de la Confédération pendant l'année 1992 et de son bilan financier, I ' intérêt a été porté sur la conjoncture et la situation économique des différents secteurs.

Les modifications des droits de douane inquiètent les professionnels. Le secteur pharmaceutique craint une incohérence au niveau de la politique d'ouverture. Des discussions ont été entamées par I'AMIP (Association Marocaine de l'lndustrie Pharmaceutique) avec le Ministère de la Santé Publique, celui du Commerce et l'Industrie et celui du Commerce Extérieur. Il a été convenu une réduction des droits de douane sur les intrants, toutes catégories confondues. Ces droits auraient dû passer à 0%, mais, à la "découverte" de la nouvelle grille, les professionnels ont été surpris que cette baisse ne soit effective que pour quelques "principes actifs". D'autres intrants ont au contraire subi des augmentations avec le taux maximum de 30%.

Pour les produits finis, les taux de 12 ,5 % devront être modifiés dans deux sens: un taux de douane nul pour les catégories non fabriquées localement et un taux plafond pour les autres. Les professionnels demandent une gestion plus objective de la situation en éliminant la grande disparité des tarifs douanier. Actuellement, les répercussions des variations des taux de droits de douane sur les prix publics sont analysés par I'AMIP et le Ministère de la Santé Publique.

De son côté, I'AMSUP (Association Marocaine des Ecoles Supérieures Privées) s'interroge sur le retard de la sortie des décrets d'application à propos de l'exonération des droits de douane pour le matériel importé. Cette exonération a été accordée dans le cadre du code des investissements publié au Bulletin Officiel de décembre 1992.

Le secteur textile, quant à lui, regrette que la baisse des droits de douane des intrants n'ait pas englobé les pièces de rechange et la maintenance qui constituent un poste important dans les frais fixes.

Contrebande : Le fléau

La baisse des droits de douane de 35 à 30% ne semble pas inquiéter les professionnels autant que les inquiètent la contrebande ou les sousfacturations. C'est ainsi que M. Lahlou, président de l'AMITH (Association Marocaine des Industries Textiles et de l'Habillement), note que la branche tissage et filature connaît une baisse d'activité, le marché local étant alimenté par les tissus de la contrebande qui sont même disponibles dans les "Kissariats". Les professionnels souhaitent la mise en place d'un plan national de lutte contre la contrebande.

Le secteur automobile est dans une situation catastrophique, selon l'expression de M. Belarbi, directeur de la SOMACA, la production ayant diminué de 20.000 unités en 1991 à 17.000 en 1992. La formation d'un secteur d'importation informel porte préjudice au montage local.

L'activité des poids lourds est également en chute depuis le deuxième semestre de l'année dernière. Actuellement, l'activité du secteur est en baisse de moins de 32% par rapport à la même période de l'an passé. La production locale est concurrencée par l'importation illégale de tracteurs routiers. En effet, les semi-remorques sont autorisées à l'import, explique M. Amraoui, président du GPLC (Groupement Professionnel du Poids Lourd et de la Carrosserie), mais celles-ci pénètrent généralement le territoire accompagnées par des tracteurs routiers ne payant aucun droits de douane.

L'importation informelle ou sousfacturée est également une des causes de la récession dans le secteur de la céramique, alors que celui-ci a doublé sa capacité de production entre 1991 et 1992.

Les entreprises sont également confrontées à une recrudescence des impayés, selon l'expression de M. Amraoui. Elles sont de plus en plus appelées à adopter une gestion bancaire en provisionnant continuellement leurs clients.

Force de vente trop passive

Par ailleurs, les professionnels ont fait leur autocritique quant à l'efficacité de leur force de vente à l'étranger et de leur capacité à prospecter de nouveaux marchés. Ils se sont accordés sur la nécessité de lever les préjugés respectifs existant entre les professionnels marocains et ceux des pays du Moyen-Orient. Ils ont donné l'exemple du concentré de tomate marocain réexporté vers Arabie Saoudite par des distributeurs français. Concernant le Maghreb, il a été noté que les liens de coopération devraient être renforcés avec la Tunisie, afin de conquérir ensemble les marchés extérieurs. D'autres professionnels ont évoqué l'opportunité de s'attaquer au marché américain ou à ceux du Sud-Est asiatique. En effet, les exportations marocaines se tassent fortement. Elles ont chuté de 8,9% en 1992 en totalisant 33.958 millions de DH.

Aussi, les industriels se sont-ils plaints de la concurrence déloyale sur des marchés à l'export. Le secteur minier est déprimé par la baisse de la demande, la chute des cours et I 'écoulement anarchique de la production des pays de l'Est qui bradent leurs prix. De même, les producteurs marocains de la barytine et de la fluorine sont livrés à une guerre commerciale avec la Chine qui pratique du dumping . "Les cours pourront retrouver un niveau acceptable en cas d 'une reprise de la croissance internationale", précise M. Mourad Chérif, président de l'AMIM (Association Marocaine des Industries Minières). La concurrence déloyale dans le secteur des agrumes, notamment espagnols du fait des primes qui sont accordées aux producteurs pour leurs exportations extra communautaires, fait perdre toute compétitivité aux exportateurs marocains. M. Benani-Smires a estimé, lors de son allocution de présentation, que les efforts que l'Etat a consentis en faveur du secteur privé sont des "incitations normales et justifiées, contrairement aux idées reçues (...) Elles doivent, à l'instar des autres pays, même les plus développés, évoluer", ajoute-t-il.

Des managers plus performants

Dans le même ordre d'idées, l'accent été mis sur la nécessité de mettre en oeuvre des mesures d'accompagnement des différentes réformes engagées, notamment celle du commerce extérieur. La mise en place d'un fonds de restructuration en prévision de l'accord de libre échange avec la CEE aiderait à la reconversion ou à 1' adaptation des branches qui ne pourraient pas résister à la concurrence.

M. Saâd Kettani, de la Sopar, considère que le manager marocain doit compter sur lui-même afin d'intervenir sur les secteurs porteurs où il est compétitif. Pour lui, l'ouverture est un point positif, puisque le client marocain est appelé à être plus exigeant et le manager plus conscient de sa gestion financière et de sa productivité.

Par ailleurs, le président de la CGEM a évoqué l' idée de revaloriser le pouvoir d'achat - des salariés, en concertation avec les pouvoirs publics et les partenaires sociaux, afin de dynamiser le marché intérieur. Néanmoins, cette revalorisation doit, selon la CGEM, tenir compte des contraintes de compétitivité. La Confédération propose alors:

- le transfert du surcoût qui caractérise certains facteurs de production vers l'amélioration du SMIG;
- la révision du barème de I ' imposition à l'IGR et l'introduction de l'amortissement dégressif;
- l'amélioration des transferts à caractère social dont la couverture maladie, les retraites et les primes logement. Concernant, la couverture médicale, M. Benani-Smires a estimé que le système actuel est plus avantageux que celui que pourrait proposer un nouveau système de droit commun.

"D'où la nécessité de sauve garder les acquis actuels", renforce-t-il. I Pour le système de base obligatoire, il devrait être élargi aux non-bénéficiaires par tous les organismes spécialisés, dans les conditions de concurrence.

Laïla TRIKI

L'entreprise victime de préjugés

Le président Bennani-Smires a regretté que la fonction de l'entreprise reste entachée de préjugés". Le premier de ces préjugés concerne les relations avec l'Etat, qui consent des incitations. Ces dernières "ne doivent pas se réduire au seul volet fiscal". La CGEM prend donc appui sur la dernière Lettre Royale pour réclamer une "réforme globale" des incitations.

Le second préjugé concerne les "devoirs de l'entrepreneur, créateur de richesses et d'emplois" et contribuant aux ressources de l'Etat. Le patronat souhaite donc que les règles fiscales ne grèvent pas les capacités d'autofinancement. Enfin, le rôle de distributeur de revenus de l'entreprise: la CGEM souhaite que les revalorisations

salariales ne soient pas conçues indépendamment de l'existence d'autres coûts et surcoûts. Elle demande à ce que ces surcoûts soient éliminés pour profiter au SMIG.

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