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Economie

Assainissement liquide
Urgence, eaux en danger!

Par L'Economiste | Edition N°:1971 Le 04/03/2005 | Partager

. L’Etat ne donne pas assez d’argent . Faire payer le service à l’utilisateur, ce n’est pas facileIl y a parfois des vérités qu’il est bon de rappeler. Nos eaux sont excessivement polluées malgré le faible développement agricole et industriel. Et les chiffres du secrétariat d’Etat à l’Eau montrent que le Maroc est en train de payer cher les 4 décennies de retard en matière d’assainissement liquide. Près de 44% des eaux (souterraines et de surface) sont qualifiées de mauvaises ou très mauvaises. Rejets fécaux, chlorures, nitrates et autres matières oxydables sont concentrés à des degrés alarmants dans les nappes du Haouz, de Abda-Doukkala, Berkane, Oujda, Témara, Fés, Meknès, Tafilalet, Berrechid, Chaouia côtière…Comme si la carence en eau ne suffisait pas, il a fallu que le peu dont on dispose soit à moitié polluée. Chargé par l’Etat de rattraper le retard en matière d’assainissement, l’Office national de l’eau potable (ONEP) vient d’effectuer un bilan à mi-parcours. Depuis qu’il a commencé «à faire le pompier» en 2000, l’Office a déboursé 1,4 milliard de DH dont 300 millions sur des programmes achevés et mis en service. Cet argent provient, pour la majorité, de prêts allemands (KFW), japonais (JBIC) et belges. Le portefeuille de l’Office porte sur 400 communes, où la dégradation de l’eau a été qualifiée de «très préoccupante». C’est pour cela d’ailleurs qu’un programme d’urgence a été élaboré. Il devra être terminé en 2015.A noter à ce niveau que l’Onep n’est pas l’unique «assainisseur». Dans les villes, où les services de distribution d’eau ont été concédés au privé (Casablanca, Rabat, Tanger et Tétouan), ce sont les sociétés concessionnaires elles-mêmes qui se chargent de cette tâche. A fin 2004, l’Office intervient dans la gestion effective de 23 villes et villages, totalisant près de 177.000 abonnés pour un million de personnes. Ce nombre représente 20% des abonnés de l’Onep dans le secteur de l’eau potable. Mais vu le coût de l’énorme dispositif à mettre en place, l’Onep ne peut pas batailler tout seul. Jusqu’à maintenant, il a pu tirer son épingle du jeu grâce aux prêts internationaux. L’Etat ne l’aide pas assez.Dans les faits, la subvention de l’Etat, estimée à 100 millions de DH, va à la direction générale des Collectivités locales (DGCL) qui la redistribue à son tour aux communes, selon la nature des projets. L’Onep finance en moyenne les deux tiers du projet via les prêts étrangers (l’Office espère que le service assainissement devienne totalement payant). Le tiers restant est de toutes les façons à la charge de la commune. . Faire du social…Le niveau de tarification appliqué actuellement en matière d’assainissement répond plus à des considérations sociales qu’économiques. «La tarification du service n’arrive même pas ou à peine, à couvrir les frais d’exploitation et de gestion du service», explique-t-on auprès de l’Onep. Il faut noter que le paiement n’est pas systématique dans les villes où les décrets de tarification sont publiés. C’est le cas d’une soixantaine de centres. En réalité, l’Office ne se fait payer que dans 13 villes seulement, où les réseaux sont effectivement mis en service. Ce qui génère annuellement un chiffre d’affaires de 15 millions de DH par an. Un montant négligeable.Mais certaines villes échappent aux factures pour des raisons sociales et parfois politiques (visiblement en raison de l’implication des communes). «L’instauration d’une redevance d’assainissement n’est pas encore entrée dans les mœurs», répond-on diplomatiquement à l’Onep. En tout cas, pas comme l’eau potable. Les chantiers d’assainissement sont lourds, demandent beaucoup de temps et parfois gênent la circulation. Souvent, la population rechigne à payer. «Mais la plupart des centres, où le service est effectivement mis en place, vont commencer à payer cette année», est-il signalé. Cette soixantaine de centres permettrait à terme d’atteindre un chiffre d’affaires annuel prévisionnel de l’ordre de 78 millions de DH.En réalité, comme plusieurs établissements publics, l’Office est en train de jouer son rôle social, au risque de perdre financièrement. Pour atténuer les dégâts, l’Onep a pu faire adopter un système de péréquation des tarifs. Avant, les redevances se négociaient centre par centre. C’était le cas notamment de Khénifra et M’rirt, Azilal, Berkane, Taourirt, Tafoughlt et Aïn Taoujtat. Ce système a montré sa limite dans la mesure où le montant de la redevance varie d’un centre à l’autre selon la taille de l’investissement consenti, la grandeur de la station, le nombre des raccordements… Deux centres parfois voisins peuvent payer différemment le même service. D’où le risque de dissensions sociales. L’Office a donc demandé l’application «d’un système de solidarité», comme c’est le cas actuellement pour l’eau potable. Et c’est sur la base de ce système que le coût moyen du mètre cube assaini a été évalué à 2 DH, soit près de 30% du prix moyen de l’eau potable.Le tarif national ne pourra être appliqué que lorsque le système d’assainissement aura atteint sa vitesse de croisière, c’est-à-dire dans 5 ou 6 ans.


Lagunage naturel

Collecte, transport, épuration et restitution dans le milieu naturel sont les quatre étapes de l’assainissement. Un mètre cube épuré coûte entre 3 et 4 DH, selon le réseau exploité. Souvent, on recourt à des techniques à faible coût. C’est le cas par exemple du lagunage naturel, un système réputé pour sa simplicité.Cela consiste à isoler l’eau à épurer dans un terrain et à la laisser se purifier d’elle-même grâce aux phénomènes naturels comme le soleil, les bactéries ou les algues. Naturellement, ce genre de procédés nécessite des terrains, difficiles d’ailleurs à mobiliser. Le devenir des boues produites par les stations d’épuration est un sujet de préoccupation internationale. Dans certains pays comme la France, cette boue organique est souvent réutilisée dans l’agriculture. Au Maroc, on n’en est pas encore là. Nadia LAMLILI

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