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    Politique Internationale

    Après les révélations de "VSD" sur un trafic de cornées à partir du Maroc : La Santé publique ouvre une enquête

    Par L'Economiste | Edition N°:39 Le 23/07/1992 | Partager

    Le ministère de la Santé publique a ouvert une enquête après la publication par l'hebdomadaire français "VSD" d'un article faisant état d'un trafic de cornées(1) à partir du Maroc, apprend-on de source informée.
    Sous un titre à sensation ("Alerte au trafic de cornées"), l'article de "VSD" qui est basé sur une enquête réalisée en France et en Espagne (mais pas au Maroc), révèle que des cliniques privées en France pratiquent illégalement la greffe de la cornée (2) en "s'approvisionnant en implants par des filières clandestines". Ces filières, estime le journal, génèrent des dangers pour les patients français car l'approvisionnement se fait sans précautions bactériologiques ou alors avec des certificats factices, à partir de l'Afrique du Nord ou de l'Asie. Les cornées nord-africaines ou asiatiques, laisse entendre le journal, peuvent être porteuses de maladies graves comme la rage, le Sida ou la maladie de Creudzfeldt-Jakob.

    Le journal cite trois plaque-tournantes de ce trafic: Ceylan, par laquelle transitent les implants asiatiques; le Danemark, qui s'approvisionnerait en cornées du Moyen-Orient; et les Baléares par lesquelles passent les cornées marocaines.
    Pour ce dernier cas, le journal met en cause la société Balear Trasplantationes, filiale de BMS SA basée à Palma de Majorque. Cette entreprise s'approvisionnerait au Maroc (une centaine de cornées par an), par l'intermédiaire d'un réseau passant par Rabat, Marrakech, Casablanca puis Sebta et Melillia. Une cornée serait ainsi payée 500 DH aux fournisseurs marocains pour être revendue 10.000 francs sur le marché français.
    Le scénario présenté par le journal comporte quelques approximations, pour ne pas dire invraisemblances: ainsi, la récupération des cornées se ferait aussi bien dans les hôpitaux publics que dans les cliniques, sur des cadavres de personnes décédées par accident et dont les corps ne sont pas réclamés par leurs familles. Mais avant de savoir que les corps ne sont pas réclamés, il s'écoule un temps généralement long alors que la cornée doit être prélevée sur un cadavre frais. De surcroît, les cadavres non réclamés sont très peu nombreux, apprend-on de source médicale. L'article de "VSD" pécherait donc au moins par exagération ou inexactitude.

    Il reste toutefois d'un trafic de cornées, dans des proportions plus modestes que celles avancées par "VSD", n'est pas à écarter. D'une part, parce que la faisabilité technique d'un tel trafic est beaucoup plus aisée que dans le cas d'autres organes: il suffit de disposer de petits conteneurs réfrigérés, comme nous l'ont confirmés des ophtalmologues marocains.
    D'autre part, la législation marocaine n'a pas prévu de garde-fous ou de procédures rigoureuses au niveau des prélèvements d'organes.
    Le prélèvement d'organes sur les personnes décédées est actuellement régi par le Dahir du 15 Juillet 1952 qui autorise dans son article premier, de tels prélèvements lorsque le médecin, chef du service médical intéressé, estime qu'ils présentent un intérêt scientifique ou thérapeutique. La procédure à suivre est réduite au strict minimum puisqu'elle ne nécessite qu'un constat de décès signé au préalable par deux médecins de l'établissement. L'opération, est-il précisé, ne peut se dérouler que dans les établissements hospitaliers. Dans les autres cas de figure, le consentement préalable du donneur (avant sa mort) ou de sa famille est obligatoire.
    Dans la pratique(3), les seuls prélèvements effectués dans les hôpitaux marocains concernent les cornées ce qui a permis de réaliser, au cours des deux dernières années, une trentaine de greffes à Casablanca.
    Avec le développement prévisible de la transplantation rénale, avec les lacunes qui ont été malgré tout indirectement mises à jour par l'article de "VSD", c'est tout le cadre scientifique, technique et législatif des prélèvements d'organes qui mérite d'être précisé.

    N.E.

    (1) Tunique antérieure et transparente de l'oeil.
    (2) La greffe de la cornée guérit certaines cécités.
    (3) Hormis le cas de la cornée, il n'y a pas eu, à notre connaissance, d'application des dispositions du Dahir de 1952, probablement en raison des difficultés techniques qu'il faut résoudre au préalable. Les prélèvements de cornée ont fait l'objet, le 27 mai 1976 d'une circulaire du ministre de la Santé publique, destinée à sensibiliser les établissements hospitaliers à l'intérêt humain de cette opération.

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